Quand les membres des Cercles de Silence demandent des comptes aux candidats aux Européennes.
Ils entendent ainsi, en silence, protester contre les conditions faites aux étrangers sans papiers en centre de rétention, avant qu(ils ne soient expulsés vers leur pays d'origine, ou bien le premier pays de l'union qui les ont accueillis, convention européenne dite de Dublin oblige.
Hier était donc un jour " Cercle de Silence ".
Journée particulière s'il en est, puisque tout de suite après, un autre rassemblement à l'appel de la CIMADE ainsi que des associations, collectifs, syndicats, partis a eu lieu.
Ces derniers soutiennent l'appel de la CIMADE contre les décisions de Besson/Heurtefeux qui entendent museler cette association aidant et informant les migrants retenus en CRA (centre de rétention administrative ) sur leurs droits, en faisant un " appel d'offres" à d'autres intervenants.
Intervenant bien entendu à la botte de l'UMP, cherchant à les persuader de repartir, ne les informant pas de leurs droits et ayant signé en quelque sorte un pacte de silence quant à ce qui se passe dans les CRA.
Ouvrir les Droits de l'Homme à la concurrence, non pas pour en donner plus aux migrants, mais pour au contraire faire tourner plus rapidement le compteur imposé chaque année par le Ministère de l'Immigration chapeauté de très près par notre premier en titre, le sieur Sarkozy en personne.
Voilà pour la place du Martroi.
A proximité se tenait une réunion débat de blogueurs de différents courants politiques ainsi que tous ceux qui auraient voulu y participer.
Réunion autour de JM Beaupuy, candidat tête de liste MODEM aux élections européennes sur la circonscription Centre Massif Central avec pour thème Europe et Immigration..
Gab, mon orange sanguine m'y avait cordialement invitée, quoique ce soir-là j'étais encore de réunion-débat à La Source pour le Front de gauche dès 20H.
D'habitude, je participe au Cercle de Silence, également aux rassemblements qui se poursuivent parfois dans la foulée, comme cela était déjà arrivé auparavant.
J'avais cependant l'intention d'aller rapidement faire un saut jusqu'à la réunion-débat, d'autant que j'avais reçu récemment le document " La Situation des Droits Fondamentaux dans l'Union Européenne 2004-2008" que j'avais demandé au Groupe GUE au parlement européen .
Document que je comptais bien mettre en parallèle avec la situation faite aux étrangers sans papiers dans l'UE, ainsi qu'ici en France et notamment à Orléans.
Manque de chance :
- Dernières longueurs avant les élections,
- Tractage intensif chaque jour
- Et...Il fait beau, chaud même !
Et comme je ne vois pas le temps passer, ni même l'heure voici que dès lundi je me retrouve avec de magnifiques et ridicules coups de soleil.
Ridicules parce qu'en plus la bandoulière de mon sac a laissé une large bande blanche sur mes épaules,effet d'optique assez cutrieux en prîme...
Mais Bref passons.
Hier, 2500 tracts à distribuer dans le quartier des Carmes.
La journée de trop sans doute, car de nouveau le soleil et la chaleur.
Et là, maux de tête, nausées et vomissements font leur apparition dès 17h.
Comprimés, linge frais et pénombre seront le traitement adéquat.
Mais, pas de cercle de silence, de rassemblement pour la CIMADE, de réunion débat avec les blogueurs, ni celui ensuite avec le Front de Gauche.
Me voilà coincée. Et Flûte !
Car dans le même temps, mon parti, au travers sa candidate Marie-France BEAUFILS avait, comme sans doute tous les autres partis politiques présentant des candidats aux élections européennes, été sollicité par les membres du Cercle de silence au moyen d'une Lettre Ouverte pour qu'elle explicite le positionnement du Front de Gauche quant à ces graves questions.

Et voici ce qui a été répondu à ceux qui nous ont interpellé.
Plus d'une vingtaine de lettres reçues.
"
Front de Gauche
Europe et immigration
Les migrations sont un phénomène ancien et constituent un apport social, culturel et
économique inestimable. L'Union européenne (UE), pourtant, continue de s'enfermer dans une vision répressive, euro- centrée et réductrice des migrations.
Contrôle des frontières et chasse aux sans papiers, sont devenus les mots d'ordre de la plupart des politiques migratoires dans l'UE. L'étranger est un bouc émissaire tout trouvé pour attirer les
votes des partis extrémistes et faire oublier les échecs des politiques économiques et sociales. L'UE a adopté en 2008 la Directive retour qui permet l'enfermement et l'éloignement des demandeurs
d'asile et des sans papiers, avec des durées de rétention pouvant aller jusqu'à 18 mois.
De même, le Conseil Européen a conclu le Pacte européen sur l'immigration et l'asile qui justifie le recours à un arsenal de mesures principalement sécuritaires. Se focalisant sur l'utilité
économique des migrants, il élude la question de la régularisation des sans-papiers. Le pacte insiste sur les devoirs des migrants (travail, intégration, participation au développement de leur
pays d'origine..) mais rogne leurs droits fondamentaux, notamment celui de vivre en famille. Au nom de l' « approche globale des migrations et du développement », ce pacte tente d'imposer une
vision unilatérale aux pays d'émigration et de transit dans un dialogue Nord-Sud déjà fortement déséquilibré.
Cette politique migratoire répressive est une aberration. Elle est contraire aux
principes dont se réclame l'Union européenne : paix, démocratie, solidarité, justice, respect des droits humains et libre circulation. Elle divise l'humanité entre les riches qui peuvent circuler
librement et, celles et ceux qui sont assignés à résidence. Elle est criminelle car en distribuant au compte-goutte des visas et en érigeant des forteresses à ses frontières, l'UE pousse les
migrants de plus en plus à emprunter des routes dangereuses. Elle est absurde et hypocrite lorsqu'elle assène une vision exclusivement utilitariste des flux
migratoires.
Face à la crise actuelle, c'est la protection des droits des migrants, particulièrement en matière familiale et salariale, qui contribuera à faire reculer les sentiments racistes et xénophobes en
Europe. Nous, acteurs des sociétés civiles, demandons aux candidats aux élections européennes de s'engager à placer le respect de la justice, des droits et de la dignité humaine au cœur de
politiques alternatives en matière de migration et de développement.
DONNER DROIT DE CITE AUX MIGRANTS
Finissons-en avec le mythe de l'appel d'air, absurde et hypocrite : les migrants ne choisissent pas uniquement leur destination en fonction des possibilités de régularisation. Plusieurs autres
raisons interviennent telles que: la proximité géographique, les possibilités d'emploi, les liens culturels, familiaux et linguistiques...
En refusant de régulariser on maintient dans l'angoisse, la clandestinité et le non-droit des personnes qui sont pourtant incroyablement motivées pour participer pleinement au développement
culturel, économique, social et politique de leur pays d'accueil mais également de leur pays d'origine. Cette richesse issue des mouvements migratoires ne doit pas être stoppée par une vision
réductrice et à courte vue des migrations.
Par ailleurs les migrants sont avant tout des femmes, des hommes et des enfants, dont les droits fondamentaux ne peuvent être niés au seul prétexte de l'absence de papiers. Aucun des pays membres
de l'Union européenne n'a encore ratifié la Convention internationale sur la Protection des Droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille adoptée par l'Assemblée
générale des Nations Unies le 18 décembre 1990, alors même que
le Parlement européen s'est positionné en sa faveur et qu'elle est entrée en vigueur.
Cette convention est loin d'être révolutionnaire, elle ne fait que rappeler des droits fondamentaux qui s'appliquent aussi aux travailleurs sans-papiers et protéger des personnes qui sont
particulièrement vulnérables. L'enjeu est d'autant plus urgent dans le contexte actuel de précarisation des migrants résidant dans l'UE et des conditions de mobilité à travers le
monde.
Le Parlement européen et le Comité économique et social européen se sont prononcés en faveur des mesures visant à donner le droit de vote aux élections locales et européennes aux résidents
étrangers non- communautaires. En effet, il n'est pas possible de proclamer l'attachement de l'UE à l'égalité et à l'état de droit et exclure dans le même temps, les migrants non communautaires
du débat démocratique, comme le rappelle la récente « campagne pour la citoyenneté de résidence et le droit de vote des étrangers en Europe».
Tout résident dans un État membre devrait se voir octroyer des droits civils et politiques équivalents à ceux dont jouissent les citoyens européens. N'oublions jamais que ce sont les libertés
individuelles et collectives de chacun d'entre nous qui sont menacées quand on restreint les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels des
étrangers.
Ce que nous demandons à l'Union européenne :
• Nous appelons à la régularisation des personnes sans-papiers ;
• Nous appelons à l'adoption de mesures visant à instaurer et / ou à préserver la liberté de circulation et le libre choix du pays de résidence ;
• Nous appelons à ce que tou(te)s les migrant(e)s aient accès à une complète citoyenneté et à ce que les réglementations concernant les migrant(e)s soient fondées sur l'égalité des droits entre tous les citoyens. Dans l'immédiat, nous exigeons d'élargir les conditions applicables aux résidents communautaires, notamment le droit de vote, à tous les résidents étrangers ;
• Nous appelons les Etats membres de l'UE à ratifier la Convention internationale des
Nations-Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille.
EN FINIR AVEC LA RÉPRESSION CONTRE LES MIGRANTS
Quelques mois après son adoption par le Conseil de l'UE, on constate que les mises en garde de ceux qui se sont élevés contre la « directive de la honte » étaient fondées.
Au nom de la lutte contre l'immigration irrégulière, et au prétexte de répondre aux attentes de l'opinion publique, la détention est en train d'être érigée en système, dans le cadre d'une
redoutable harmonisation européenne de l'enfermement des migrants. L'allongement des délais - déjà mis en oeuvre en Italie, en discussion en Espagne -, la déshumanisation et l'opacité semblent
devenir la norme dans tous les lieux d'internement administratif pour étrangers.
En témoignent les révoltes qui ont éclaté dans les camps d'étrangers à Malte, à Lampedusa, à Turin comme à Toulouse et à Paris depuis le début de l'année. Ces mouvements s'inscrivent dans un
contexte d'exploitation politicienne de la question migratoire par les gouvernements, et sont le résultat de l'hypocrisie de l'UE, qui assiste sans broncher aux violations manifestes, notoires et
récurrentes des droits fondamentaux qui sont commises sur son territoire, et au-delà : car en sous-traitant les contrôles à des pays-tampons, l'UE externalise aussi l'enfermement et la
violence.
Dans la même ligne, le contrôle et la criminalisation s'étendent aux actes de solidarité. Assister un sans papier, l'héberger, le soigner, s'opposer à son expulsion, militer dans une association
d'aide aux migrants deviennent des délits passibles de poursuites. Cela représente une atteinte alarmante à la solidarité la plus élémentaire qui fonde le vivre-ensemble de nos
sociétés.
Face à la multiplication des lieux d'enfermement, à l'augmentation des expulsions et à la criminalisation de la solidarité, les sociétés civiles du nord et du sud doivent réagir et résister.
Les élections européennes sont l'occasion, pour les premières, de dire notre refus d'une Union européenne qui bafoue les droits des migrants.
En s'opposant aux accords migratoires inéquitables que l'UE veut imposer à leurs gouvernements, les secondes affirmeront notre volonté d'assainir les relations entre l'UE et le reste du monde,
gangrenées par l'instrumentalisation de l'aide. Nous appelons à ce que les gouvernements du sud fassent du retrait de la « directive de la honte » une condition de leur collaboration dans le
cadre des relations UE-reste du monde.
Ce que nous demandons à l'Union européenne :
• Nous réclamons le retrait de la Directive retour ;
• Nous appelons à la suppression de l'enfermement des migrants en situation irrégulière et des demandeurs d'asile et, dans l'immédiat, la mise en place de mécanismes de contrôle parlementaire et d'accès inconditionnel aux associations de défense des droits à tous les lieux d'enfermement des migrants et à tous les dispositifs existants de blocage aux frontières, pour un réel droit de regard de la société civile sur ces lieux ;
• Nos appelons à la dépénalisation de l'aide et du soutien à l'entrée, à la circulation
et au séjour irréguliers des migrants et demandeurs d'asile.
REFONDER LES RELATIONS NORD-SUD
Les migrants sont des femmes, des hommes et des enfants qui sont poussés sur les routes par les désordres du monde :
pauvreté, dérèglements climatiques, conflits... Les pays de l'UE ont une
responsabilité historique dans la situation des pays d'émigration, au travers de la colonisation, leur rôle ancien dans le commerce international, l'exploitation des ressources naturelles, et leur influence générale y compris via l'aide au développement. Force est de constater que les relations Nord-Sud entre pays, et entre unions d'Etats ne sont pas fondées en premier lieu sur la solidarité ; la négociation des Accords de Partenariat Economique en est l'illustration la plus récente.
Les politiques européennes promeuvent une « approche globale » des migrations. Pourtant, les liens qui sont établis entre la gestion des migrations légales, le contrôle des flux illégaux, l'aide
au développement instaurent des conditionnalités iniques. L'aide au développement accordée aux pays du Sud est ainsi conditionnée par la réadmission dans les pays d'origine des ressortissants en
situation irrégulière.
La déclaration des Nations Unies sur le droit au développement rappelle que le développement ne peut être soumis à conditions. Or, après une injonction à la « rationalité » économique des
politiques d'ajustement structurel des années 1980, après le paradigme de la « bonne gouvernance » politique des années 1990, la gestion des flux migratoires
constitue la dernière conditionnalité qui régit les relations Nord-Sud. Il est urgent
de dissocier le co-développement de l'aide publique au développement.
Il faut que l'UE cesse de se focaliser sur le rôle des migrants en tant que bailleurs de fonds, via les transferts d'argent. Tout d'abord parce que ces transferts sont des ressources privées.
Ensuite parce que cette vision occulte la question centrale de l'implication des migrants dans l'élaboration des politiques migratoires et de développement. Enfin parce qu'elle réduit les liens
entre migrations et développement à une simple relation de cause à effet : plus de développement au Sud impliquerait moins de migrations vers le Nord.
Cette vision est fausse à court et moyen terme, et la question du développement des pays du Sud implique que l'UE, entre autre, accepte de remettre à plat ses politiques commerciales, ses
politiques économiques et financières, ses stratégies géopolitiques. Il s'agit de permettre à chacun-e un égal accès aux droits fondamentaux.
Ce que nous demandons à l'Union européenne :
- Nous appelons l'Union européenne à repenser les relations nord-sud, dans le cadre du respect du droit
international, de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme et du développement de l'Etat de droit ;
- Nous demandons qu'on cesse de conditionner l'aide au développement au contrôle des flux migratoires et notamment à ce que les politiques de coopération et des moyens financiers ne soient plus liées aux impératifs à court terme de réduction des migrations et à la suppression de toute conditionnalité imposée aux pays du Sud dans les négociations bi ou multilatérales ;
- Nous appelons à l'arrêt des négociations et à la suppression des accords de réadmission dans les pays d'origine et/ou de transit des personnes expulsées, et à la suppression des clauses de réadmission dans les négociations plus larges portant sur le développement ou la migration légale ;
- Nous appelons à ce que les capacités des migrants et de leurs associations soient renforcées au Nord et au Sud pour qu'ils puissent davantage influer sur la définition et la mise en place tant des politiques migratoires que de développement.
- Nous demandons une politique audacieuse d'aide au développement, et dans l'immédiat, l'annulation de la dette des pays pauvres du tiers monde .
Voilà, Dommage, je n'étais pas là.
Pour compléter ce long article, voici qui a voté la Directive Retour au Parlement Européen :,
Droit des migrants
La « directive retour » (rapport Weber)
Appelé également « directive de la honte », le texte visait à « harmoniser » les conditions dans lesquelles les migrants irréguliers sur le territoire de l’Union européenne
doivent être détenus et « reconduits ». Il aboutit à un raidissement inédit en la matière et fixe à dix-huit mois d’emprisonnement la peine encourue par les sans-papiers et une
interdiction de séjour de cinq ans dans l’UE.
Sur le vote de la résolution, les Verts et le PS français (le PSE est divisé sur la question) rejettent la directive avec la GUE-GVN.
Le Modem est divisé : Nathalie Griesbeck, Anne La Perrouze et Bernard Lehideux sont contre ; Marielle de Sarnez, Jean-Marie Beaupuy et Philippe Morillon s’abstiennent.
Résultat final du vote en première lecture, le 18 juin 2008 : 369 pour, 197 contre, 106 abstentions.
Commenter cet article