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28 Sep

Violences faites aux Femmes : en mémoire de Sylvie.

Publié par Circé  - Catégories :  #Violences faites aux femmes, sexisme, machisme

C'est en présence de représentant-e-s de nombreuses associations, syndicats et partis politiques que s'est tenu ce mercredi soir 28 septembre, le rassemblement du Collectif Orléanais des Droits des Femmes.

 

Rassemblement initié en mémoire de Sylvie, morte à Orléans, en ce début de mois de septembre, victime de viol collectif et actes de barbarie.

 

Des anonymes se sont joints spontanément à nous, telle cette toute jeune femme qui me voyant installer affiches et banderole s'est proposée de m'aider. Ce qu'elle a fait. Cette femme qui revenant de faire ses courses s'est arrêtée et à témoigner des violences qu'elle avait subies, ces autres qui nous ont demandé nos coordonnées et puis, celles et ceux qui connaissant Sylvie ont tenu à être présent-e-s.

 

Au fil du regroupement, l'arrivée de la Maman d'Anne-Sophie, qui a pris la parole lors d'un bref mais poignant témoignage.

 

- " Triste anniversaire " nous a-t-elle dit.

- " L'année passée, à cette même date, c'est pour ma fille que vous preniez la parole, je ne l'oublie pas ".

 

Aujourd'hui, elle s'investit en témoignant d'une part, mais surtout en interpellant autorités, élus, institutionnels afin que cessent ces violences. Nous l'accompagnerons au Sénat où elle demande à être reçue.

 

Merci pour leur soutien au :

- Planning Familial,

- GAGL,

- Mix-Cité,

- Elles-aussi,

- Le Relais Orléanais, le Café Chrétien,

- La CGT,

- EELV, PS, PCF...

- Et à tous les membres du CODF...

 

Sans oublier "Tryphon" et "Jdg", commentateurs émérites de la blogosphère locale.

 

Et enfin, remerciement particulier au caricaturiste "Na", qui nous a fait parvenir ce dessin en soutien à nos rassemblements et actions contre les violences faites aux femmes.

 

na----circe---femme-battue.jpg

 

Texte de l'intervention faite ce mercredi soir, en mémoire de Sylvie...

 

 

Tout d'abord un petit mot en préambule, suite à l'appel à rassemblement que j'ai envoyé aux uns et aux autres, et où, par erreur j'ai placé le lieu de l'agression à laquelle à succombé Sylvie, rue des Carmes à Orléans, alors que ce n'était pas le cas. Je remercie ici La Rep qui a pris sur elle de modifier mon communiqué de presse en conséquence, en replaçant les lieux rue Porte-Madeleine. Je sais être critique à leur égard, mais je sais aussi reconnaître mes erreurs, et ceci en était une.

 

Notre Collectif n'a pas vocation à stigmatiser un quartier d'Orléans plutôt qu'un autre. Nous dénonçons entre autres, les violences, toutes les violences, Nous savons toutes et tous pertinemment que les viols et les violences faites aux femmes, ne sont pas l'apanage de marginaux dans des lieux soi-disant mal famés.

 

Nous savons aussi toutes et tous que ces violences peuvent être commises en tous lieux, et par tous types d'agresseurs, que ce soit dans un quartier du centre ville d'Orléans, comme dans la chambre d'un hôtel « x » étoiles dans un pays outre-atlantique ou bien encore dans un bureau feutré d'une mairie de l'Essonne.

 

Et ce ne ne sont là que des exemples, ces violences étant légions, dans tous les milieux, les strates de notre société. Les dernières affaires en date étant là pour le prouver, tant du côté des victimes comme cette femme magistrate assassinée par son son ex-mari à Bordeaux il y a peu, ou bien du côté des agresseurs, certains pouvant exercer de hautes fonctions tant au Sénat qu'à l'Assemblée Nationale, ou bien comme il y a peu au sein d'une instance internationale bien connue.

 

Ceci étant dit, notre rassemblement de ce soir n'est pas une bonne nouvelle.

 

Il signifie encore une fois qu'une femme est morte victime de violences.

Et que notre collectif se rassemble encore une fois pour dénoncer ces violences, qu'elles soient conjugales, de genre, sexistes et/ou machistes.

 

Mais aussi pour que les victimes ne restent pas anonymes, ne soient pas que quelques lignes d'un fait divers sordide bien vite oublié quelques jours plus tard.

 

Nous sommes donc ici en mémoire de Sylvie, décédée en ce début de mois dans un quartier du centre ville d'Orléans. Et nous pensons aussi à sa famille, à son fils âgé de 14 ans aujourd'hui confié à la DDASS.

 

Ces victimes elles-aussi qui trop souvent sont éludées, oubliées.

 

Sylvie est donc morte assassinée, victime de viols collectifs et d'actes de barbarie.

 

Ces actes de barbarie, insupportables, intolérables, inacceptables sont passibles en temps de guerre du tribunal pénal international de la cour de justice de La Haye.

 

Mais dans notre pays, les violences faites aux femmes, les viols, pourtant commis en temps de paix, le sont dans une quasi indifférence de notre société qui se prétend pourtant égalitaire.

 

Et ce, malgré une loi votée en 2010, bien incomplète pour prévenir ces violences et protéger correctement les femmes. Nous ne pouvons que constater cette absence de volonté politique qui devrait être pourtant forte et sans faille, énergique et volontaire pour que notre société progresse enfin vers la fin des dominations de genre et l'éradication de ces violences.

 

La devise de notre pays est : Liberté, EGALITE, Fraternité. Pourtant, ces violences de genre, ces viols, ces crimes, - car ce sont des crimes - sont la preuve même de la persistance de situation inégalitaire entre hommes et femmes.

