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04 Dec

L'Odyssée des "Elles" chez "Elle".

Publié par Circé  - Catégories :  #Femme, Société et politique

 

  En Cenabum, le ciel est aux couleurs poivre et sel en ce jeudi matin 02 décembre. Et nous sommes deux à le scruter avec inquiétude. Voûte sombre et abaissée, le voici chargé de ces lourds nuages qui, à n'en pas douter, ne vont pas tarder à libérer de leurs flancs gonflés, ces myriades de flocons duveteux et voltigeant.

 


Ma fille est maussade. Elle craint à chaque instant que j'annule notre voyage à Paris où nous devons nous rendre, et plus précisément à la cité de l'architecture. C'est là que doit être remis ce soir, le grand prix des blogueuses « Elle » 2010, et le mien ( de blog) a été sélectionné dans la catégorie « société ».


C'est la seconde année consécutive que je suis ainsi retenue, à mon grand étonnement. Wikio était jusque là, associé à « Elle » pour sélectionner des blogs dans différentes catégories. Pour ma part, j'ai décidé en début de cette année, de ne plus y être inscrite : la course aux liens, aux billets à faire en nombre ne m'intéresse pas. Pas le temps, pas l'envie...N'écrivant justement qu'au gré de mes envies, oscillant entre billets militants et engagés et plus personnels.


Il semblerait que cette année, « Elle » ait choisi un autre mode de sélection et me voici ainsi invitée à cette soirée remise des prix à laquelle j'assisterai en compagnie de ma plus jeune fille.


16h30 : le ciel est toujours en mode status quo. La mythologie me fait un clin d'oeil. Amusant que «Circé» et sa fille décident ainsi de partir en errance, comme en odyssée. Nous voici en gare d'Orléans : navette direction les Aubrais.

 

Notre train est en attente sur l'autre voie lorsque nous accostons en gare de Fleury. Notre périple s'annonce apparemment sous de bien meilleurs auspices que redoutés. Petit bémol cependant, le train est bondé, certain-e-s effectueront tout le trajet debout.

Les paysages défilent. L'étendue blanche et glabre des champs enneigés hypnotisent les regards. Des lapins y font les fous, tandis que des chevreuils tentent du sabot de gratter la terre pour y brouter une hypothétique nourriture non gelée.


Etampes s'annonce déjà, le manteau blanc s'estompe avant de disparaître définitivement à l'approche de Paris. Aucun retard. Métro : lignes 10 et 6. Ma fille est stupéfaite de voir apparaître la Tour Eiffel dans la portion aérienne de la ligne 6. Ce n'est pas une parisienne. Le Trocadéro n'est donc pour elle qu'une station de métro avant qu'elle ne s'intéresse à la « géographie » de la Capitale via ses monuments.


Et bien évidemment ce sera sa première photo, car à partir de cet instant et jusqu'à pratiquement notre retour, c'est elle qui jouera la « paparazzi ».


Cité de l'Architecture .

Je retrouve à l'accueil Olympe, Luciamel, Polluxe rencontrées l'année passée. Nous nous sentons encore et toujours un peu en décalage, question d'âge ? Sans doute, mais pas seulement. De fort sympathiques rencontres vont nous dégager de ce premier ressenti.


Par l'intermédiaire de Sandrine tout d'abord, d' « A dire d'Elles » qui a fait de cette soirée des photos malicieusement décalées, et de deux toutes jeunes femmes qui tiennent, elles, des blogs autour du sport : « Entrées en lice " , et « Femme de joueur ».

Clara, quant à elle continue à officier .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis la remise des prix commence.

Olympe, que je vous invite à découvrir pour celles et ceux qui ne connaissent pas son blog sera la lauréate de notre catégorie. Prix pour ma part, fort mérité ! Place maintenant aux petits fours qui nous attendent. Variétés de couleurs et de saveurs et Ô surprise le champagne qui se boit à la paille dans une bouteille de 20 cl...


C'est paraît-il de la dernière mode. Bon, un peu dommage pour ma part, mais si c'est tendance ? Evidemment, il faut que je me fasse remarquer, la seule à avoir une paille qui tombe en perdition au fond de la bouteille sans moyen de la récupérer , hum, hum...c'est moi . Faute de goût ou pas à ma place ? Sans doute les deux.


Les discussions fusent maintenant sur tout et n'importe quoi, s'enchainent, s'entrelacent ; pourquoi pas de blog féminin sur le cinéma, et le sport ? le féminisme, la politique...Bref, la soirée avance et nous finissons à une vingtaine dans l'un des nombreux restaurants tout proche.



Dernière photo cependant avant de quitter les lieux : illusion d'optique où ma fille m'apparaît comme suspendue dans tout ce rouge...


Etonnements des serveurs qui voient ainsi arriver en nombre des femmes.
Commandes passées rapidement selon les envies ou non de chacune. Salade, chèvre chaud pour ma part et pour ma fille, ce sera...çà !

Une crèpe qui baigne dans son chocolat.

Plus très faim d'un seul coup. Tandis que les conversations s'entremêlent dans un joyeux brouhaha, l'heure avance . 22 H, nous ne jouerons pas aux Cendrillons de service. Il y a bien longtemps que j'ai expliqué à mes filles ce que ce genre de contes signifiait dans la réalité.


Cependant, si nous voulons prendre notre train à 22h52, il nous faut tout de même envisager sérieusement de prendre le chemin du retour. Après avoir payé notre addition , adressé un « au-revoir » à la cantonade, échangé un dernier numéro de téléphone, nous voici de nouveau dans le métro .


Ma fille est maintenant lasse. Elle regarde souvent son portable pour vérifier l'heure. Il est vrai à sa décharge, qu'il ne nous faudra pas tarder dans les couloirs du métro si nous voulons être dans les temps.


22h47, pile ! Nous sommes dans le train et heureuses d'y être. Le contrôle sur les quais comme d'habitude a été franchi avec toujours cette même interrogation. Pourquoi une telle mesure, le soir venu ? Mais bref, nous voici installées alors que le haut-parleur crachouille un message quasi hilarant, si ce n'était aussi désespérant :

- «  En raison d'un manque de disponibilité de locomotive, notre train ne partira pas à l'heure, un retard d'environ 25 minutes est à prévoir.... »



Quand on veut tuer son chien, on prétend qu'il a la rage, et pour tuer le service public, on le désorganise pour mieux ensuite le stigmatiser ! Pour l'heure, ma fille visiblement s'en moque. Elle s'installe confortablement, couvre son visage – mais comment fait-elle ? - avec son manteau et...s'endort en moins de 5 minutes.


Le retard ne prendra pas plus de...« retard ».

Nous quittons donc Paris vers 23h20. Le train roule correctement jusqu'à Etampes que nous dépassons sans encombre. Cela se corse moins de 15 petites minutes plus tard. Nous commençons à ralentir d'abord imperceptiblement, puis sérieusement en roulant quasiment au pas pour finir par nous arrêter en rase campagne.


Le spectacle à l'extérieur est le même qu'à l'aller. Blanc, quoiqu'il semblerait que la surface soit lissée. J'ai beau tenter de fouiller les ténébres extérieures du regard, je ne vois rien. Le train redémarre au pas, s'arrête une nouvelle fois pour quelques minutes, repart, dépasse Artenay et son usine d'extraction de sucre à betteraves, s'immobilise...


Bref ce ne seront pas moins de 4 arrêts avant que d'arriver à Fleury. Il est près de 1H du matin. Le quai est recouvert d'une nouvelle couche de neige qui dissimule la précédente. Du ciel tombent en rangs serrés des flocons cotonneux et laineux. En quelques instants nous en sommes recouvertes.

 


 

De nouveau la navette et la gare d'Orléans. La giboulée de neige redouble d'intensité.J'avais prévu, compte tenu de l'heure tardive à laquelle nous devions rentrer et surtout du fait que ma fille m'accompagnait de prendre un taxi pour le retour. Il est vrai qu'en Cenabum, passé 21H, si vous n'habitez pas sur le trajet du tram qui ne couvre qu'un quart de la desserte de notre agglomération, plus de transport en commun.


J'appelle une première fois la station taxi.

Après l'un de ces messages qui vous prévient menaçant que votre numéro de téléphone est enregistré et vous demande ensuite de patienter, la communication est coupée!

Nouvel appel qui aboutit cette fois-ci - passé le message obligé du robot débitant la même rengaine que précédemment - à une standardiste .
Patience me dit-elle, elle m'envoit de suite un taxi ...

10 minutes se passent, 15 minutes. L'endroit n'est pas des plus accueillants sous cette place d'Arc qui est la tête de station de taxi en gare d'Orléans. Deux personnes sont là, comme nous, en perdition. Passé le quart d'heure, je rappelle : robot, attente, communication coupée ! Je réitère passablement agacée mon appel, ma fille suspendue au bout de mon bras.


Même attente et de nouveau la standardiste qui bredouille un :

-  " S'il n'y a personne c'est qu'ils sont occupés... »,

auquel je réponds immédiatement qu'il vaudrait peut-être mieux m'annoncer que je ferais mieux de rentrer à pied, si les chauffeurs de taxis sont tous «  occupés »... Ce qu'elle me confirme par un :

- " Il vaudrait peut-être mieux en effet, que vous rentriez à pied ... »



Conditionnel de rigueur pour ne pas me dire qu'aucun taxi ce soir n'est de sortie. Ironie du sort, je viens de refuser de monter dans un véhicule "sans licence" !
Bref, nous partons donc bras dessus, bras dessous, ma fille et moi, et la neige continue de tomber drue !

Elle pénètre dans nos narines, s'insinue dans notre cou, couvre nos cheveux d'une couche qui immédiatement les enserre et forme casque. La neige tassée et verglacée qui s'est accumulée sur les trottoirs qui n'ont pas été dégagés depuis le début de la semaine, est recouverte d'une nouvelle pelisse blanche.


Pas question de s'y aventurer. Seul le milieu de la route nous semble praticable et fort heureusement nous ne croiserons que 6 véhicules sur les 4 kilomètres qui nous séparent de notre domicile .


A de nombreuses reprises nous secouerons la couche épaisse qui nous recouvre rapidement. Mais en quelques instants tout est à refaire. Rond point Bourgogne .

 

La statue de Charles péguy au fond à gauche donne une idée de l'aspect que nous pouvons avoir. Mais nous poursuivons, nous sommes aux deux tiers de notre parcours. Faubourg Bourgogne.


Une voiture s'arrête à notre hauteur. Un homme nous propose gentiment de nous ramener. Hormis que nous ne sommes plus très loin de notre point d'arrivée, je refuse son aide. Notre quartier, à la nuit tombée est un lieu de prostitution. Tous les habitants le savent, notre municipalité aussi.


Mais elle préfère déplacer le problème sur les extérieurs plutôt que de trouver des solutions autres ; prévention de la prostitution, protection des femmes... Elles, les femmes prostituées, sont soumises à l'amende, leurs clients ? Rien …


Il nous est arrivé par deux fois de voir des femmes arriver dans notre résidence en courant alors qu'elles avaient été frappées et violentées par leur « client ». Mais j'aborde là un sujet toujours aussi épineux et douloureux, tant cela me heurte de voir combien notre société se fout de cette problématique : la marchandisation des corps ayant lieu à toute heure du jour et de la nuit de bien d'autres façons, via la publicité notamment, mais pas seulement...


02H du matin, nous voici enfin arrivées. Ma fille a à peine la force de secouer la chape neigeuse qui la recouvre. Elle se déchausse rapidement, se déshabille aussi vivement. Elle trouve au passage qu'il fait bien chaud à la maison, bien que la température ne soit que de tout juste 18° .


Il est certain que la différence de température entre intérieur et extérieur est notable et que passer 1h à marcher dans ce tourbillon neigeux, venteux, rigoureux n'est pas une valeur-référence en matière de température agréable. Ceci expliquant sans doute cela.


Elle se coule rapidement sous sa couette. La porte est tout juste refermée que je la sais déjà entre les bras de Morphée. Moi ? Curieusement, je n'ai pas envie de dormir.


Je ferme les volets de ma chambre et ne peux m'empêcher de remarquer la gangue transparente de glace qui emprisonne le filin d'acier. Filin qui permet en temps normal à l'eau de s'écouler de l'étage supérieur, en cas de pluie, sans qu'il y ait giclements et éclaboussures.


 

 


Mes sphynx, quant à elles, ronronnent en se frottant à mes jambes, attendant impatiemment que je me couche enfin, histoire de se glisser au pied de mon lit entre couette et couverture chaude que j'ai rajoutée. Ce qu'elles font bien vite dès que je m'allonge, roulées en boule l'une contre l'autre.

C'est fort tard que je m'éveille.

 

 

Ma soirée « Elle » ? Le prix ? Quelle importance ? N'était-ce pas être déjà reconnue que d'être retenue, citée et de pouvoir se rencontrer et s'enrichir de notre diversité ?


Alors, ma soirée « Elle, et bien je l'ai passée avec « ELLES » et nous sommes bien plurielles !

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Polyb 11/12/2010 22:31



Tu peux compter sur moi !


http://dai.ly/cqYACJ



Polyb 11/12/2010 22:01



Ben voui, il était plus d'une heure du matin, et alors ?





