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29 Nov

Sexisme ordinaire en Mairie d'Orléans, dans le Loiret, à l'UMP.

Publié par Circé  - Catégories :  #Femme, Société et politique

Ce sont de petites choses qui vous agacent prodigieusement et qui permettent pourtant à toute une gente masculine au pouvoir, d'éviter soigneusement de laisser la moindre petite place aux femmes.
De toutes les façons possibles et imaginables.

Et cela prend des formes diverses et variées.

Petit florilège dans notre département et dans notre bonne ville.
Où il semblerait que la seule figure féminine ayant droit de cité depuis des lustres ici, soit une Jehanne morte il y a maintenant 578 ans.

Si cela n'est pas daté, on se demande ce que c'est ?

Archéologiquement parlant, peut-être avons-nous sans le savoir le gisement le plus ancien de dinosaures, diplodocus, brachiosaures ou autres tricératops qui soit ...
Et qui n'ont pas attendu les fouilles du tram pour réapparaître, en imaginant qu'ils aient pu disparaître à un moment ou à un autre, ce dont je doute fort .

Une sorte de vieille France confite dans une attitude condescendante, dédaigneuse, cramponnée que sont ces représentants au vocabulaire "es lettres" de l"Académie Française pour se donner un alibi linguistique.
Tout en utilisant, paradoxe non négligeable par ailleurs, un langage aussi fleuri que celui d'un charretier, l'occasion faisant le larron.

Avez-vous remarqué comme il est simple de féminiser une insulte ?
 
Ainsi on se souvient du doux nom de"Salope" dont Anne-Marie Comparini fût affublée par l'agréable P.Devedjian ou bien du même " Salope " agrémenté " d'avorteuse ", " sale juive " entendue par Madame Simone Veil lorsqu'elle défendit sa loi à l'Assemblée Nationale.

Ou bien de lancer de belles allusions bien graveleuses sur les talents dits féminins :

- De " Va sucer Delanoe ! " lancé par un proche de Xavière Tibéri à Aurélie Filipetti, à
- " Il faudrait la marier à un parachutiste " clamé par Bigeard à Arlette Laguiller ou encore
- " Une femme n'a pas à être à la tête de l'état mais dans le lit de la République " dit par Jean Ueberschlag, Député-Maire UMP à l'attention de Ségolène Royale...

Bref les insultes et autres amabilités ordurières étant légion à l'égard des femmes, je vais m'arrêter là.
Les femmes que j'ai citées, sont connues.
Que dire de toutes celles, anonymes elles, qui chaque jour endurent ces grossièretés semblant être de l'ordre du normal en matière de défouloir pour maints tenants de la mâle attitude, ou qui s'en défendent ?
Je vous conseille pour en savoir plus, un petit livre sorti aux éditions du Cherche-Midi en 2007 et dont Alexandra Da Rocha est l'auteure : " Salope ! " ( titre du livre )

Il est vrai qu'un coup de colère peut aisément vous faire perdre ce vernis d'être civilisé, polissé, bien éduqué, estampillé bienséance de rigueur sous les ors de notre...zut...je ne sais même plus si notre pays est encore une république.
Pourtant, je suppose et j'aime à croire que les messieurs du Loiret dont je parle entre autres ici, le sont toujours, républicains.
Pour certains autres, j'ai déjà un début de réponse où le non s'impose.

Ah, ce fameux langage donc, dont se servent ces mâles élus pour ne pas reconnaître la présence de femmes dans leurs conseils.
Qu'ils soient municipaux, d'agglo ou généraux.

Ainsi un courrier est-il toujours adressé sous cette forme aux femmes élues :
- Madame le Conseiller Général,
- Madame le Conseiller Municipal,
- Madame le Conseiller Communautaire...

De même leurs cartes d'élues portent-elles le titre de Mme " l'Adjoint " à..., le tout délivré par la Préfecture du Loiret, et ce en complète contradiction, pour les uns comme pour les autres avec les circulaires de 1986 et 1998.

A tel point d'ailleurs que Noël approchant, je me demande si, nous autres femmes, ne pourrions-nous pas nous cotiser pour leur faire parvenir dans leurs petits souliers au pied du sapin ceci : "
Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions " aussi intitulé " Femme, j'écris ton nom...".

MERDUM, j'avais oublié que seul le Père Noël aussi a droit de cité.
Et jamais la Mère Noëlle.
Un aparté drôlatique dont ma petite fille de tout juste 5 ans me faisait part, il y a encore peu de temps.

Mais poursuivons.
Afin que chacun ou plutôt chacune ait un peu sa part dans cette affaire, notons tout de même des attitudes on ne peut plus falotes d'une toute fraîche élue européenne, suite à désistement d'un Ministre de l'Interieur et qui s'est écriée suite à une question d'un journaliste :
- " Je ferai ce que l'on me dira de faire, en bon petit soldat..."

Ben çà, si ce n'est pas de l'inconséquence ?

Pour ne pas dire une mauvaise surprise pour qui ne voulant certainement (?) pas être élue, s'est retrouvée parachutée sur une liste pour cause de "délit" de parité, sans jamais avoir jamais eu envie de  briller et encore moins d'être élue.
D'ailleurs, de ce côté-là, c'est silence radio depuis la dite élection par défection.
Bruxelles devant être à des années-lumière du Loiret, alors d'Olivet, on n'en parle même pas.

Toujours dans le même ordre d'idées, un autre exemple.
Rien à reprocher à cette Dame pour l'instant.
Elle ne peut en effet être tenue responsable des propos de son Député-Maire de mari, qui répondant lui-aussi à une question sur la probable candidature de sa femme sur une liste UMP aux prochaines régionales a cru bon de dire ceci :
- "Ma Femme est une grande fille, vous le lui demanderez...".

Personne, du moins dans la gente féminine, ne doutait que l'épouse du dit Député-Maire était une grande fille.
Nous étions toutes conscientes qu'elle était une Femme adulte, libre de ses choix, indépendante et certainement pas sous tutelle d'un époux.
Et d'expérience qui plus est, puisque son attachée parlementaire depuis le début de son mandat de Député.

Lui a-t-elle demandé son autorisation en ce cas, pour qu'il fasse pareille réponse ?
Ou bien, elle-aussi en "bon petit soldat", a-t-elle suivi toujours pour délit de parité une demande du parti politique de son époux ?

J'aime là-aussi, croire que cette Dame a plus de caractère que cela et que seul son mari ne peut s'empêcher ces vieilles attitudes paternalistes qui traînent encore autant que le virus de la grippe A H1N1, dans notre pays.
Seule différence et de taille, il n'y a pas encore de bureaux de vaccination pour immuniser ces messieurs et dames contre ce type d'attitude.

A cette liste non-exhaustive, je vous propose de rajouter et de consulter ICI ces offres d'emplois rédigées de façon clairement sexiste par la Mairie d'Orléans.

Mais passons à cet autre cas de figure qui est devenu comme une seconde nature.
Et tellement prégnant que l'habitude en devient détestable :
- Le baptême de nom de rue à Orléans.

Déjà en mars dernier, cinq noms de voies se sont vues attribuer cinq dénominations masculines.

Dernier conseil municipal en date du vendredi 27 novembre 2009 et ...Bis repetita !
A croire même que cette ville, ce pays : la France, ne se soient fait qu'avec des hommes et aucune femme !
La Pucelle n'ayant pas et pour cause, pucelage et bûcher ne faisant pas bon ménage, poursuivi sa "noble" quoique plébéïenne descendance.

Et ce sont encore cinq nouvelles voies orléanaises qui se voient gagnantes de la loterie la plus sexiste qui soit en matière d'attribution de mâles patronymes.

Cinq noms, deux anciens députés du Loiret, un peintre-sculpteur, un orfèvre et un polytechnicien.

Au niveau de la députation, il est vrai qu'il eût été bien incommode de citer un nom féminin.
En effet, la première femme Députée du Loiret, et ceci depuis même l'avènement du droit de vote pour les Françaises en 1944, vient d'être envoyée depuis à peine trois semaines à l'Assemblée Nationale.
Il aura fallu pour cela, et malheureusement pour lui, attendre le décès du titulaire masculin du poste !

Aucun effort de recherche donc pour trouver quelques noms féminins locaux, régionaux ou nationaux.

On exhume pour l'occasion, un Maître-Orfèvre du 18ème siècle, un Conseiller Municipal du 19ème, les trois autres étant des figures locales devenue nationales, tant du monde politique qu'artistique.

Aussi pour ne pas laisser la Mairie à sa dérive sexiste, les conseillers municipaux communistes ont proposé 4 noms féminins :
- Cécile Painchault et Marcelle Rivière, respectivement couturière et employée des postes, engagées dans la résistance, arrêtées, torturées et mortes toutes deux en déportation sans même avoir jamais eu le droit de vote.
En ces temps d'Identité Nationale, voilà qui est à verser au dossier.

- Olympe de Gouges, auteure de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, morte sous le couperet de la guillotine, elle qui avait proclamé que si une femme pouvait mourir comme un homme, elle pouvait aussi siéger à l'Assemblée Nationale.

