Santé : malade de la thyroïde, suis-je coupable ? (1)
Je suis fatiguée, agacée.
Je suis fatiguée et agacée, agacée d'être fatiguée et fatiguée d'être agacée .
Coup de blues ? Décrochage ?
Rien de tout cela, mais une colère sourde qui monte.
Des dosages TSH qui ne sont pas bons.
Plus du double du maximum considéré comme encore "normal".
Bon, c'est vrai, je n'ai plus de thyroïde.
Opération banale s'il en est, je n'ai qu'à regarder autour de moi, écouter et constater.
Pas une famille pratiquement sans que l'on ne me dise que cela est arrivé à l'un(e) ou plusieurs des leurs, une connaissance amicale ou de voisinage.
Où encore, ennuyant au possible : Dans un magasin quelconque, une vendeuse tente de vous vendre un colifichet type collier pour l'assortir au vêtement que vous venez de
choisir sans pour autant faire attention à vous.
Elle relève alors la tête pour vous regarder avec plus d'attention, histoire d'insister un peu sur sa proposition de vente supplémentaire suite à votre refus, puis vous regarde
d'un oeil compatissant ajoutant que sa maman ou sa soeur a le même "problème" et qu'il est sans doute effectivement bien trop tôt.
Youpi, la thyroïdectomie en passe de détrôner la sacro-sainte appendicectomie.
Autrefois on exhibait tel un trophée sa belle cicatrice sur le côté droit de son bas ventre, sans omettre de dénombrer le nombre d'agrafes qu'avait nécessité la
suture.
Puis est arrivée la coelioscopie.
Moins drôle, ni plus distingué.
Un ventre gonflé comme une baudruche, des gaz, pff...
Tout juste un point de couture presqu'invisible sur le nombril et de chaque côté de l'aîne.
Aujourd'hui, une jolie scarification vous est laissée en souvenir de votre thyroïdectomie au creux de votre cou.
Aucune star n'a encore pensé à valoriser ce charmant collier.
Ni à en faire un tatouage amusant et ludique que chaque enfant se devra d'avoir avant longtemps.
Ben oui quoi.
Les marronniers de la rentrée sont là.
La rentrée et puis au secours, les Français se pochtronnent aux anxiolytiques, anti-dépresseurs et somnifères.
En moins d'une semaine, deux reportages sur la deux.
L'un aux infos du journal de 20H, l'autre lors de l'émission télématin du 29 août dernier.
Vous vous rendez compte tous ces idiots qui s'empiffrent allègrement à coup de lexomil, séroplex, tranxène, prozac et autre pastilles à la mode !
Est-ce qu'il ne pourrait pas aller faire une petite cure thermale ?
Bon c'est vrai que l'assurance maladie rechigne à rembourser, voire même à vous donner des arrêts maladie.
Mais qu'à cela ne tienne, outre les franchises médicales, ils prendront bien cela sur leur temps de vacances désormais, moins les RTT qu'ils se seront faits payés -pour ceux qui en ont- pour
financer leur cure, et allez hop, voilà déjà une première solution !
Et puis si celle-ci n'a pas l'heur de leur convenir, pourquoi pas une petite psychothérapie ?
Estampillée bien entendu aux Normes
gouvernementales bientôt en vigueur.
Exit les psychanalystes freudiens, lacaniens...
Non 5 courants théoriques : psychanalytique, cognitivo-comportemental, systémique, socio-environnemental, biologique.
Du moment que le terme "psy" est conservé en guise de paravent à défaut de divan.
Pour ma part, je dirais plutôt psy de rien du tout, psy des clous, des nèfles, du trèfle, des cacahuètes, mais le terme psy est conservé, vide de sens certes, mais conservé.
Bon c'est vrai que vous correspondrez dorénavant à des cases bien précises et répertoriées .
C'est vrai aussi que vous ne serez plus l'individu unique que vous pensiez être:
Dépistage précoce, troubles de conduites, héritabilité génétique, facteurs de risque, facteurs prédictifs, isolation des
symptômes, co-morbidité, dressage de comportement, indice d'impulsivité, rééducation psychothérapique, thymorégulateur, expertise, évaluation, sécurité psychique, etc.
Voilà qu'en de bien gracieux et élégants vocables tout cela est dit .
Mais "merdum", c'est tellement "bel et bon " tout cela qu'une pétition circule déjà, pour que cela ne soit pas.
Revenons donc à mon égo puisque c'est de mon cou superbement tailladé dont je vous parle en fait et des maladies de la thyroïde.
Ma petite et banale intervention chirurgicale, suturée à la colle de surcroît s'est bien déroulée cliniquement le 04 juillet dernier.
Mon "independance day" personnel !
Foin de cette thyroïde multi-nodulaire.
Exit les tumeurs, ne repassez pas par la case départ .
Après l'échographie de contrôle prouvant l'inflation galopante de kystes "froids", cependant déjà visibles à l'oeil nu, inutile de subir de nouveau scintigraphie, cytoponction, analyses
hormonales et consultation chez l'endocrinologue.
Bistouris, scalpels et chirurgien délicat et chevronné ont fait leur oeuvre.
Je suis soulagée, merci.
Je n'étouffe plus .
L'une des tumeurs fantaisistes qui compressait ma trachée a été extraite via l'éxérèse de ma thyroïde qu'elle squattait allègrement en compagnie de cinq autres de ses
congénères.
Bon, et puis ?
Où est le problème ?
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