Accès aux soins de plus en plus difficile : Témoignage.
Il y remettra par la même occasion une nouvelle pile de pétitions signées contre les franchises médicales ( pratiquement 900 000 sur toute la France ) et pour la défense de nos hôpitaux publics, ainsi que nombre de témoignages qu'il a récoltés auprès de nombreux malades-patients-citoyens attestant de la, leur réalité quant aux difficultés de plus en plus sérieuses qu'ils rencontrent dorénavant pour se soigner.
En voici un :
" Voilà déjà de nombreux mois, voire années que je suis obligée de tout calculer quand cela est possible pour accéder aux soins, tant pour mes enfants que pour moi-même.
Ainsi, si je dois consulter un spécialiste (gynécologue, ORL, dentiste ou ophtalmo) je m’arrange toujours pour programmer les
rendez-vous en tout début de mois, de façon à avoir l’argent nécessaire pour payer les consultations.
Je ne comprends pas à ce propos que nous ayant
fait obligation d’avoir une carte vitale pour faire faire des « économies » à l’assurance maladie en matière de papiers, ce qui me semble un argument justifié, pourquoi pas après
tout, les malades-patients-assurés- que nous sommes n’en ayons eu aucun bénéfice.
Ainsi, pourquoi ne pas envisager, voire faire obligation aux praticiens généralistes-spécialistes-services de soins (laboratoire, centre d’imagerie, etc.…)- de passer des conventions afin qu’aucun malade n’ait à avancer les frais occasionnés par les soins dont il a besoin ?
Exemple pour ma part en décembre dernier où ma plus jeune fille de bientôt 12 ans s’est fracturée le cartilage de croissance au
niveau du poignet lors d’un cours de sport au collège.
Non seulement l’hôpital d’Orléans n’a pas voulu
nous recevoir parce qu’il y a une clinique de la main dans l’agglomération – après tout pourquoi pas un partenariat public-privé quand cela est transparent pour le malade et qu’il n’en
fait pas les frais ? –, mais du coup effectivement, nous voici dans cet établissement où
pas un des praticiens : chirurgien, radiologue, kinésithérapeute n’a passé de conventions avec l’assurance maladie d’une part mais aussi avec les mutuelles et complémentaires santé, d’autre
part.
Du coup c’est à 150 euros de soins à régler
auxquels je me suis trouvée confrontée et avec seulement 20 euros en poche pour finir le mois après paiement des soins.
Dois-je préciser que je suis une femme seule vivant avec trois enfants à charge et avec à peine 1000 euros de revenus salariaux
mensuels ?
Par conséquent, j’ai du faire le siège des
services de remboursements pour pouvoir les obtenir le plus rapidement possible.
Une semaine !
Avec 3 enfants à charge et 20 euros, je vous laisse deviner ce que cela a donné ?
Pensez-vous que ma fille ou moi-même sommes responsable de ce qui lui est arrivé et qu’il faut ainsi « nous punir » de faire appel à notre système de santé pour lequel je cotise, maintenant de plus en plus d’ailleurs, depuis plus de trente ans, sans compter ma mutuelle qui a augmenté de 8,5% au 1er janvier et dont le montant dépasse maintenant les 10% de ma rémunération, pour un accès aux soins de plus en plus difficile ?
Tout cela pour ne pas être correctement remboursée, pour devoir repousser des soins plus que nécessaires ?
Autres exemples :
J’ai malheureusement perdu mes lunettes dernièrement.
Je ne peux faire face à l’achat d’une nouvelle paire sachant qu’elle coûte plus de 550 euros, avec une monture croyez-le bien qui n’est pas de marque.
Je n’ai pas les moyens de faire dans le clinquant ou le bling-bling !
Sachant qu’il me restera 180 euros à ma charge, je ne peux envisager cette dépense.
Idem pour une visite chez le chirurgien-dentiste où je sais que je vais avoir à faire face à la pose de couronnes dentaires.
En novembre 2007, j’ai du me faire enlever les veines saphènes pour éviter des problèmes veineux importants dont le risque de phlébite.
Le praticien n’a pas hésité à me demander 300 euros de dépassement et l’anesthésiste 130 euros pour l’intervention et je me suis
retrouvée à négocier « comme un marchand de tapis » les soins et opération nécessaire avec ces praticiens.
Quelle grande honte pour moi que de devoir leur
expliquer qu’il me demandait pratiquement la moitié de mon salaire et que je n’en avais pas les moyens.
Pensez-vous qu’il soit normal de cotiser et de devoir en plus donner des sommes faramineuses pour se faire soigner ?
De l’aberration, de la folie, de la schizophrénie collective initiée depuis des années par les politiques de casse de services publics et de santé.
Une honte pour notre pays dont les mots Liberté, Egalité, Fraternité sont censés représenter les fondements de notre république.
En juillet dernier, c’est à l’ablation de la thyroïde que j’ai du faire face.
En urgence !
Et de demander au praticien de me recevoir en consultation secteur « public » et de bien vouloir faire auprès des sécu et mutuelle une demande d’avance des frais, au niveau des deux consultations.
Est-ce bien normal ?
D’autant qu’auparavant j’ai du avancer les
frais d’échographie, scintigraphie, analyses sanguines diverses dans des établissements privés puisque l’hôpital d’Orléans ne fait pas les scintigraphies d’une part et d’autre part parce le
service échographie ne pouvait me recevoir en urgence, ce qui était pourtant signifié par mon médecin généraliste.
Je vous fais grâce de la journée passée à
l’hôpital où le personnel dévoué mais débordé a paré à l’essentiel.
Des mouvements continuels
et incessants dans les couloirs même en pleine nuit.
Car des scanners et IRM ont été passés en urgence à 2 et 3 heures du matin. Que dire du nécessaire repos après intervention auquel devraient aspiré les malades hospitalisés?
Et comment ne pas être indignée du manque de personnel chronique, de se satisfaire d'une aide-soignante à prendre ma tension et vérifier le débit de ma perfusion parce qu'il n'y a plus
qu'une infirmière le matin pour tout le service suite à l'absence pour maladie de la seconde ?
Pas question pour moi de mettre en cause le
personnel.
Bien au contraire, ce sont les boucs émissaires bien facile à montrer du doigt en cas de problèmes qui ne manqueront pas d'arriver une nouvelle fois.
Tout cela, c’est du mépris affiché autant pour les malades que pour le personnel soignant que l’on stigmatise et judiciarise en cas de problèmes gravissimes comme en décembre dernier alors que ce
ne sont que les résultats d’une politique désastreuse de « santé » ( ?) en cours, celle que vous mettez en oeuvre avec zèle.
Dernièrement, ma fille de 14 ans a fait un malaise.
Elle a perdu connaissance.
Mon médecin, complètement débordé par ses consultations n’a pu me recevoir, ni même se déplacer.
Je me suis retrouvée aux services des urgences pédiatriques où j’ai eu « de la chance » puisque je n’ai attendu que deux heures.
Avec un personnel tout à fait attentif à ma fille cependant.
Quelle surprise cependant de constater que
différents appareils n’étaient plus en état de marche dans ce service, balance pour faire le ratio poids-médicaments hors d'usage, patchs pour lui faire passer un électrocardiogramme
manquants, et à voir le personnel soignant se débrouiller à trouver de vieilles pinces dans un autre service pour lui passer cet examen, de même pour la
balance.
Qu’est-ce à dire ?
Que désormais les pauvres devront se contenter de miettes de soins de qualité (?) alors que ceux qui auront les moyens pourront choisir des établissements faisant le tri des malades par justement l’argent ?
Je suis outrée, scandalisée, en colère de voir les résultats d’une politique ultralibérale dont vous êtes l’une des tenantes au pouvoir, qui sous couvert de prétextes on ne peut plus fallacieux d’économies et de trou de la sécu orchestré depuis 2001 par une majorité UMP, .souhaite rentabiliser jusqu’aux maladies et pathologies des français.
Où est la solidarité dans tout cela ?
Je vous demande instamment Madame, de revenir sur ces projets qui vont conduire à des catastrophes sanitaires (cela a déjà commencé !) et humaines épouvantables.
Comment pouvez-vous mettre en œuvre la destruction à marche forcée de notre sécurité sociale, de nos hôpitaux publics, dont la qualité est reconnue et vantée à l’étranger et où un Président Obama, pardonnez-moi du peu, souhaite copier le modèle ?
Sans doute, n’avez-vous aucune idée de ce que vit la majorité des français au quotidien car vous êtes comme nombre de personnes de ce
gouvernement complètement déconnectée de la réalité de terrain.
Et vous pouvez utiliser toute la rhétorique
sarkozyste en usage détournant le sens des mots, les faits sont là, les Français les vivent chaque jour."
Vous pouvez, vous aussi porter témoignage et lui faire parvenir le votre à l'adresse suivante : erik.taillandier@yahoo.fr
Ils seront tous réunis et seront de nouveau portés au Ministère très prochainement.
Nous avons à nous défendre, à protester, à témoigner.
Ne rien dire c'est consentir .
Prétendre que cela ne servira à rien aussi.
A vos stylos, lettres et courriels citoyennes et citoyens !
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