- Et enfin, Simone Veil, Ministre de la Santé qui a défendu pied à pied la loi légalisant l'avortement en France.

Nombre de Femmes dont je suis, s'en souviennent.
Se souviennent aussi combien le combat fût rude, combien cette femme fût en butte aux remarques et insultes les plus détestables qui soient, issues pour la plupart du temps de son propre parti politique.

A l'heure où les attaques rampantes contre ce droit, cette loi se font jour, les dérives xénophobes au nom de la citoyenneté et de l'identité nationale, attaques contre les libertés individuelles sous couvert de sécurité, contre la République avec un népotisme certain, voilà qui rappellerait à toutes et tous, que rien n'est jamais acquis, qu'il faut toujours se souvenir des luttes menées par nos aînées.

Des hommes ont été à leurs côtés, parce que eux pensaient qu'elles étaient leurs égales.
Curieusement, dans cette ville, ce département, le silence devient assourdissant, même s'il semblerait que le nom d'Olympe de Gouges soit donné prochainement à l'ex centre culturel de La Poste  !

Il n'en reste pas moins vrai que notre Député-Maire, enrôlé dans la "Task Force" et chargé de défendre la réforme des collectivités territoriales, s'en retrouve par la même occasion à promouvoir un mode de scrutin uninominal à un tour pour cette élection qui aura pour conséquence de voir s'effondrer la représentation des femmes en politique, évidemment en premier lieu au sein des collectivités territoriales.

Selon l'observatoire de la parité entre hommes et femmes, la nouvelle assemblée territoriale verrait à peine 19,3 % de femmes élues contre 80,7% d'hommes.

Alors qu'est-ce qu'on fait ?
Wait and see ?

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Voice 01/12/2009 07:54


Tant que pour la fête des Mères, les cadeaux seront de l'électro ménager, et pour la fête des Pères, du matériel informatique ou de bricolage (je vais au plus court), tant que les magasins feront
toujours ce distinguo, ils révèleront aussi que nous sommes hélas encore dans une société patriarcale .....
Tant qu'un homme ayant plusieurs femmes sera un Don Juan et une femme avec plusieurs hommes sera qualifiée de salope...
Le pire, à mes yeux, est que certaines femmes trouvent toujours cela normal !
C'est aussi pour cela que certains hommes trouvent normal de les traiter comme des animaux, et les battent.
Soyons optimistes, nous ne sommes pas biologiquement égaux, mais mentalement ça le fait !
Les invalides de la cervelle sont nombreux dans la gente masculine (blonds ou bruns ....hum)
Merci Circé"


Circé 01/12/2009 08:27


Merci Voice, oui, il y a aussi tout cela, et cela passe inaperçue, et oui, les femmes aussi véhiculent cela.
On leur apprend depuis l'enfance.

Et ici, je ne parle pas, puisque le sujet est certains de nos élus et leurs comportements, des rayons de jouets en ces périodes d'avant-fêtes.

Rose pour les filles, Barbie, Poupées, accessoires ménagers, tenues de Princesse
Bleu pour les garçons, voitures, héros virils, construction...

A regarder de près pour constater.


Miguel 01/12/2009 01:26


A la place, on aura une rue Louis Lacave. Mais qui est louis lacave ? http://www.dailymotion.com/video/xbbzy2_connaissezvous-louis-lacave-y_news


Circé 01/12/2009 08:28


Comme toi, j'ai du regarder la liste, et je dois bien avouer que...
En tout cas, c'est fort drôle.
Merci à Corinne.


BR 30/11/2009 07:42


Madame LA blogeuse indispensable.

La femme souffre de mille appelations toutes aussi incontrôlées les unes que ls autres tant les hommes, ceux qui ont la parole, confonent encore, désir et possession, force physique et pouvoir,
testotérone et intelligence, …

Dans l'expression la plus avillissante à mes yeux, dire "Mademoiselle" dans l'espace des femmes adultes est une injure qui devrait relever de la hald et d'instances judiciaires.
C'est bas, c'est une étiquette qui affiche la date limite de vente, c'est une offre de ser-vice ou un camouflet majeur à la dame.

Les administrations sont en première ligne de cette dénomination avec les trois cases à cocher en début de questionnaire. Ajoutons damoiseau pour les messieurs non mariés pour équilibrer
l'indignité et nous verons la réaction des esprits forts devant un vocable aussi ridicule.

Bien à vous Dame Circé !


Circé 30/11/2009 08:18


Merci à vous BR, pour ce nécessaire commentaire éclairant un autre aspect effectif du sexisme ordinaire..


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