 

Les uns : agresseurs, imposant leur domination, leur volonté aux autres : victimes . Ces dernières n'étant plus que des objets, des non-sujets : sans dignité, sans humanité, sans pouvoir aucun de refuser de se soumettre aux premiers.

 

Qu'elles disent non ou bien se taisent tant la violence de l'agression les tétanisent, leur parole, leur volonté ne sont pas entendues et niées dans leur valeur.

Pourtant, quoi de plus égalitaire que la parole ?

Mais dans notre société, encore à l'heure actuelle, ce n'est pas le cas.

 

Ainsi il semblerait que la parole d'une femme de chambre ait moins de valeur que celle d'un universitaire par exemple ? Comme si le statut social d'une victime, sa vie personnelle devaient lui être opposées lorsqu'elle dépose plainte ?

A la présomption d'innocence ne devrait-on pas accorder aux victimes, aux plaignantes, - pour celles qui peuvent encore déposer plainte -, la présomption de la véracité de leur parole ?

 

Au lieu de cela, ce sont elles qui doivent dérouler une vie exemplaire, sans faille, sans fragilité, Leur parole est décortiquée, disséquée, Elles doivent se justifier : du lieu et de l'heure où a eu lieu l'agression, de leur tenue vestimentaire, du ou des regards qu'elles auraient eu ou non, des paroles qu'elles auraient tenues ou non ? Ont-elles crié ? Assez fort ? Se sont-elles débattues ? Bref c'est avant tout dans leur comportement que sont recherchées les raisons de l'agression dont elles ont été victimes.

 

C'est ainsi que l'on transforme les victimes en responsables de leur agression, que l'on efface leur parole entachée à l'avance de suspicion, comme si la parole des femmes ne pouvait être prise au sérieux et valoir autant que celle d'un homme ?

 

Nier une violence subie, c'est en asséner une nouvelle à la victime qui n'est pas reconnue comme telle.

 

Par ailleurs, il est important d'utiliser les bons qualificatifs pour nommer ces violences :

 

  • Une femme qui meurt sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon, son mari ou ex-mari, ce n'est pas un drame passionnel : c'est un meurtre !

  • De même, une jeune femme, une femme victime de viol collectif n'est pas victime d'une « tournante », mais d'un crime, car le viol est un crime !

 

Notre Collectif, n'accepte pas cette analogie détestable entre le jeu de ping-pong où les joueurs tournent autour de la table de jeu en se renvoyant la balle, avec celle où une femme réduite par ses agresseurs à l'état d'objet- ce qu'est une balle de ping-pong -, et pardonnez-moi à l'avance pour la trivialité et de la brutalité du propos, se la renvoie de l'un à l'autre à grands coups de bite, de queue, ou de pénis en guise de raquette !

La violence ici n'étant pas dans les mots employés mais dans les actes commis !

 

Alors, comment en ce cas s'étonner que si peu de femmes – d'hommes, car oui, des hommes aussi sont victimes - taisent l'indicible, l'anéantissement de leur intégrité, de leur humanité et n'aient pas le grand courage de porter plainte ?

 

Comment en ce cas mettre fin à ce processus de destruction, de prédation, cet exercice de violence pure, alors que trop souvent règnent encore dans les esprits : confusion et imposture entre violence et sexualité, agressions sexuelles et séduction ?

 

Je rappelle à toutes fins utiles qu'à peine 16% des victimes osent reconnaître qu'elles ont été victimes de viols, de violences, tandis que seules 5 à 8% d'entre elles porteront plainte et qu'à peine 1 à 2% des criminels seront condamnés.

 

Nous ne pouvons en ce cas, qu'en déduire que notre société ne veut pas se confronter à cette violence, et par là même ne veut pas y mettre fin.

 

Nous devons, Nous : citoyennes et citoyens, ENSEMBLE, en demander compte à nos plus hautes instances gouvernementales, à nos assemblées : Nationale et Sénat, car la responsabilité pleine et entière de la persistance de ces violences sexistes et machistes en revient à celles et ceux qui exercent le pouvoir, sans que rien ne soit fait à tous les niveaux pour qu'elles cessent.

 

Il est inacceptable, à l'aube de ce XXIème siècle, que dans nos sociétés dites civilisées perdurent ces violences d'un autre âge. Nous devons ENSEMBLE, je le répète, lutter, pour que notre société soit enfin une société digne de ce nom, oùoù chacun et chacune aura sa place, toute sa place, sera reconnu et respecté en toute égalité, de droits, de traitements, sans discrimination de genre, de sexe.

 

Merci.

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femmesparoles 03/06/2012 18:09


bonjour,


 


JE souhaiterais joindre quelqu'un afin de discuter, savoir comment je pourrais apporter mon aide, si vous avez un endroit où vous vous retrouvez où vous apportez votre soutien à diverses femmes,
jeunes filles victimes de ces violences.

Circé 06/06/2012 10:01



Bonjour,


Vous pouvez prendre contact avec le planning familial à Orléans qui vous aiguillera.


Et si vous le souhaitez je mettrai votre adresse mail dans la liste de diffusion du Collectif Orléanais des Droits des Femmes pour vous tenir informée de nos différentes actions.


Très bonne journée.


 



(Clovis Simard,phD) 12/01/2012 21:23


 Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-17. - THÉORÈME FATAL. - L'INCONSCIENT C'EST ANIMAL ?

Tourtaux 01/10/2011 17:28



Bonsoir camarade,


Je viens de publier ce poignant cri du coeur sur mon blog.


Bisous. Jacques



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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "