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15 Nov

Identité Nationale ou Racines ? (I)

Publié par Circé  - Catégories :  #Histoire, Immigration, Identité Nationale

Question ? Interrogation Nationale ou bien Réécriture de l'Histoire de nombre de citoyens vivant sur le territoire " France " ?

Ainsi ce serait une problématique majeur, un enjeu vital pour la majorité de ceux qui sont, se sentent citoyens français et pourtant ne le seraient pas au regard de certains.
De qui ? Comment ? Pourquoi ?
Entre chasse aux faciès, aux colorés-basanés, tous ceux que la droite extrême au pouvoir rejette avec vigueur, voici donc une nouvelle brêche ouverte dans l'indignité nationale.

Je me souviens de deux billets que j'avais écrits il y a déjà de nombreux mois.
Bien avant que le tenant de notre Ministère de la Honte "bessonnise" et lance ce leurre inavouable de l'identité nationale.

Sans doute pour tenter de masquer sa responsabilité pleine et entière, de se trouver des alibis dans sa mise en oeuvre zélée d'une politique incroyable et ignoble à bien des égards de chasse aux sans-papiers.
Quitte à les fabriquer.
Quitte à les expulser vers un bout du chemin où seule la mort les attende.

Identité Nationale ? Histoire Nationale ? Histoires Individuelles créant une Nation ?


Quel est donc cet infâme salmigondis où un drapeau, un hymne fondraient notre identité ?
Références réductrices que l'on voudrait nous voir ingurgiter sans broncher.
A
vec à la clé, d'autres références sordides dans le questionnement, ramenant même à une partie de notre histoire, la plus inavouable de notre Pays.


Voilà plusieurs jours, mois, années que cela me pèse.
Que je sens crescendo venir le pire.
Mais sans doute dois-je éclairer mon ressenti, mon opinion.
 
Voici en partie le
premier billet auquel je faisais référence précédemment, qui pose quelques jalons et à l'issue duquel je me pose déjà ces questions :
Ma fille est-elle française ?
Le suis-je encore ?
Ai-je souillée d'un sang impur une "identité" française pour les mille ans à venir?

" Quel parent n'a pas eu à "plancher "avec son enfant sur ce devoir destiné à repérer celui-ci dans une fratrie, une famille, une histoire, un continent, un temps universel...

De quoi vous donner le vertige et pour certains comme nous, d'y perdre un peu son latin, son français, son lingala, son berbère...
Bref, je veux parler de l'arbre généalogique !


Ainsi donc ma dernière-née est venue dans le courant de l'année scolaire écoulée, me demander quelques informations et éclaircissements sur sa famille.
Ceci afin de combler les cases déjà tracées sur un document donné par son institutrice, pardon, professeur des écoles pour constituer un début d'arbre généalogique.

Et là, perplexité, complexité et cruel dilemme...
Peu de cases, bien trop peu.

Devait-on se contenter de remplir ces cases prétracées au risque de tronquer en toute impunité son histoire ou même qu'elle n'y figure pas ?
Ou bien devait-on sur une autre feuille infiniment plus grande et plus drôle l'inscrire dans une histoire moins réductrice que Papa-Maman, un frère, une soeur et deux grands-parents de chaque côté ?

De deux "maux", nous avons bien évidemment choisi celui de la vérité.

Elle nous a coûté en temps, explications, tracés, noms, dates de naissance, mais aussi nous a procuré un réel plaisir, un peu narquois je dois l'avouer, en imaginant la tête de son instit à la lecture de notre oeuvre tant calligraphique qu'architecturale.

Donc commençons par le début, mais qui est aussi la fin puisque nous remontons le temps, c'est à dire la position de ma fille dans "Sa" famille.

Elle est mon septième et dernier enfant.
Quatre cases à rajouter aux trois pré-existantes (ah...les normes...), pour y inscrire son prénom et sa date de naissance et y noter aussi consciencieusement les prénoms et dates de naissance de ses frères et soeurs aînés.

Mais, aïe...Complications !
Si Maman est bien la maman de tous, Papa lui n'est le papa que des deux dernières.

Une encoche supplémentaire pour pouvoir le créer en tant que tel.
Ce qui est vite fait.
Et puis, zut, papa est remarié, il a donc une nouvelle épouse .

Nouvelles encoches, bien entendu pour pouvoir y inscrire le prénom de sa belle-mère qu'elle aime beaucoup, mais aussi celui de son petit frère adoré, issu de cette union.
Travail effectué derechef.

Et de nouveau zut et re-zut, où inscrire le prénom de sa grande soeur qui vit sur le continent africain, premier enfant de son papa issu d'une précédente relation ?
Deux autres encoches règlent le problème, même si un premier décès y est inscrit.
Sa grande soeur a perdu sa maman.

Voilà, dans un premier temps pour la branche paternelle, avant que cela ne se corse un tout petit peu plus tard quand ses grands parents vont devoir apparaître.

Mais il faut d'abord revenir à la base et régler le problème du père de ses cinq frères et soeur ainés.
Un prénom et un nom, mais aussi une nouvelle case : Il est remarié !

Et comme maman l'est aussi, encore une création pour indiquer l'état civil de son beau-père.
Vous suivez ? Soufflons un peu, avant les cases grands-parents.

Trop peu, encore beaucoup trop peu de cases !

Pour maman, pas de problèmes : les prénoms de ses parents sont vite notés dans les cases adéquates. Mais papa ? Comment faire ?

Le grand-père paternel de ma fille est un chef coutumier qui vit toujours, mais sur le continent africain.
Il y est le père de 13 enfants et mari de trois épouses.
Le père de ma fille est si je ne me trompe, son septième enfant, mais le premier de sa seconde épouse.
Ma fille a donc voulu rajouter deux cases à celle existante pour indiquer les prénoms de "toutes" ses grands-mères.

Puis elle a aussi indiqué les prénoms des grands parents paternels de ses cinq frères et soeur aînés.
Enfin, elle a tenu à noter les prénoms des parents de mon compagnon qu'elle connaît et aime profondément.
Et ils le lui rendent bien.

Il nous a fallu deux feuilles pour rendre ce travail .
Ma fille a tenu à l'expliquer à toute sa classe.
Car en matière d'amour, il n'y a pas de limite, ni de règles pré-établies.

Les rencontres se suivent, s'arrêtent, font souffrir et puis quand tout s'aplanit, c'est de l'amour et de la tendresse supplémentaires qui s'ajoutent et ouvrent l'horizon...

Mes deux dernières filles ont cette chance.

Elles savent qu'elles sont aimées par leurs sœurs et frères aînés, leurs parents, beaux-parents ainsi que leurs grands-parents légitimes et de coeur. "...

 

                                                                                              .../...

Commenter cet article

zouzou 15/11/2009 15:55


Bravo circé, pour cette trés jolie famille!!!!! 


Circé 15/11/2009 15:59


Merci Zouzou.


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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "