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23 May

Du Prisme déformé de l'Actualité.

Publié par Circé  - Catégories :  #Désinformation et Politique

Il est des colères que l'on ne peut apaiser.

Sans cesse renouvelées par une actualité, dont parfois il nous faut être en retrait pour tenter de nous en "préserver".


Qu'une jeune femme, policière municipale de son état soit victime d'un froid et lâche assassinat, et voici qu'un chef d'état récupère la douleur d'une famille .


Être aux premières loges du malheur, s'en servir pour asséner des vérités déformées, rassurer une corporation dorénavant éxécrée qu'elle soit municipale ou nationale, en lieu et place du nécessaire respect qu'elles devraient inspirer.


Le moindre des paradoxes est qu'il en est la cheville ouvrière de cette détestation populaire. De lois sécuritaires, iniques à plus d'un titre, donnant aux uns tous droits en les autant aux autres, de fichiers en base de données où l'enfant de 13 ans, pas encore délinquant, sera indexé jusqu'au moindre opposant, à la couleur ou à l'orientation sexuelle jugée, malgré la loi, maladive, voici que nous en arrivons à trouver au convoyeur-détourneur de fonds, une âme de Robin des Bois des temps modernes.


" Ultra-sécurité" , j'écris ton nom en lieu et place de Liberté !

Les coupables seront "châtiés", pas autant que son langage, mais le mot sera sans aucun doute possible, prononcé !


Qu'un officier meurt en désamorçant, en ce lointain Afghanistan, une bombe et voici qu'il sera élevé au rang des nouveaux héros, morts pour cette France qui ne sait plus où elle en est.

Dans le même temps, erreurs de tirs et frappes chirurgicales tuent des centaines d'innocents, mais leurs vies ont-elles quelque écho, quelque importance ?

Le décompte des leurs, de vie, ne fait pas polémique, et aucun honneur même posthume ne leur sera jamais rendu.


Que des femmes dénoncent des publicités dégradantes où leurs corps sont exposés comme simple objet de consommation sexuelle et voici qu'elles sont traitées d'hystériques, de féministes enragées et démodées.


Quoi ? Faire vendre, toutes fesses et seins offerts, étalés, exhibés, sur grand écran et à l'encan, qui du parfum, qui un yaourt, une voiture et même d'affligeants tempos où  "Sale Pute" sera texte et propos "reconnus" par certains comme émanant d'un Arthur Rimbaud méconnu, et l'on ne devrait pas s'en offusquer ?

 

Ces mêmes qui les insultent, hurlent pourtant à la liberté déniée, lorsqu'ils voient passer des femmes en étroites prisons de tissus, tenues enfermées.

Une loi, cependant, ils s'apprêtent à voter, pour interdire ces geôles ambulantes.

 

Les femmes ? Ils n'en ont cure.

Simples prétextes à crier haro sur des intégristes avérés.

De textes déposés et votés à l'Assemblée Nationale contre les violences faites aux femmes, toujours aucune loi à l'horizon.


Entre Assemblée Nationale et Sénat, la voici inextricablement perdue après que nombre d'amendements fort arrangeants l'aient peu à peu vidée de son sens.


Pour en revenir aux femmes, sur affiche papier glacé ou dans la rue prisonnières d'immonde tissu, les unes comme les autres ne sont que même objet, même obscénité, même pornographie, couvertes ou découvertes, victimes de la même domination de genre...


Le prisme déformé de l'actualité.

Celui qui vous met des colères au coeur qui ne s'éteindront pas, pour peu que vous ayez encore quelque humanité.

Ici, le temps ne fera rien à l'affaire.


L'une des miennes, de colère, que je porte toujours comme une plaie ouverte
est un déshonneur national, une honte internationale.

Tandis qu'en moi grandissait il y a quelques années, une petite fille à la peau ambrée, de l'autre côté d'une frontière incertaine, entre N'Goma et un pays nommé Rwanda, d'horribles massacres soigneusement orchestrés, s'organisaient, et "génocidaient", l'autre moitié de sa population.


Même peuple et pourtant deux faces d'un miroir déformé par la bêtise et la haine.

Ainsi, des Tutsis, seconde ethnie après les Hutus, partageant pourtant même pays, il ne restera bientôt plus qu'amoncellement de cadavres, hommes, femmes et enfants, pauvres innocents, violentés, torturés, égorgés, éventrés, dépecés...

Le tout en un horrible et assourdissant silence.

Leur seul tort : une ethnie stigmatisée figurait en leurs papiers,
les privant ainsi d'une nationale légitimité.
Le sceau de l'infamie en eux était inscrit, ils allaient en payer le prix.

Nos gouvernants, notre presse occidentale étaient alors occupés au chevet
d'une autre sinistre partie de ce monde, cette Yougoslavie, Où BHL et Kouchner se montraient à l'envi.

Selon que vous soyez d'un côté ou de l'autre d'un tropique, d'un hémisphère ou d'un autre, votre existence n'est pas plus importante que la corolle d'un coquelicot.
Votre sang en aura même couleur, tout aussi délétère odeur.
Mais vous n'êtes pas inscrits au panthéon des hommes à protéger,
L'ONU, quant à elle, sera à l'image de ses dirigeants, ni or, ni pétrole à "partager"
Chez ces miséreux, loin de nos frontières dites civilisées.

La réaction ?  Protéger les ressortissants étrangers et les exfiltrer,
Les autres ? Affaire privée, vous pouvez vous exterminer.

Moi ? Par mêmes colères, douleurs et injustices je suis habitée, comme écorchée vive. Mais toujours, je tente de décrypter,  loin de l'actualité volontairement (?) altérée, une autre vérité.

 

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Voice 23/05/2010 14:03



Femme objet, mise à nue dans les magasines, ou cachée pour ne pas être vue, toujours objet. Et les enfants, qui se font une idée de la femme en regardant autour d'eux : la société d'apparences,
du regard. Et pour la fête des Mères, toujours les mêmes cadeaux, (pour celle des Pères aussi) : toujours le patriarcat. Et pourtant, elles sont nombreuses à se battre depuis des siècles, et
heureusement qu'elles continuent à se battre.



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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "