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06 Jan

Orléans, Adolphe Thiers, Louise Michel et La Commune.

Publié par Circé  - Catégories :  #Violences faites aux femmes, sexisme, machisme

 
Instaurer de nouvelles traditions pour demander raison.

En cette cité johannique où seule la pucelle semble être de l'histoire vérité, nous sommes quelques-un-e-s à avoir décidé de faire évoluer celles frelatées que l'on veut nous faire ingurgiter.


Le 25 juin 2010 dernier, avec cependant 4 semaines de retard sur le calendrier, nous avons été une trentaine de personnes en ce lieu rassemblées à effacer le sceau de l'ignominie, qu'en notre ville une rue portait pour commémorer comme il se doit le souvenir de La Commune.


Ainsi le nom de son abject bourreau en a été supprimé.


A compter de cette date, bien loin des fastes rendues à la pucelle, droit de cité a été accordé à une autre rebelle ayant pour nom Louise Michel, en lieu et place de l'infâme Adolphe Thiers.


Le souvenir de la Commune, porté dignement, a ainsi vibré à l'unisson.

Car étant celle qui cette année était chargée de l'évocation d'une personne emblématique de La Commune, le nom de Louise Michel s'était immédiatement imposé à moi.


Que cette année 2010 ait été déclarée Grande Cause Nationale dans la lutte contre les violences faites aux femmes, renforçait ma conviction que son nom se devait d'honorer l'une de nos rues.


Car quels exemples encore à tirer en 2010, près de 140 années plus tard de cette femme remarquable, alors que Nicolas Sarkozy continue sa politique délétère de démontage, casse et ruine méthodiques de tous nos acquis sociaux...


Et tout cela sous les bravos et les hourras de ses grands amis du Fouquet's , ceux qui grands patrons d'entreprises cotées au CAC40, n'ont jamais fait autant de bénéfices tandis que le reste de la population subit de plein fouet la crise financière et économique qu'ils ont déclenchée.


La complicité de ceux qui devraient se rebeller et prendre clairement partie pour le peuple au lieu de siéger en une instance internationale qui paupérisent les uns pour le plus grand profit des autres, n'arrange rien.


Et que dire du dernier scandale en date où pour les intérêts lucratifs d'un laboratoire pharmaceutique, un médicament potentiellement létal pour nombre de malades a continué de nombreuses années à être commercialisé ?


Le capital, c'est la peste, le choléra et la gangrène réunis de notre société : l'argent roi comme déité suprême au détriment de l'humain.


Et qu'importent les morts, du moment que des deniers sonnants et trébuchants se font entendre dans les escarcelles de ces malfaisants pilleurs de vie.


Louise Michel, elle, était d'un autre niveau.

Elle avait ainsi institué :

  • l'alphabétisation libre et gratuite, ouverte à tous sans distinction de genre,

  • la création de crèches dans toutes les entreprises reprises par les communard-e-s,

  • l'égalité des salaires entre hommes et femmes...

Je n'en aurais pas fini d'évoquer cette féministe engagée.


Et c'est ce que j'avais tenté de faire au mieux en ce soir du 25 juin 2010.


Cependant en toute fin de mon hommage à Louise Michel et à La Commune, je n'ai pu m'empêcher d'y adjoindre ceci :


" Communardes, Communards,


Si je suis ce soir, toute de noir vêtue, ce n'est pas que je fasse un mimétisme de mauvais aloi avec celle dont nous allons bientôt honorer cette rue de son nom, et ainsi laver l'affront qui depuis trop longtemps nous est fait !


Car c'en est assez que depuis des années, ce soit celui de l'ignominieux boucher de la Commune qui trône ici comme une insulte éructée chaque jour à la face du peuple .


Non .Ce soir, si je suis en noir, c'est que j'ai décidé de porter le deuil de nos droits et libertés qui sont de jour en jour réduits à une peau de chagrin.


De nos acquis sociaux que ce gouvernement de nantis détruit aussi chaque jour, mutualisant leurs pertes dans leurs jeux infâmes de financiers de haute volée, mais ne partageant rien de leurs bénéfices et dividendes. Et ce sont ceux-là qui viennent nous donner des leçons de solidarité et de partage !


Tout pour eux.

Pour les autres, pour nous, la misère et la désespérance...


Et en tant que femme, je porte le deuil de toutes mes sœurs qui en cette année de lutte contre les violences faites aux femmes meurent dans l'indifférence de ces gouvernants obscènes, malgré leurs belles promesses qui n'engagent que celles et ceux qui y croient....


Je porte le deuil de mes sœurs étrangères qui sont sous-citoyennes des sous-citoyennes que nous sommes déjà. Maltraitées, violentées, on leur retire leur titre de séjour et les expulse sans autre forme de procès. De victimes, elles deviennent coupables !


Je porte le deuil de tous nos droits des Femmes qui ne sont pas respectés.


De nos droits à disposer de nos corps, avec le retour des intégrismes qui veulent en avoir le contrôle, de notre droit à être payée comme nos homologues masculins. Toujours une vieille antienne, devenue rengaine, alors que dans les faits les lois n'étant nullement contraignantes, nous sommes en moyenne payées 27% de moins qu'eux.


Deuil de nos vies de femmes où la précarité et les conditions de travail précaire sont à tous les échelons organisés.


Deuil de l'éducation de nos enfants, sacrifiée sur l'autel de la rentabilité : une école pour les riches, et pour les autres la portion congrue dans le marasme le plus complet. Taillables et corvéables à merci, ce seront des gueux interchangeables pour les plus grands profits de ceux dénoncés ici.


Deuil de notre représentation en politique avec cette réforme des collectivités où la parité et les femmes y sont bafouées et méprisées. Nous sommes en politique comme dans cette société, sacrifiées sur l'autel du pouvoir et des ego surdimensionnés.


Deuil pour cette réforme éhontée et contre laquelle nous luttons, mais qui verra si on y met pas un terme les pensions des femmes encore plus misérables qu'à l'heure actuelle, alors qu'elles sont déjà inférieures en moyenne de 600 euros à celles des hommes.


Deuil de ces 8 millions de pauvres dont 85% sont des femmes...


Deuil pour toutes ces femmes qui ne peuvent prendre la parole et qui sont opprimées, ici en France, mais aussi dans cette humanité qui en manque singulièrement.


Mais...Si ce soir, je porte symboliquement le deuil, j'ai le rouge de la révolution en tête et au cœur.


Demain sera un autre jour.


La commune nous a montré le chemin.

A nous de construire cette autre société.

Celle où l'humain est au centre de tout, loin de leur argent-roi élevé au rang de nouvelle déité  ! "



Depuis la réforme des retraites a été imposée par ce gouvernement inique.


De même pour la réforme des collectivités qui enterre entre autres la représentation des femmes en politique.


L'an dernier cette rue avait porté trois semaines le nom de rue des « Fédérés, avant que les services de cette mairie ne s'en rendent compte.

Louise Michel aura tenu près de six mois.


* Pour toi Yves, qui en aurait bien ri !

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TourtauxjRacEc4ESTjIcd 29/01/2011 18:34



Circé, merci!



Circé 29/01/2011 21:34



Jacques , pas de quoi !



TourtauxjRacEc4ESTjIcd 28/01/2011 22:39



Quand tu auras un instant, tu jetteras un cil, ton article est commenté.


 



TourtauxjRacEc4ESTjIc 28/01/2011 18:03



Merci camarade!


Sauf imprévu, ton bel article restera à la UNE de mon blog jusqu'à demain matin.


Malgré mes lacunes en informatique, je ne sais pas mettre les vidéos, mon site est très référencé.


Fraternellement.


Jacques



Circé 28/01/2011 21:56



Jacques,


Je te prépare un petit mode opératoire pour mettre tes vidéos en ligne et je t'envoie cela par mail.


Merci pour le relais de ce billet.



TourtauxjRacEc4ESTjIc 28/01/2011 16:44



Je ne suis pas un crack de l'informatique, ce qui explique peut-être cet échec qui arrive souvent.



Circé 28/01/2011 16:49



Jacques :


Il te suffit de faire un copier-coller du billet, photos comprises et de faire ensuite comme tu le fais pour faire paraître ton billet.



TourtauxjRacEc4ESTjIc 28/01/2011 10:31



Je viens de publier ce bel article mais, je suis désolé, je n'arrive pas à mettre les photos. Je suppose que Circé est sur la dernière photo,



Circé 28/01/2011 16:33



Jacques :


Oui effectivement, je suis de cette dernière photo.


Il me semble pourtant qu'avec un simple copier-coller, les photos peuvent être mises. Mais je ne connais pas effectivement le procédé que tu utilises pour le publier ( le billet )



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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "