Après avoir invoqué Jean Jaurès et Léon Blum, des Figures historiques emblématiques de gauche, émaillé de leurs noms ses discours de
campagne présidentielle, imposé la lettre de Guy Môquet le 22 octobre dernier en lecture obligatoire, Nicolas Sarkozy s'attaque maintenant à d'autres emblèmes historiques, tout à fait positif dans
la mémoire commune e
t qu'il est intéressant de se remémorer pour voir ce qu'il en fait.
C'est ainsi le cas avec le New-Deal.
Voici en copie la fin de
son discours aux Nations Unies, ainsi que le lien pour en avoir l'intégralité et son contenu.
www.ump-fr.org/
Ainsi, dans une belle envolée lyrique, voici ce qu'il dit :
**********
« Il y a dans le monde et jusque dans les pays les plus riches, une multitude d’homm
es et de femmes, qui n'ont même plus l’espoir de sortir un jour de leur détresse matérielle et
morale.
Alors pour terminer, je veux m’adresser à la conscience de tous ceux qui ont une responsabilité dans la conduite des affaires du monde.
Parce que si nous ne le faisons pas, les pauvres et les exploités se révoltero
nt un jour contre l’injustice qui leur est faite.
C’est d’un nouvel état d’esprit dont le monde a besoin.
C’est un véritable New Deal à l’échelle planétaire qui est nécessaire.
Un New Deal écologique et économique.
Au nom de la France, j’appelle tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du 21ème siècle sur cette idée forte que les biens
communs de l’humanité doivent être placés sous la responsabilité de l’humanité toute entière.
Au nom de la France, je lance un appel solennel aux Nations Unies pour que, dans ce siècle marqué par le retour de la rareté, elles se donnent les moyens d’assurer à tous les hommes à travers le
monde l’accès aux ressources vitales, de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation, des médicaments, et de la connaissance.
Je lance un appel solennel aux Nations Unies pour qu’elles prennent en main la question d’une plus juste répartition des profits, de la rente des
matières premières, des
rentes technologiques.
Je lance un appel solennel aux Nations Unies pour qu’elles prennent en main la moralisation du capitalisme financier.
Je lance un appel aux Nations Unies pour aller plus loin dans la lutte contre la corruption qui mine des pays qui souffrent et
qui sont trop pauvres. »
*********
C'est beau, non ?
Alors quand même et puisque l'on parle de New-Deal, j'ai repris mon Berstein et Milza, Histoire du XXème siècle à la recherche du New-Deal, des
« New-Deal » devrais-je dire puisqu'il y en a eu trois entre 1932 et 1938.
Et Voici ce que j'ai pu lire :
**********
« Il s'agit d'abord de sortir au plus vite le pays de la crise par une énergique relance économique : cela implique une injection de crédits publics pour réamorcer la pompe (pump priming),
au prix d'un déficit budgétaire provisoire qui sera comblé ultérieurement grâce aux ressources fiscales fournies par la reprise économique,
Cette action conjoncturelle doit se doubler d'une réforme plus structurelle du capitalisme visant à soumettre la stratégie économique des grands
trusts aux besoins nationaux, afin d'obtenir une répartition plus équitable des revenus et des richesses entre les différents agents de la vie économique et sociale.
-30 janvier 1934, dévaluation du dollar.
Il s'agit d'une politique volontaire de monnaie dirigée qui n'avait pas à répondre à un mouvement de spécuylation contre le dollar mais visait à créer une légère inflation de reprise en allégeant
le fardeau de l'endettement et en favorisant les exportations de produits américains.
- Le Banking Act de juin 1933 permet un contrôle plus strict des organismes financiers en établissant une distinction entre les banques de depôt pour le crédit à court terme et les banques
d'affaires pour les prêts à long terme, aucune banque ne pouvant par ailleurs prendre de participation directe dans les entreprises.
- un système d'assurance est instauré pour garantir les avoirs des petits et moyens détenteurs de comptes, dont l'épargne alimente près de la moitié des dépôts bancaires.
- création d'un système de surveillance des transactions boursières qui limite les possibilités de spéculer à crédit.
- création d'un système de crédit adapté aux possibilités de remboursement des farmers.
- collaboration entre l'état et les entreprises en vue d'objectifs concertés de lutte contre la crise.
- code de concurrences loyales proposés aux entreprises d'une même branche en vue d'harmoniser les conditions de production.
- durée de la semaine de travail fixée entre 35 et 40 heures selon les branches d'activité, avec définitiond'unsalaire horaire minimum, en vue de soutenir le pouvoir d'achat des ouvriers.
- L'Etat ouvre des crédits pour l'emploi des chômeurs à des travaux d'utilité publique.
- Le système de Réserve Fédéral reçoit des pouvoirs de contrôle accrus sur les grandes banques, les prinicipales compagnies de service public qui gèrent la distribution de l'eau, du gaz ou de
l'électricité qui voient leurs tarifs étroitement surveillés.
- Une grande impulsion est donnée au syndicalisme par le Wagner Act.
- La politique de lutte contre le chômage devient plus active avec la création de Work Progress administration, dotée de 5 milliards de dollars.
-750 000 jeunes diplômés sans travail employés à des tâches intellectuelles par la National Youth Administration .
A terme, l'état va ainsi employer dans différents organismes quelque dix millions de de chômeurs, rémunérés par un travail et non plus réduits àç bénéficier d'une indemnité humiliante.
- De plus en 1935, le Social Security Act institue un système d'assurance contre le chômage, la vieillesse et l'invalidité, portant un coup décisif au principe de l'individualisme puisque se
voient reconnuspour la première fois les droits sociaux des individus.
- Larges dépenses budgétaires ( déficit atteint 4 milliards de dollars) pour financer la construction d'habitation et audacieuse politique de pouvoir d'achat par une législation du travail
favorable à la hausse des salaires, ainsi que par une meilleure indemnisation des risques sociaux .
Cette politique comprend un contrôle plus strict des grandes sociétés ».
**********
Voici donc ce qu'était le New Deal .
Aussi, une question s'impose :
Si, Nicolas Sarkozy en appelle au Monde pour imposer un New Deal économique et social , que fait-il exactement au niveau politique nationale en France ?
Une politique de relance du pouvoir d'achat ?
Néant ! Rien...Ah si, un euro de hausse des allocations familiales le 1er janvier prochain et puis surtout un très beau bouclier fiscal pour ses amis qui ne sont pas dans le besoin, eux.
* Une politique sociale pour que chacun puisse être soigné selon ses besoins et cotisé selon ses moyens ?

Pas du tout ! Coupe en règle de la Sécurité Sociale héritée du CNR, moins de remboursement, franchise médicale arguant qu'aucune assurance (pour assurance sociale) ne fonctionne sans franchise
.
Bien évidemment hausse des mutuelles pour être à terme remplacées sécurité sociale et mutuelle par des assurances privées, de celle que dirige opportunément son frère Guillaume.
Voyez actuellement les pubs qui fusent sur tous nos écrans nous invitant à nous assurer chez eux.
Ce qui n'est pas indiqué, c'est que si vous êtes jeune et bien portant, vous serez particulièrement bien accueilli parce que vous allez cotiser
sans avoir trop de risque d'être malade et donc peu coûter à ces sociétés privées.
Pour les autres, une étude dossier médical, de prise de risques, des « primes », « surprimes » instaurées et peut-être aussi un refus net et définitif, car exit la
solidarité.
Si vous faites prendre trop de risques à ces assurances, et bien vous serez tout simplement jeté comme une vieille voiture à la casse.
Sans prîme, ne rêvez pas !
Soyez jeune et bien portant.
Ne vieillissez pas.
Ne soyez pas malade, prenez vous en charge, soyez responsable.
On n'arrête pas de vous le dire !
Où est la nécessaire Solidarité ?
Vous savez celle qui en 2003 nous aurait tant fait défaut selon les dires des mêmes tenants de cette politique ?
Comme il est facile de culpabiliser encore une fois la population qui abandonne ses vieux, n'aurait pas 4 euros supplémentaires par mois à leur « offrir », cela dit en trônant
entre deux mamies atteintes d'alzheimer ?
Que va-t-il advenir d'eux ?
Car il ne faut pas s'y tromper, ce sera à eux de financer leurs soins.
Inutile de parler d'alzheimer, de cancer, de soins palliatifs pour apitoyer dans les chaumières...
Sur l'autel de l'argent roi, ils vont être sacrifier.

Vous ne me croyez pas ?
Faites une petite expérience, allez dans ces assurances et posez les bonnes questions, inventez vous une maladie de longue durée et voyez, écoutez,
le sort qui vous sera fait si malheureusement cela vous arrive un jour.
Et puis, écoutez la seule réponse faite aux marins pêcheurs dans la difficulté, le cours du pétrole plombant complètement le revenu de leurs pêches :
« Vous allez être exonéré totalement de charges sociales pendant six mois... », alors qu'ils demandaient une baisse du prix du carburant.
L'un d'entre eux ne s'y est pas trompé et lui a répondu qu'il n'était pas un mendiant, qu'il voulait payer ses cotisations sociales, que ce n'était pas ce type d'aide qu'il demandait .
La TIPP ayant été supprimée par l'UMP, bien difficile d'agir sur cela maintenant, mais couler définitivement la sécurité sociale, pourquoi ne pas en profiter puisque c'est le but ultime de la
gouvernance de Nicolas Sarkozy.
* Une politique d'administration forte, de société d'état florissante garantissant aux citoyens une égalité de traitement sur le territoire national ?
Encore une fois, pas du tout.
Privatisation d'EDF-GDF, malgré les promesses faites précédemment.
Ce sera le cas n'en doutez pas pour La Poste, comme cela a été le cas pour France Télécom.
France Télécom, société dans laquelle, je le rappelle l'état devait rester majoritaire et qui n'est plus présent qu'à hauteur de 27 %.
Mensonges, comme toujours !
Et plus il y a mensonges, plus c'est gros, plus cela marche !
Il ne vous faudra pas aller vous installer, habiter, ou vivre loin du réseau électrique installé, car il vous faudra tout financer, payer si vous voulez être relié quitte à
ce que vous plantiez 2 kms de poteaux pour ce faire.
Si vous n'avez pas les moyens, il vous restera la bougie pour vous éclairer, la chaudière à bois ou à fuel pour vous chauffer .
Auparavant, quelque soit l'endroit où vous habitiez, EDF avait le devoir de vous offrir le même service et au même prix.
C'est ce qui nous attend.
Il en sera de même pour le courrier.
Dans certaines régions désertées par l'Etat, ce sont des épiciers qui vous donnent votre argent pour un retrait.
Aucune sécurité, confidentialité, vous n'êtes qu'un maillon d'une chaîne de consommation qui doit consommer sans raisonner.
Notre société devient une société d'épiciers, très trivialement car je n'aime pas cette image, de marchand de tapis.
C'est cela le libéralisme .
Mais où est le New Deal de Nicolas Sarkozy ?
Celui dont il se prévaut dans son discours dithyrambique ?
Le New Deal, ce n'est pour lui qu'un mot attractif avec une connotation positive bien entendu et qu'il utilise comme les personnages pour nous leurrer, nous faire croire qu'il nous comprend,
qu'il a de l'empathie pour nous, qu'il nous aime !
Vous y croyez, vous ?

Pour ma part, même avec un noeud papillon au cou tel un jeune communiant des années 50, le discours de cet homme qui est allé servir « la soupe » à George Bush, personnalité on ne peut
plus controversée dans son propre pays même, en fin de mandature politique, m'agresse, m'humilie, me rabaisse en tant que citoyenne, en tant que Française .
En 2002, je n'ai pas voté pour Jacques Chirac, mais j'ai voté contre Jean-Marie Le Pen .
Aussi lorsque Dominique de Villepin a pris la parole aux Nations-Unies, je me suis sentie de cette nation, de ce pays, indéfectiblement derrière la politique internationale de mon pays.
Je me suis sentie fière d'être ainsi représentée.
Aujourd'hui, même cette fierté, il me l'a enlevée.
Ne me reste que la Honte d'avoir un tel individu comme Président de la République.
Mais il me reste encore les accords de Grenelle à voir.