Tempête entre dégâts, manipulations, chiffres et responsabilité.
Tempête sur l'hexagone.
Ou plutôt tempête sur le sud-ouest ce week-end avant l'avis d'un nouveau coup de gros temps pour le 29 janvier prochain.
Et bien évidemment, dégâts en cascade avec des rafales de vents mesurées à 172 km/h dans la région de Bordeaux au plus fort de l'intempérie.
Notre thaumaturge, qui cette année ne s'est pas encore fait remarquer par un péremptoire " Casse-toi, pauvre c..." est arrivé à la rescousse, tel Zorro dans son hélico ( vous l'imaginez vous sur
Tornado, le cheval ou même l'aspirateur ?).
Et d'y aller de ses habituels rodomontades qui en gros disaient ceci :
- " Les assureurs devront payer..." et " Nous avons tirés les leçons de la tempête de 1999...", " C'est pour cela qu'il y a moins de foyers touchés et qu'ils seront rétablis en
moins de trois semaines... ".
Ainsi notre héros de pacotille et verroterie en tous genres veut encore nous en mettre plein la vue. Croyant ou espérant sans doute qu'il ait encore une once de crédibilité, il nous
fait son show habituel et tente de nous faire gober ses indigestes hâbleries et continuelles menteries .
Car en ce qui concerne les assureurs, en quoi Nicolas Sarkozy peut-il avoir le moindre impact sur les remboursements et prises en charge des dégâts ?
Est-il le patron de ces entreprises privées pour leur dire quoi faire et comment fonctionner ?
A-t-il, à la place des préfets, déclaré les départements et région concernée en " arrêté de catastrophes naturelles " ?
Et que dire des surenchères en logorrhée de certain ne voulant pas être en reste après notre TGH ( aoc la pire
racaille )?
C'est un Président de la SNCF Guillaume Pépy, en déplacement
à Morcenx (Landes), qui n'a pas hésité à qualifier de "vision de guerre", le spectacle qui s'offrait à lui.
Je suis sure que les habitants de Gaza qui ont eux payé le prix fort dans leurs chair, sang et destruction le bilan d'une véritable guerre, apprécieraient ce type de réflexion.
Cependant, chacun de s'autocongratuler dans la gestion des lendemains de tempête avec aide et réparations de toutes sortes déclarant à l'envi que tous ont tiré les enseignements
des ouragans de 1999.
«Les leçons de 1999 ont été tirées: beaucoup plus de réactivité, moins de
victimes, plus d'efficacité», a lancé Nicolas Sarkozy, en déplacement en Gironde dimanche.
Seulement voilà.
Nécessaire petit rappel et retour en arrière en 1999 à l'attention de ceux qui ont décidément la mémoire chancelante..
Je sais Guillaume Sarkozy est à la tête de la Fondation Alzheimer, mais je n'ai pas l'impression que son auguste frère en soit atteint même s'il en présente tous les symptômes,
certes simulés.
Cela mérite cependant éclaircissements.
1999, tempêtes des 26 et 27
décembre :
L'une le 26 décembre, baptisée Lothar traverse le Nord de la France, circulant de la Normandie aux Ardennes. Sa trajectoire suit le 49e parallèle, d'ouest
en est.
Cette dépression qui touche d'abord le Finistère vers 2 h se situe sur Strasbourg aux environs de 11 h, elle s'est donc déplacée à environ 100 km/h.
Cette première tempête est issue d'une simple depression, soit de la confrontation de deux masses d'air : une froide qui s'immisce sur une chaude.
Résultat : une dépression dite explosive qui se développe trés rapidement et qui bloque l'anémomètre de la tour eiffel à son maximun enregistrable : 216 km par heure
!
Mesures des vents générés par l'ouragan LOTHAR
| Station (Météo-France) | Vents | Station | Vents | Station | Vents |
| Lann-Bihoué | 162 km/h | Alençon | 166 km/h | Paris-Montsouris | 169 km/h |
| Ploumanach | 148 km/h | Strasbourg | 144 km/h | Chartres | 144 km/h |
| Dijon | 126 km/h | Rennes | 126 km/h | Nancy | 144 km/h |
| Rouen | 140 km/h | Orly | 173 km/h | Nantes | 126 km/h |
| Troyes | 148 km/h | Metz | 155 km/h | Colmar | 165 km/h |
| Pointe du Raz et Ile d'Yeu | 162 km/h | Chassiron | 198 km/h | Cap Ferret | 173 km/h |
L'autre se situe dès le lendemain, 27 décembre.
Elle est baptisée MARTIN.
Elle se déplace aussi à une vitesse proche de 100 km/h, a traversé le pays en rentrant sur la pointe sud de la Bretagne vers 16 h le lundi 27 décembre. Sa trajectoire a suivi une ligne : Nantes vers 19 h, puis Romorantin vers 22 h, Dijon vers 1 h du matin le mardi 28, Alsace vers 4 h du matin. La dépression s’est ensuite évacuée vers l’est le mardi 28 décembre.
