" Galère...! ? "
C'est un petit mot très en vogue en ce moment.
De ceux qui naviguent allègrement de chaînes de télévisions en antennes de radios, d'antennes de radios à la Une des journaux et même à l'affiche de gazette de moindre noblesse qui relaient complaisamment l'information.
Un syndrôme inquiétant a envahi les "rédactions".
Une épidémie de paralysie neuronale sévit, tant et si bien qu'un seul mot ne fuse de toute part : la Galère.
Chaque jour, bégaiements après bégaiements, éructés tels une flatulence gastrique incurable, l'unanime et nauséabond borborygme est émis :
La " Galère " qui devrait conduire les passagers à destination n'est plus à l'heure.
Bien pire même, la Galère est à quai et les galériens refusent de ramer.
Sans doute de l'antiquité jusqu'au XVIIème siècle, le problème n'eut point été de mise !
" Pensez donc ! Ma commère...", enchainés aux rames de leur sensile, à moins que ce ne soit une birème ou une trière, nos galériens ne mouftaient pas .
Simples outils ramant droit devant, au rythme du tambour de la garde chiourme, dûment fouettés " Hardi Petits " pour leur donner courage, assurément ce bon et vaillant temps n'existe plus.
Et puis, rendez-vous compte, point de retard ou de "grève" à redouter.
La seule place de grève connue de cette engeance honnie eût été celle où on eût tôt fait de les pendre haut et court, à moins que de subtiles tortures leur arrachant d'aimables beuglements ne soient venus adoucir l'ennui d'un tel contretemps.
Par ailleurs, si par quelque déplaisante mésaventure la galère en vînt à naufrager, peu d'inconvénient à cette éventuelle vicissitude : Ils coulaient avec...
Toute petite incommodité cependant, il fallait renouveler le cheptel.
-" Ah, que de souvenirs de not' bon temps jadis, Ma Babillarde, j'en ai la larme à l'oeil..."
-" C'est pas comme ces fripouilles, rien que des gredins j'vous dis...J'men va aller voir not' bon Saint Nicolas qu'a guéri les écrouelles...Vont voir ces arsouilles qui qui commandent !"
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De la caricature ? En êtes-vous sûr ?
Dimanche dernier, oui, effectivement une aimable pochade nous a été servie en boucles.
Quelques vieilles rombières emperlouzées, échappées de leur XVIème natal, ne connaissant du travail que le montant de leurs rentes et dividendes boursiers moissonnés sur le dos de véritables travailleurs, eux, ont défilé.
Quelques emplumés issus de la même volière, voulant avoir fière allure, quoique tout aussi décrêpis qu'elles, les accompagnaient.
Auraient elles voulu abolir la barrière de cette nouvelle classe de nantis que sont les cheminots ?
S'encanailler aux côtés des traminots ?
Se faire gentiment lutiner le bonbon par de dévoués machinistes ?
Que Nenni !
Nonobstant la peur d'attraper quelque rhume malencontreux ou fâcheux, elles ont donc enfilé leur vison .
Mais pas celui de la messe des dimanches, non rassurez-vous.
Pour cette occasion, celui du lundi était suffisant.
Pensez donc, elles sont tellement fatiguées le lundi.
Le week-end passé en compagnie de ce charmeur de Nicolas est tellement éreintant
entre le champagne et le caviar, qu'il leur faut bien le lundi pour effacer les quelques outrages dûs à une fatigue incongrue.
-" Oh, Mon Dieu qu'il est drôle...et tellement aimable avec ça, si vous saviez toutes les charmantes attentions qu'il a eu pour nous cet été, vous n'en reviendriez pas...
Tout cet argent qu'il nous a encore fait gagner, quel as, vraiment...
Et il a fallu que nous sacrifions un dimanche à ces scélérats !
Ils vont voir ce qu'ils vont voir ! "
Alors elles se sont mises à crier, cornaqués par leurs perroquets déplumés :
-" Cheminots, au boulot ...!".
-" Grévistes, fascistes..."
-" Ras le bol, Stop la Grève..."
Curieusement dans cet état totalitaire, comme chacun le sait, elles ne se sont pas retrouvées au goulag.
Quelques cars sans doute affrêtés par leur royal suzerain les avaient amenées à bon port.
Et obligeamment les caméras étaient là.
Cependant, ces Clabaudage et Plastronnage médiatiques m'interpellent :
Si les grèvistes sont des fascistes, à n'en pas douter elles et leurs homologues liquéfiés dans la stupidité la plus obscène sont inconstestablement dignes des plus grandes heures de notre histoire.
Du temps où Pétain et Vichy avaient force de loi !
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