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15 Nov

Identité Nationale ou Racines ? (II)

Publié par Circé  - Catégories :  #Histoire, Immigration, Identité Nationale

Mon sang impur donc, que j'aurais souillé, et le présent, le sort de la mère Patrie à l'identité que l'on voudrait bien incertaine puisqu'il nous faudrait donc dorénavant la définir, lui attribuer les canons de la France Française !

Métissé, abâtardi le sang qui coule dans les veines de mes filles ?
Mais dans le mien, quel est-il ?

Je parlais précédemment de deux billets.
Le premier avait été écrit dans un contexte de travail de classe que devait effectuer ma plus jeune "Poussinette".
Le second est celui que j'avais dédié à sa soeur aînée "Gazelle" à l'occasion de ses 13 ans.

J'y posais déjà en préambule cette question :
L'Amour a-t-il une couleur, une frontière, une nationalité, une préférence "nationale" ?

                                                           ---------

" Mon amour, mon enfant,
Ma colombe, ma tourterelle,
Ma source de joie,
Mon inquiétude et mon tourment,
Ma beauté, mon adorable jouvencelle,
Déploie tes ailes de velours
Et sèche ton plumage immaculé à l'aube de tes treize ans.

Ta frimousse espiègle de petite fille a fait place à un visage juvénile et gracieux.
Seuls ta moue boudeuse et tes grands éclats de rire subsistent.
Ta prunelle dorée, parfois zébrée de tes jeunes colères éclaire la douce amande de tes yeux.
Ta bouche aux lèvres délicatement ourlées sont des fruits pleins de promesse, au voleur qui bientôt chapardera ton premier baiser.

Ma belle, ma gazelle, ta peau ambrée résonne de l'étrange mélopée du tam-tam africain au soir d'une journée de fête.
Elle proclame ton entrée dans le monde des femmes.
Petite-fille de roi, fille de prince n'oublie jamais tes racines.
Celles qui vibrent en toi.

Ton sang est fait de la poussière de la terre d'Afrique.
Du rugissement du lion dans la savane, de la cavalcade des gnous rejoignant le point d'eau pour s'y désaltérer, de la course bondissante des gazelles tentant d'échapper au léopard véloce, du rire sarcastique de la hyène voleuse, du guet patient de la lionne chasseresse, du troupeau majestueux des pachydermes à l'ivoire étincelante, des grands singes à la force herculéenne...

Ton grand-père, en des rites mystérieux convoquait tes ancêtres et présidait à la destinée de sa tribu.
Sa sagesse était renommée, ses décisions honorées.
De tous, il forçait le respect.

Mais ta silhouette gracile à l'égale d'une fragile tanagra tintent aussi de tes ancêtres venus du pays minier du nord de la France, des fileuses de coton de l'industrie textile, de l'émigrée italienne fuyant sa province miséreuse, du poseur de rail flamand participant à l'édification de notre réseau ferroviaire, du journalier corse vaquant de village en village en quête de précaires moyens de subsistances, de ton arrière grand-père, petit télégraphiste qui dès l'âge de 12 ans sillonnait les rues de Paris pour délivrer les plis qu'on lui confiait.

Et de tous ceux que tu ne connais pas encore et dont je te révélerai l'histoire.
Aucune loi alors ne défendait leur statut de travailleurs.
D'eux sont nés des syndicalistes, résistants, militants engagés refusant l'iniquité, la dictature, la tyrannie, la domination des plus forts exercée sur les plus faibles.
Eux ont lutté pour la liberté, l'égalité, la fraternité entre tous les peuples.
C'est de la croisée de tous ces chemins dont tu es issue.

Mon enfant, mon bijou,
N'écoute pas les sirènes audacieuses de ceux qui t'appellent :
-"Ma soeur...Cousine...", te faisant croire qu'ils ont droit sur toi.
Ces lourdauds irrespectueux ne voient que ton agréable physique, ta taille élancée, la courbe harmonieuse de tes reins cambrés, ta poitrine menue aux tétins dardés.
Ils utilisent ta délicieuse couleur pain d'épices comme un sésame à tous leurs désirs.

J'ai peur qu'un de ses balourds, customisé comme un tracteur de labour, possédant la grâce d'un néanderthalien primitif à l'esprit aussi vif et fécond qu'une terre stérile ne te blesse, ne t'éteigne.

Vole, mon enfant, papillonne, butine avant que de te poser.
Rayonne de ta pleine jeunesse.
Resplendis de ton éclat intérieur.
Fais toujours retentir tes rires comme d'immenses carillons joyeux.
Que ta vie soit belle, douce et chaleureuse.
Répands ce concentré de bonheur autour de toi !

Sois citoyenne et consciente.
Comme au soir d'avril 2002 où tu as pleuré en voyant s'afficher le visage de l'ignoble sur l'écran de notre téléviseur.
Lui n'a jamais caché ses idées.
D'autre ratisse dans cette poubelle abjecte aux effluves pestilentielles.
Toujours, il te faudra être vigilante.

L'honneur de tes ancêtres, de ta famille, c'est dans la diffusion des valeurs des lumières et de l'humanisme que tu le porteras.
N'abdique jamais devant ceux qui voudraient te faire croire que ton statut de femme te rend inférieur à eux.

N'accepte aucune prison fût-elle dorée .
Ni le joug d'un voile qu'il soit de soie, de dentelle ou de toute autre étoffe qui dénierait ta féminité.
Elle transformerait ton allure souple et féline en une pauvre et misérable chauve-souris prisonnière de sa geôle de tissu.

A ceux qui ne supporteraient pas ta beauté, je répondrai :
-" Si vous n'avez pas la force de vous détourner, vous qui vous prétendez forts, voilez votre face, aveuglez vos yeux et passez votre chemin. "

Khalil GIBRAN, admirable poète libanais dont tu découvriras un jour les textes disait :

-" ...Tes habits dissimulent beaucoup de ta beauté, mais ne cachent pourtant pas la laideur.
Bien que tu cherches à travers eux la liberté de la discrétion, tu risques d'y trouver un harnais et une chaîne.
J'aimerais que tu puisses saluer le soleil et le vent avec plus de peau et moins de vêture.
Car le souffle de la vie bouge dans le rayon du soleil, et sa main dans le vent...
Et n'oublie pas que la terre s'enchante de sentir tes pieds nus, que le vent aspire à jouer dans tes cheveux."

Petite fille, le jour où devenue femme tu feras ton choix :
Que celui qui sera doux à ton corps, le soit aussi à ton coeur et à ton esprit.
Que toujours il te respecte.
Et que de la petite flamme que j'ai allumée, il fasse de toi, par son amour, une flamboyante torche source de toute vie.

Et moi, ta mère-louve, la matriarche, au sein de laquelle tu t'es abreuvée de la sève nourricière, au soir de ma vie, dans la nuit ombreuse nimbée de l'astre lunaire, je veillerai et clamerai votre appartenance au clan des hommes libres.

Bon Anniversaire Ma Fille, Mon Enfant."

Identité Nationale, Racines et si maintenant on parlait vie quotidienne ?

                                                                                                          .../...
Commenter cet article

Polyb 17/11/2009 12:21


Tu résumes assez bien !

Nous sommes passés de l'autre côté du miroir et nous retrouvons avec toutes nos valeurs chamboulées.

Le souci, comme dans toutes ces histoires de science-fiction, c'est de retrouver "la porte" qui nous ramènera dans le pays où nous habitions... et ça, c'est pas gagné.

Il va peut-être falloir patienter quelques épisodes avant d'entrevoir un dénouement heureux...


Circé 17/11/2009 12:27


Alors cherchons vite cette porte et sans attendre ceux qui se regardent' eux, dans le miroir sans chercher une issue réelle.


Polyb 16/11/2009 23:34


Hé oui !
Suis-je française, ou ne suis-je rien ?
Née en France de parents français nés à l'étranger, que faire si Nantes ne fournit pas les attestations demandées à leur sujet ? Ne plus avoir de papiers, et devenir à mon tour une sans-papier...
Française je me croyais, Française je ne serais donc plus ?
Et mes enfants ? Que deviennent-ils ?
Quel mic-mac invraisemblable.
On appelle ça la France selon Sarkozy.
Un bien gros mot !


Circé 17/11/2009 11:28


Je ne suis pas sure que ce soit la même France dont nous parlons toutes les deux.
Parfois, j'ai l'impression d'être dans un film de série Z parlant de fantastique et qu'en fait ce que nous voyons, constatons chaque jour est une sorte de France en négatif que l'on voit de l'autre
côté du miroir, du pire que l'on oserait imaginer.


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