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19 Nov

Le Chant de l'Eau...

Publié par Circé  - Catégories :  #Ecriture, #Chroniques, #Chroniques Circéennes

Entendez-vous la morne mélopée de l'eau ?

La monotone complainte psalmodie le cours d'une onde trop sage. Celle qui s'alanguit mélancolique et léthargique, s'éteignant au fil d'un flot timoré, que nul souffle de vie ne vient animer ou contrarier.

Le monocorde chuintement anesthésie l'âme et le cœur. Cet obscur Léthé annihile tout souvenir et envie du vivre et du désir. La torpeur se fait coma. Eros et Thanathos, en une insipide danse macabre s'engloutissent dans l'abyssale profondeur d'un sidéral ennui...

Entendez-vous l'assourdissant rugissement de l'eau ?

Le terne clapotis résonne et oscille maintenant entre vagissements plaintifs et dissonant tumulte. Le vent s'est levé et cingle le spumescent remous qui en une sombre houle enfle, et mugit, et déferle en de ténébreuses vagues. Sous ces coups de boutoirs le limoneux liquide roule, s'enroule et déboule, écumant de rage et de colère, emportant tout dans un submergeant grondement.

L'âme se libère et vocifère. L'apathie, en une lugubre métamorphose, se transmute en dangereuse et terrifiante source de vie. A l'ennui elle substitue la furieuse et hargneuse tempête d'où tout devrait renaître. Pantelant et déboussolé, le naufragé rescapé en est dévasté. Car telle Pandore et son maléfique coffret, ne lui restera en héritage que l'ultime espoir d'un nouveau départ...

Entendez-vous le doux et caressant chant de l'eau ?

Elle roucoule et gazouille, l'ondoyante source. Elle pépie et chuchote tendrement. De son doux murmure, elle susurre en de charmants babillages que le temps de l'allégresse est revenu. Le charme de l'envoûtant cantabile libère les cœurs affligés.

Tandis que les doigts d'or du Divin Hélios jouent en son onde claire et qu'en de luminescents chatoiements, il la pare d'une chevelure d'ombre et de lumière, c'est à la source originelle que vont s'abandonner les corps et cœurs, harassés de tristesse et de chagrin. En dignes enfants du Phénix renaissant de ses cendres, c'est en se coulant en elle comme en un giron maternel qu'ils reprendront force, désir et vie. Et c'est au ciel de son lit, qu'ils écriront de nouveaux lendemains...

Entendez-vous la fascinante rhapsodie de l'eau ?

Tel Homère en son Odyssée, morne mélopée, assourdissant rugissement ou doux et caressant chant, c'est à votre tour de la vivre et de la conter ...

Le Chant de l'Eau...
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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "