Petit précis de fatalisme, rejet de l'autre et xénophobie ordinaire en Sarkozie...
Ce matin, comme hier matin j'étais sur l'un des marchés de ma ville de Cenabum, autrement dit Orléans .
Hier comme aujourd'hui j'y ai distribué des tracts appelant bien évidemment à une grande mobilisation pour la manifestation de ce jeudi 23 septembre prochain, contre la réforme inique des retraites que veut nous imposer ce gouvernement.
Mais aussi pour faire grandir cette autre mobilisation qui est en train de se faire jour, pour un après grand 23 septembre qui ne doit pas rester lettre morte.
Nombre de syndicats ont déposé des préavis de grève reconductible dans nombre d'entreprises, publiques ou privées. Mais il s'agit aussi d'éveiller d'autres consciences.
Car comment amener à résistance des chômeurs, des intérimaires, des personnes en CDD, en emplois précaires qui galèrent chaque jour, disposant à peine, et pour certains pas du tout, du minimum vital ?
Comment les faire venir à cette lutte, où ils ont pleinement leur place ? Comment faire pour que le fatalisme, le poids des avanies quotidiennes entre manque d'argent, factures impayées, coupures d'électricité, menace d'expulsion locative ne les accablent pas à tel point que le mot résistance ne soit plus ni de leur vocabulaire, ni de leur vécu ?
Comment leur redonner espoir de changement en leur expliquant qu'ils sont eux des acteurs à part entière de cette mobilisation ? Faire tomber ce chacun pour soi qui est devenu la gangrène de notre société ? Que l'on peut réinventer la solidarité, toutes les solidarités ?
Expliquer que la misère dans laquelle ils sont maintenus, qui nous guette tous au détour d'un chemin de vie hasardeux, devrait nous amener à nous unir, parce qu'à plusieurs, on est toujours plus fort ?
Entendu donc ce matin comme hier sur ces deux marchés, de la part de personnes qui pour la plupart prendront part à cette journée de grève, et attendent un lendemain de lutte ( grèves générales, blocage, etc..etc...) :
- " Ah oui, que j'y serai jeudi, vous pouvez comptez sur moi, plutôt deux fois qu'une, même ! Mais moi j'vais vous dire ( Nicolas, quel dégât ! ), tous ces basanés et ces foncés, hein , On les voit bien, là, à frauder dans les transports en commun, hein, Mais dans les Manifs, ils sont où ? "
- " La retraite à 60 ans, bien sûr qu'il faut la défendre, il y a d'autres moyens de la financer, mais quand même regardez le trou de la sécu, tous ces étrangers qui bénéficient de l'aide médicale d'état, et c'est nous qui payons pour eux...Je les ai vus, la dernière fois chez mon dentiste, ils étaient cinq dans la salle d'attente et je lui ai demandé à mon dentiste, il m'a dit qu'il ne pouvait refuser de les prendre..."
- " Pfff...Moi, j'm'en fous, qu'ils se démerdent, j'y suis maintenant à la retraite, alors les autres, ils feront comme moi..."
- " Oh vous savez Madame, moi j'ai 25 ans, si j'arrive à la prendre à 80 ans ...
- " Regardez-moi tous ces jeunes, çà pour faire des conneries dans les cités, ils se posent là, mais pour défendre nos acquis..."
- " Moi j'ai dû la prendre à 64 ans ma retraite, tout çà parce que j'ai eu des enfants et que ma carrière a été en dents de scie, alors les autres...Moi, on ne m'a pas fait de cadeaux, alors ils n'auront qu'à faire comme moi..."
- " Et toutes ces voilées, là, qui font un môme tous les ans, elles ont droit à tout et nous ?..."
Bon, je m'arrête là. Je suis effarée de ce que le populisme d'Etat a pu faire comme ravage dans les cervelles. Combien le basique de ces formules fleurant le nationalisme de mauvais aloi ne souffre aucun recul, aucune analyse pertinente, de la part de ceux qui les tiennent.
Bien évidemment je n'ai pas fait qu'écouter.
Je bondissais littéralement intérieurement. J'ai donc échangé, recadré les analyses, expliqué exemples concrets à l'appui, bataillé pour que le regard de ces personnes se tournent vers les véritables responsables, tenants de ce capital qui lamine la solidarité, l'humain au profit du dieu argent.
Ils n'ont pas peur, eux, d'agiter opportunément des épouvantails ( Roms, étrangers, jeunes, malades...) devant ceux qui seraient à même de se révolter et de les renvoyer à d'autres activités que la gouvernance de notre République moribonde de tant d'attaques et de déshonneur.
Notre responsabilité à tous est engagée. Nous ne devons plus laisser ainsi dériver notre pays dans ce bourbier vert de gris.
Unissons-nous, il est plus que temps.
Relevons la tête et dès ce jeudi montrons un autre visage de la France !
Celui des lumières, de la Solidarité, de la Liberté retrouvée, de l'égalité où femmes et hommes feront enfin côte à côte l'Humanité, loin des discriminations de genre, couleur, culture, nationalité, enfin de la Fraternité envers et contre la volonté délibérée de ceux qui font vibrer tous les relents les plus nauséabonds de la xénophobie érigée en valeur d'Etat.
Le 23 septembre 2010, redonnons de l'espoir à nos vies ! Résistons, montrons-leur notre détermination, faisons-les reculer !
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