Je fais la route à cette heure-là très régulièrement le vendredi, alors pourquoi pas un autre jour quand il y a besoin ?


Non mais !






Circé 11/12/2010 22:08



Bon, je sens que je vais me faire enguirlander très bientôt, et autrement que via le blog



Polyb 11/12/2010 20:15



Hé, dis, hé, toi ! (Je découvre tout juste tes billets, je  ne touche plus terre en ce moment.)


Tu ne crois pas que tu aurais pu nous appeler ???


Nous avons des pneus hiver, et n'avons pas du tout souffert des conditions météo pour maintenir notre voiture sur la route, malgré nos 30 cm de neige et le verglas qui a suivi.


La prochaine fois, je te harcèlerai pour m'assurer que tu penses à nous pour te ramener.


Il était tard ? Et alors ? Mieux vaut tard que piétonnes sous la neige la nuit !



Circé 11/12/2010 21:42



Steph :


Mais il était plus de 1 heure du matin !!!


Sincèrement tu crois que j'allais te déranger ? Ce chemin nous l'avons fait des centaines de fois, puisque passé 21 h plus aucun bus pour rentrer chez nous. Il est vrai que ce n'était pas sous
une averse de neige, mais nous n'en sommes pas mortes. Et comme me l'a dit JPM hier fort humoristiquement hier avant le grand bucher : " C'est çà la gloire, on croit partir pour conquérir la
capitale, et finalement au retour c'est la retraite de Russie et la Bérézina !!!


Tout notre JPM et j'en ai bien ri !



Gabrielle 05/12/2010 19:06



bonsoir Circé, quel périple!


le décalage dont tu parles, Marie-Laure (Femme de joueur) et moi l'avons ressenti également. Nous en avons beaucoup ri, lorsque nous comparions notre tenue à celle d'autres blogueuses présentes à
la soirée, et lorsque nous nous sommes aperçues que le champagne se buvait à la paille...


nous en avons déduit que lorsqu'on blogue sur le sport, on ne fait pas partie du même monde que celui qui se presse à la soirée ELLE!


qu'à cela ne tienne puisque nous avons fait de très sympathiques rencontres!



Circé 05/12/2010 20:19



Gabrielle :


Nous avons toutes nos univers. Etre femme participe de celà. des facettes multiples, différentes selon nos âges, nos vies, nos progressions. J'ai aimé, bien que le sport me rebute - expériences
personnelles assez désastreuses - vous entendre en parler.


Le champagne à la paille m'a aussi beaucoup étonnée. Mais déjà l'année dernière, Olympe, Polluxe et moi-même nous sentions en décalage, tout simplement à cause des catégories qui ne nous
correspondent pas ou plus ( Maman - je le suis mais dorénavant grand-mère- beauté, mode...)


Et puis, je ne sais où vous demeurez, mais je crois que pour la plupart, vous êtes parisiennes ou de sa proche banlieue, moi provinciale.


Il y a aussi ce décalage pour moi, sans compter que je traite aussi de politique puisque je suis engagée et encartée, et que bien entendu, cette composante là, était aussi fort peu représentée.


Mais il est amusant de se rendre compte qu'à un moment "x" de sa vie, nous avons été, sommes, serons un peu comme l'une de celles qui étaient parmi nous.


Ravie et enchantée d'avoir fait votre connaissance à toutes les deux et continuez, persévérez.



zouzou 05/12/2010 17:35



C'est toujours un plaisir de vous lire et en plus les photos sont sublimes les elles font aussi bien que Elle.


Ayant fait la navette entre Orléans et paris tous les jours pendant 4 ans; j'ai toujours eu un train  pour arriver et revenir du travail..


C'est vrai qu'il y a du retard ect, mais ce qui énerve les voyageurs c'est le manque d'informations, c'est toujours impossible de savoir pourquoi et comment....


Mais boff hein c'est la vie et pis une fois à la maison, on à oublié..


 



Circé 05/12/2010 20:22



Zouzou :


Les photos ont pratiquement toutes été prises par ma plus jeune fille. Les problèmes à la SNCF ne vont pas s'arranger, mais au contraire s'amplifier, la politique du 1 fonctionnaire sur deux non
remplacé y fait rage là-aussi, les investissements qui ne vont que pour les lignes TGV laisant les autres à l'abandon, et puis la privatisation en ligne de mire.


Tout est prêt pour signer la mise à mort de ce service public.



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