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04 Sep

Mon intervention lors du Colloque sur les violences faites aux femmes, en présence de Mme Najat Vallaud Belkacem.

Publié par Circé  - Catégories :  #Femme, Société et politique, #Femmes, Egalité Hommes-Femmes, #Violences faites aux femmes

Le Ministère des Droits des Femmes a organisé ces lundi 2 et mardi 3 septembre 2013, à l'Académie Nationale de médecine de Paris et en présence de Mme Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des Femmes et Porte-parole du gouvernement un colloque sur le thème des violences faites aux femmes.

Tandis que le premier jour était consacré aux victimes, le second faisait place, lui à la prise en charge des auteurs.

Bien entendu, j'y participais, tout en rongeant mon frein. Non pas que les interventions n'étaient pas de qualité, bien au contraire. Mais l'exercice était bien trop court, et ressemblait surtout à une présentation d'actions mises en place dans quelques départements, par trop minoritaires pour être vraiment représentatives de ce qui se passe en réalité sur le terrain.

Je bouillonnais intérieurement. Et n'ai pu me taire !

C'est ainsi que je fus la dernière intervenante tant de la journée que de la salle. Et que j'ai interpellé Mme la Ministre des Droits des Femmes par l'intermédiaire d'une ou plutôt des questions.

Voici la teneur de ce qu'un des participantEs, venu à ma rencontre ensuite, m'a dit être un véritable plaidoyer tant pour la cause des femmes que des associations qui œuvrent sur le terrain.

A vous de vous en faire une idée.

" Depuis deux jours, Mme La Ministre, nous parlons de femme victime, de femme patiente ou malade en ce qui concerne la santé, de plaignante ou témoin en ce qui concerne la justice, mais en fait, une femme n'est-elle pas une citoyenne comme les autres, à part entière et qui a le droit d'être protégée comme tout autre citoyen ?

Car avant tout, et si sans conteste les femmes sont malades de la violence de leurs agresseurs, elles sont surtout malades de la violence de notre société où sévit la domination masculine.

Car oui, il s'agit bien de domination masculine et merci à Michèle Berthier et Jean-Yves Jalain d'avoir enfin prononcé ces mots et de l'avoir dénoncée, cette domination.

Alors, désolée de jouer ici la trublionne, mais nous avons assisté durant deux jours à une sorte d'inventaire à la Prévert d'actions qui se faisaient et qui marchent effectivement, mais là où il y a encore des moyens humains et financiers.

Cependant, la réalité sur le terrain est toute autre !

Sur le terrain, c'est :
- la mise en concurrence financière des associations qui œuvrent contre les violences faites aux femmes,
- la fin de la présence des travailleurs sociaux dans les gendarmeries et commissariats de police au prétexte d'économie,
- le manque criant de magistrats dans les tribunaux : 2 JAF en 2012 à Orléans au lieu des 6 qui devraient siéger. Comment s'étonner en ce cas qu'il n'y ait eu que deux ordonnances de protection prises cette même année ?
- la baisse des subventions des associations, et même à la faveur du changement des services de tutelles qui abondent ces subventions, tout simplement leur suppression. Ce qui a été le cas à Orléans dernièrement. Alors que le Planning Familial avait mis en place dans un quartier sensible de la ville, des interventions auprès de jeunes garçons pour une éducation à l'égalité entre garçons et filles depuis plusieurs années, ce sont pas moins de 20 000 euros qui n'ont pas été renouvelés et tout cela pour quoi ? Pour mettre à la place des caméras de surveillance !
Pas sure que cela fasse avancer la cause !

Et que dire du manque criant de places d'hébergement pour les femmes victimes de violence ? 10 places dans notre département, alors qu'il y a eu plus de 200 demandes en 2012 ?

Par ailleurs, nous avons parlé de violences morales, de violences physiques, mais complètement éludé la problématique des violences financières.

Car que dire de la situation des femmes qui s'étant extirpé du cercle infernal de la violence subie, ont eu la chance de trouver une place en centre d'hébergement, et qui lorsque le moment est v
enu pour elles d'avoir enfin un appartement, se retrouvent confrontées aux dettes, loyer ou autres que leur a laissé leur compagnon ?

Je siège, Mme la Ministre, en commission d'attribution des logements d'un organisme HLM. Les demandes de logement pour des femmes victimes de violence ont explosé. Il faut absolument que la loi change, que les femmes mariées ou non et qui sont victimes de violences puissent se désolidariser du bail mais aussi de tout crédit dès leurs départ et séparation d'avec leur compagnon, et bien avant qu'un divorce ne soit prononcé.

Il y en a assez qu'elles subissent la double, la triple peine et qu'elles soient rejetées ainsi de notre société.

Sommes-nous réellement des citoyennes à part entière ou bien des handicapées sous-citoyennes parce que simplement femmes ? Il semblerait bien que la réponse soit malheureusement oui, nous sommes des handicapées .

Et quand au handicap d'être femme, on rajoute celui d'être femme handicapée (physique, mentale), femme immigrée, femme sans papier, femme SDF, car oui il y a des femmes SDF et elles sont agressées physiquement, sexuellement dans les 8 jours qui suivent leur mise à la rue, femme prostituée qu'en dire ?

Alors Mme La Ministre, puisque c'est à vous que va s'adresser ma question : Au delà de la simple volonté politique affichée, des bonnes volontés des unEs et des autres ici présentEs, quand est-ce que nous aurons enfin et véritablement les moyens humains et financiers pour vaincre ce fléau qu'est la domination masculine et de ses cons
équences que sont les violences faites aux femmes ? Merci. "

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benali kaoukab nejma 06/09/2013 20:39

desolé de constater de multiples interventions de blablabla et au fond sur le terrain des travailleurs sociaux et benevoles qui suent sans moyens .
jai envoyé plusieurs question à mme la ministre sans reponse
je suis moi méme travailleur social et voir oeuvrer aussi benevolement pour les bonnes cause
malaureusement aujourdhui démuni pour ma fille handicappée et subsant des violence se la part de son mari
javoue je trouve le terrain desert et les porte fermés je suis choqée de constater les choses
quand j étais sur le terrain c est bien car utile et maintenant dans le besoin et avec des demande eh bien pas d oreille àl écoute
je suis tiste de ce constat car tte mes demarches pour ma filles restent sans suite
j ose encore frapper aux porte dans l éspoir qu une soit du moin entre ouverte a défaut d etre grandement ouverte
alors les colloque me fond bien rire maintenant jattend la suit si ma fille ne sera pas déja morte car moralement elle l est déja!!!!!!

Circé 06/09/2013 21:06

Bonsoir Madame,

Je prends connaissance de votre commentaire, mais ne sais dans quelle région vous habitez.

Dans un premier temps je vous invite vivement à appeler le 3919 qui est une plateforme qui reçoit les appels de femmes victimes de violences, ou bien leur famille qui comme vous ne sait pas toujours vers qui se tourner dans leur région.
Ce service est ouvert de 08H à 22H du lundi au samedi et de 10H à 20H le dimanche.
N'hésitez pas à leur poser toutes les questions possibles compte-tenu de sa situation tant au niveau protection qu'au niveau juridique et même quelle association ou service gère éventuellement un centre d'hébergement pour femmes victimes dans votre région.
Je sais, ô combien, cela peut être rageant, et décourageant lorsque confrontée à ce type de situation, vous entendez parler "colloque" ou "réunion". Cependant, même si je suis la première à bouillonner compte-tenu des manques évidents de moyens à tous niveaux pour combattre ce fléau des violences, ces moments sont nécessaires pour ensuite pouvoir présenter une loi, la meilleure possible pour protéger les femmes victimes de violences.
Cela va être le cas très prochainement. Maintenant il faut mettre les moyens derrière et nous, associations oeuvrons sans cesse à cela.
N'hésitez pas à me laisser un autre message que je ne ferai pas paraître si vous avez besoin d'autres renseignements. Très cordialement et Courage,

Un partageux 04/09/2013 13:56

En présence d'une ministre ! À force de mauvaises fréquentations comme ça tu vas mal finir. ;o)

Pour sortir du sourire, tu décris un pan de ce que l'on voit dans tout le domaine social : la réduction des financements qui conduit à des situations dramatiques.

Mais faut aussi prendre en compte un autre point de vue autre. Un copain me racontait que des zélus et permanents politiques de son coin lui ont dit que le social et le culturel sont "des sources d'économies importantes". En clair on peut se redonner des marges de manœuvre en supprimant ces postes "improductifs". Dans sa ville, comme dans la mienne, les travailleurs sociaux sont tétanisés par les coupes financières...

Circé 04/09/2013 14:55

les coupes sombres, oui évidemment !
Et le social et le culturel en première ligne !

Et les premiers à donner cet exemple assez ignoble est l'Etat lui-même. Il n'est que de voir la réforme des retraites et aussi le fait qu'ils sont encore prêts à baisser les cotisations sociales patronales au niveau de la branche famille. C'est dire combien le situation est catastrophique mais combien on ne parle que du haut de l'iceberg;
A quand une véritable descente dans la rue, et ne jamais rentrer chez soi sans qu'enfin nous ayons obtenu satisfaction ?

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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "