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28 Nov

Un Collectif de Femmes dans la rue à Orléans, attention : délinquantes !

Publié par Circé  - Catégories :  #Politique et politique locale

 

25 novembre 2010 : Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des Femmes. Notre Collectif l'a marquée cette journée, parce qu'elle était symbolique, bien que nous soyons sur le terrain tant d'autres jours dans l'année.

Alors jeudi, cela a été pour nous, entre autres, distribution de tracts, participation à un débat après la diffusion du film " La domination masculine " de Patric Jean. Dans le même temps ont eu lieu bien d'autres actions, menées par le Planning Familial, Elles-aussi, Mix-Cité...

Mais il nous semblait que pour attirer l'attention, sensibiliser à la lutte contre les violences faites aux femmes qui devrait être une lutte de tous les instants, informer pour faire évoluer les mentalités et changer le regard sur les victimes en ne les rendant pas au mieux invisibles et anonymes, au pire responsables de leur malheur il serait plus efficace d'être présent-e-s un samedi après-midi, dans l'artère commerçante du centre ville d'Orléans.


Et c'est ce que nous avons fait ce samedi 27 novembre, avec banderole épinglée sur un fil tendu entre deux poteaux, affiches accrochées sur le même filin, table avec pétition contre le viol, dépliant répertoriant tous les numéros de téléphone à contacter en cas d'urgence, tracts d'information...Bref tout le matériel de la/du parfait-e militant-e engagé-e dans l'action, par tous les temps, même froids comme aujourd'hui.

Et les signatures ont commencé à affluer, nombreuses...






Entre autre visiteur, nous avons eu celle d'un agent des "RG", même si l'appellation officielle n'est plus celle-là. Comme à l'habitude dans ce genre de "manifestation" ou "action", salutation de rigueur, quelques échanges, notamment quant à la justesse de notre action .

Comme nombre de militant-e-s, nous sommes "connu-e-s" des RG. Le corollaire étant tout aussi exact, nous les connaissons aussi quoique nous n'ayons, nous, aucune fiche sur eux.

L'après-midi avance, le temps s'assombrit et quelques flocons commencent à tomber.

C'est alors que s'invitent des "visiteurs", qui ne sont pas du soir, mais tout aussi peu intéressants que ceux du film de Marcel Carné.


Et curieusement, le ton est tout à fait autre qu'avec les RG :
- Vous avez fait part de votre manifestation à la Préfecture ? Vous avez obtenu l'autorisation de mettre une banderole ? Vous avez le papier d'autorisation ?

Bref, à notre profonde consternation, les premiers empêcheurs non pas de tourner en rond, mais de mener à bien notre journée d'action étaient tout simplement des policiers municipaux.

Bien évidemment les réactions ne se sont pas faites attendre :
- "Non, mais vous plaisantez , j'espère ? Ce n'est pas vrai que c'est vous qui allez nous "ennuyer" ? Tout le monde a été dûment averti, les RG étaient là, il y a peu...

- " Les RG, c'est pas notre problème ! "

Monique, Présidente de Mix-Cité Loiret, conseillère municipale intervient aussitôt après moi :
- " Non mais c'est pas vrai que c'est vous qui allez troubler cette journée, jamais cela n'est encore arrivé jusqu'à présent, ce n'est pas vous qui allez commencer tout de même ? "

- Vous allez enlever cette banderole qui est attachée à du mobilier urbain...


- " Alors, là, il n'en est pas question, mais alors pas question du tout ! Ce n'est pas la première fois que nous faisons cela, vous le voyez c'est de la corde à linge tendue entre deux poteaux et nous l'enlèverons en repartant..."

- " Vous refusez ? "
- " Oui, je refuse, il n'en est pas question, vous n'avez vraiment que cela à faire ? Alors que nous informons, tentons de sensibiliser, de faire en sorte que des femmes osent enfin porter plainte, c'est tout ce que vous avez à faire ? "
- Vous refusez , Vous ne voulez pas enlever cette banderole ? "
- " Je viens de vous dire qu'il n'en était pas question !"
- " C'est qui la responsable ?"
- " Il se trouve que c'est moi !"
- " Vous avez une pièce d'identité ? "
- " Pas de problème, vous voulez aussi mon pédigree ? Il se trouve que je suis la porte-parole du Collectif et la Secrétaire de la Section d'Orléans du PCF ".


Pièce d'identité qui a été présentée sous l'oeil médusé des passants qui ne comprenaient pas.

- " Je ne fais que mon travail, moi, Madame ",
- " Non, vous ne faites pas votre travail, vous faites de l'excès de zèle, et puis n'essayez pas en plus de me culpabiliser, c'est incroyable ",
- " Vous le prenez comme vous voulez...".

Après avoir relevé mon identité, nos deux "Municipaux" ont fait le tour de l'objet du délit, ce fil tendu entre deux poteaux, puis ont fini par partir, non sans s'arrêter au niveau d'une autre voiture, toujours de police municipale qui remontait la rue de la république alors qu'eux la descendaient.




Je ne peux vous décrire le sentiment d'amertume et de colère que nous ressentions tou-te-s à ce moment-là. Annie du coup, se mit alors à chanter à tue-tête " Hécatombe " de Georges Brassens .

Tant d'assiduité pour un contrôle tracassier et mesquin.
De la petite "police", à la petite semaine...

Nous avons poursuivi pendant encore environ une heure notre action, et puis les flocons de neige se sont faits plus denses, plus drus.
Les documents, les pétitions commençaient à se "détremper".
Alors nous avons repris notre matériel, détaché notre banderole, nos affiches, pris des photographies après passage, des poteaux qui auraient eu à souffrir de nos actes malintentionnés.





Pour nous réconforter, nous réchauffer un peu, nous sommes allé-e-s ensuite boire café, thé, cappuccino selon les envies de chacun-e. Une heure pour décompresser.
Et puis
...De nouveau la neige, et la nuit qui descend.


Mais près de deux cents signatures, malgré le temps, malgré les vicissitudes dues à des agents vétilleux et procéduriers. Mais tout cela interroge tout de même, quant au libre arbitre de certains.

Certain uniforme enlève-t-il donc à "certains" ( heureusement pas tous !) le peu de jugeotte que la nature leur aurait normalement attribuée, alors que d'autres sans uniforme analysent une situation plus sereinement et justement ?
- " That is the question " aurait dit Hamlet...
- " C'est qui celui-là ?..."

Mais bref, passons, au niveau de notre action, ce fût un bel et bon après-midi !

Bien évidemment, j'ai fait remonter l'info à toutes les associations et collectifs féministes engagés au quotidien dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

* à lire aussi : "Municipaux partout, police nulle part ",
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infodumidi.over-blog.com 01/12/2010 14:06



chapeau pour vos actions. totale solidarité. faut faire avance les choses.



Circé 01/12/2010 19:58



Info du Midi :


Oui, il faut que les choses avancent maintenant.



Marion 01/12/2010 02:54



Je paris que ces municipaux auraient été beaucoup plus cordiaux si des hommes manifestaient contre les manipulations et pressions psychologiques feminines.


A en croire les mecs, les femmes cherchent la petite bête (et tomberaient sur la grosse ! ) pour se faire tapper ! Au moin là on a la preuve que nous savons rester zens ! quand il faut


kiss kiff



Circé 01/12/2010 08:11



Marion :


Et encore, figure-toi que non seulement ils arrivaient avec ton sec et impératif, mais en plus c'est à nous qu'ils deandaient de ne pas s'énerver ?


Mais bref. Nous avons fait ce que nous avions à faire, l'important étant là.



rasleboldesassureurs 01/12/2010 00:21



Bonsoir, je suis une femme, et galére, j'aimerai si c'est posible que tu me donnes ton opinons sur la situation voir blog - rasleboldesassureurs- je présume que toutes ces sitautions vécues sont
aussi arrivés car y a pas d'hommes à le maison. merci vive les femmes



Circé 01/12/2010 08:18



Bonjour, je vais consulter ton blog et te dirai ce que j'en pense.


Bonne journée à toi et merci de ton passage



dame Lepion 28/11/2010 22:01



La remarque de Patrick doit être prise en considération, elle est très juste. Toujours rester "zen". J'ajouterai qu'il faut aussi avoir au moins un témoin qui garde des traces, c'est une
précaution indispensable.



Circé 28/11/2010 23:15



Dame lepion :


Comme vous le constatez, l'appareil photo a été mise en route illico-presto.


Par ailleurs nous avons été trois à répondre aux "Municipaux", chacune embrayant sur un thème différent mais affirmant notre profond désaccord avec leur façon de faire.


Nous étions hier, 6 . Nous avons aussi croisé des journalistes et un photographe presque " amateur " qui fait des clichés de rue. Il s'est paraît-il régalé. Et puis nombre de passants qui ont
assisté à la scène et qui étaient médusés.



Patrick 28/11/2010 17:50



Dans la mesure où il n'y a pas de troubles à l'ordre public, je ne vois pas quelles suites il pourrait y avoir. Ce genre de contrôle relève de l'intimidation et parfois de la provocation, une
réaction virulente des gens contrôlés pouvant générer des poursuites pour outrages à agents.



Circé 28/11/2010 18:10



Patrick :


Merci de ces précisions. Je n'avais même pas pensé à un aspect "provocation" de l'intervention. C'est vous dire combien j'ai trouvé cela déplacé et inconvenant.



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