Souvenirs " VERTS ".
Pas encore le droit de vote, même si c'est, cette année-là que je suis devenue majeure.
En effet, Valéry Giscard d'Estaing avait eu cette promesse de campagne : Donner la majorité et bien évidemment le droit de vote à 18 ans.
Ne partageant aucunement ses opinions politiques, je dois lui reconnaître qu'il a tenu parole.
Mais dans cette campagne présidentielle, à laquelle je m'intéressais, comme de nombreux autres jeunes de mon âge, je me souviens très bien d'un personnage qui faisait figure d'OVNI.
Disputes avec mon père de rigueur à chacun de ses passages, parce que son discours me plaisait, me parlait :
- " C'est bien gentil tout cela, mais comment vont faire les gens pour bouffer, se chauffer, se déplacer, on revient à l'âge de pierre alors ?"
Pour dédouaner un peu mon père, il venait de s'acheter sa première voiture, une R12 break qu'il avait payé "au comptant" après avoir bénéficié de la solidarité familiale puisque chacun avait accepté de prêter ses économies.
Mes deux frères l'argent d'un magazine de petites annonces qu'ils distribuaient deux fois par semaine, moi, celui des gardes d'enfants que je faisais chaque fin de semaine.
Et puis, il ne voyait pas d'un si mauvais oeil l'arrivée du premier "Carrefour" à Créteil, sous un hangar en tôle ( non, non, pas de Créteil Soleil à l'époque).
Nous faisions chaque deux semaines les plus de 4 kms à pied qui nous en séparaient de notre domicile, traînant le caddie de rigueur qui reviendrait charger de l'indispensable pour nourrir une famille de 6 personnes, dont 3 ados.
J'y allais toujours en traînant des pieds, si je puis dire, puisque bien évidemment cela prenait tout ou partie de notre après-midi, le parcours de retour se faisant de la même façon, mais le caddie et les bras de chacun cette fois-ci, chargés, encombrés de tout ce qui nous était nécessaire, dont le lait, packs ayant faits leurs apparition, bien lourds, bien encombrants, à désespérer du retour .
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Bref, discussions houleuses à chaque fois.
Mais nous revenions avec tout ce qu'il nous fallait, fruits et légumes que mon grand-père n'avait plus à nous ramener de la campagne chaque quinzaine pour aider mes parents, non seulement à nous nourrir, mais aussi et surtout pour finir les fins de mois.
Lorsque nous habitions Sarcelles, c'est en moto 125 motoconfort qu'il venait sacoches remplies de victuailles et cageots de légumes superposés à l'arrière, liés avec ces fameux tendeurs qui finissaient par nous arracher les mains.

Ete comme hiver.
L'hiver justement, il ressemblait au bibendum michelin, emmailloté qu'il était dans du papier journal sous sa veste en cuir, passe montagne de rigueur et gants en laine tricotés par ma grand-mère sous les mitaines en cuir qui ne le préservaient guère du froid.
Il arrivait rougeaud ou violacé selon le temps.
Les joues glacées, mais comme j'aimais l'embrasser, et comme j'aimais qu'il me prenne maladroitement dans ses bras, engoncé qu'il était par tout cet attirail censé le préserver des rigueurs de l'hiver.
Puis il a eu sa dodoche cahotante à 4 sièges avec cette maudite barre au milieu qui nous tannait le derrière, nous les enfants lorsqu'il venait nous chercher pour les vacances, car c'était le seul lieu où nous pouvions nous rendre.
Pas de villégiature ou autre destination .
Chez mes grands parents, ou mon arrière grand-mère dans les vosges, avec train à vapeur en prîme (les lignes de la gare de l'est ayant été les dernières à être électifiées), bouses de vaches dans les rues du village, poules caquetantes et affolées coupant à chaque fois notre chemin lorsque nous étions en vélo.
Je vous laisse deviner ce que pouvait donner une chute et l'état dans lequel nous rentrions.
Pas d'eau chaude, le baquet ou le lavoir avec une eau sortant du flanc de la montagne à 12/13°
Brrr... Rien que d'y repenser j'ai des frissons.
Bref, un extra-terrestre que ce René Dumont en cette année 1974.
Mais que je trouvais plus que juste à l'heure où traversant la marne pour me rendre au lycée Marcellin Berthelot de St Maur des Fossés, une immense nappe de mousse recouvrait la surface du fleuve. Sans compter les débris divers.
Mais pour ceux qui ne connaissent pas, je vous laisse découvrir le personnage par les quelques vidéos que j'ai retrouvées.
Saisissant, quelques 35 années plus tard !
Alors, Les Verts ?
Toujours des ovnis ?
Je sais, on peut effectivement contester certains leaders qui ont renié ce qu'ils étaient auparavant.
Autant un Cohn-Bendit qui a désavoué ce qu'il était même en 1968, ou bien José Bové qui fait figure d'opportuniste, un coup pour le non au référendum, un coup n'hésitant pas à faire alliance avec celui qui était pour le oui ( Cohn-Bendit ) au référendum.
Le même ayant voté contre l'amendement déposé au Parlement Européen qui mettait en avant que c'était bien les règles du pays qui accueille l’activité et non celles du pays d’origine qui doivent être respectées. (directive Bolkestein ).
Mais tout de même, il y a sur le terrain de véritables écolos qui ne s'en laissent pas compter, qui ne se renient pas pour une place.
Et puis questions toutes personnelles :
- Pourquoi sommes-nous maintenant des millions à avoir au creux du cou
cette balafre qui signifie que nous n'avons plus de thyroïde ? En matière de pollution de l'eau et de rejet d'hormones, nous sommes bien involontairement responsables.
- Pourquoi y a-t-il tant d'enfants allergiques et leurs parents qui se découvrent tels à plus de 40 ans passés ?
- Pourquoi tant d'infertilité masculine ?
- Pourquoi tant d'enfants naissent avec les malformations génitales ?
- Pourquoi tant de leucémies foudroyantes ?
- De cancers du sein ?....
Alors, il est tant, oui plus que grand tant que le social et l'écologie soient vus comme une nécessité sur cette planète.
Ne pas séparer l'homme de son environnement, mais qu'il puisse y vivre dignement et en bonne santé.
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