Mesures des vents générés par l'ouragan MARTIN
| Station (Météo-France) | Vents | Station | Vents | Station | Vents |
| Pointe-du-Raz | 162 km/h | Ile d'Yeu | 162 km/h | Ile d'Oléron | 198 km/h |
| La Rochelle | 151 km/h | Biscarosse | 166 km/h | Cap Ferret | 173 km/h |
| Bordeaux | 144 km/h | Pau | 137 km/h | Tarbes | 137 km/h |
| Lyon | 104 km/h | Limoges | 148 km/h | Aurillac | 137 km/h |
| Perpignan | 140 km/h | Clermont-Ferrand | 159 km/h | Mâcon | 126 km/h |
Résultats :
Au final, les vents ont atteint des records et les dégâts ont été considérables sur presque toute la France et une partie de l'Europe pour une catastrophe qui est devenue le quatrième sinistre le plus coûteux dans le monde depuis 1970, devant le séisme de Kobé du 17/01/1995 au Japon et après l'Ouragan Andrew du 24/08/1992 aux Etats-unis.
Conséquences en France :
- 140 millions de m3 de chablis (sur un stock global d'environ 2 milliards de m3
- 88 morts
- 3,5 millions de foyers privés d'électricité
-
entre 9 et 15 milliards d'euros de degâts... (sources : notre-planète.info).
Alors comparons maintenant ce qui est comparable.
1999, deux tempêtes qui balaient pratiquement toute la France avec notamment 30 départements complètement dévastés , l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne.
2009, une tempête située dans le sud-ouest français, le nord de l'Espagne et en moindre mesure la Corse.
Allez, pour être large, 9 départements dont la surface est d'à peine un quart du territoire français, donc.
Et pourtant 1 million 700 000 personnes privées d'électricité la tempête passée.
Donc pas d'eau potable pour ceux qui sont desservis par des stations de pompage.
Plus de 350 000 foyers sans téléphone et 1500 km de voie ferrée endommagée, sans compter les nombreuses routes impraticables.
Pourtant les propos sont dithyrambiques sur les secours :
- Les assureurs ont tiré les leçons de 1999 et sont déjà pas moins de 900 sur le terrain.
- Les équipes ERDF sont sur le terrain aussi, ainsi que celles des opérateurs téléphoniques qui reçoivent tous, les renforts des casernes de pompiers des autres départements et régions.
En 1 semaine tout devrait être remis en service.
Quel exploit nous dit-on !
1999, tout le monde est sur le pont :
Agents EDF, même en vacances ou retraités, volontaires pour aller prêter main forte à leurs collègues.
Idem chez France Télécom, à la D.D.E, chez les sapeurs pompiers et tous secours d'où qu'ils viennent.
Spontanément les agents se présentent et partent.
C'est leur métier, ils en connaissent toutes les ficelles.
Ce sont des agents de la fonction publique. Ils n'ont pas besoin d'être appellé, ils savent.
Certains ont participé à des actions de reconstruction tant en Roumanie, qu'au Mexique ou en Afrique.
La fonction publique, ce n'est pas le petit boulot peinard, gnan-gnan où seuls des paresseux se font engraisser sur le dos des contribuables comme on le distille savamment depuis des
années et sans discernement aucun à l'oreille des contirbuables.
Ces contribuables qui seraient spoliés par tous ces fonctionnaires qui ne foutent rien de la journée, sont toujours en grève et sont par dessus le marché payés même s'ils font grève !
Qu'en peu de mots cela tient depuis des années, qu'en quelques mensonges érigés en vérité tout cela est résumé, qu'en populisme encore et démagogie nous sont assénés ces tromperies.
La fonction publique, c'est aussi un état d'esprit.
Qui a fonctionné en 1999, et pour cause !
EDF encore entreprise d'état, France Télécom en SA depuis janvier 1998, mais avec une majorité de fonctionnaires en son sein et l'Etat encore majoritaire dans son capital, la D.D.E pas
encore défunte pouvant débarrasser une route.
Et aujourd'hui ?
Un Nicolas Sarkozy qui félicite le service public, mais lequel ?
Depuis 2001, les investissement d'EDF ont baissé de plus de 30%, privatisation en ligne de mire. France Télécom est seule sur le terrain et ne peut intervenir que dans son domaine de
compétence de société privée. Où sont SFR et Bouygues ?
Réseau Ferré de France n'investit plus non plus dans son réseau sinon pour le TGV, et encore l'entretien du matériel et caténaires posent-ils de nombreux problèmes.
Tellement récurrents d'ailleurs que l'on finit par se demander si l'émergence d'une pseudo ultra-gauche dans cette histoire ne serait pas l'épouvantail qui cache les véritables
responsabilités dans ces incidents à répétition.
Ainsi est-ce que 1.000 agents renforcés par des équipes venues d'Allemagne, d'Angleterre et du Portugal mobilisés pour rétablir le réseau électrique "d'ici à cinq jours" suffiront ?
Est-ce que la mobilisation d'un millier d'agents SNCF pour intervenir sur les lignes touchées par la tempête suffira ?
Et que dire des 900 agents d'assurances sur le terrain ?
L'argument des remboursements éventuels en chiffon rouge pour déplacer le regard de la population et ne pas mettre en évidence les carences de cet état qui a saccagé ce service
public tant décrié mais dont les rares vestiges servent encore d'alibi à un fade et insignifiant satisfecit de circonstances.
La première tempête privatisée.
A lire en nécessaire complément à ce billet d'humeur.
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