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20 Sep

Encore un cas de double peine appliquée à une femme étrangère, victime de violences conjugales : Victime et expulsée !

Publié par Circé  - Catégories :  #Violences faites aux femmes, sexisme, machisme

C'est donc une nouvelle affaire Najlaé, ou Fatima, ou Loubna...Elles sont tellement nombreuses et c'est une telle honte pour notre pays.

Elle, elle se prénomme Farida.
Elle est victime de violences conjugales et a décidé qu'elle ne pouvait plus supporter cela. Alors elle a fait ce que toute femme devrait faire en pareil cas, elle est allée déposer plainte au commissariat de police de Bastia en Corse.

Et comme pour Najlaé en 2010, ici dans le Loiret, les officiers de police du commissariat de Bastia n'ont rien trouvé de mieux que de la placer en centre de rétention au prétexte qu'elle n'avait pas de papiers.

Or, il s'avère que lorsqu'une personne se présente de son plein gré dans un commissariat, une gendarmerie, non seulement sa plainte doit être prise, mais elle ne peut être arrêtée pour défaut de papier, s'étant justement présentée de son plein gré.

Lors des débats pour le vote de la loi censée lutter contre les violences faites aux femmes, loi votée en juillet 2010, tout un pan des préconisations faites par les associations de femmes, collectifs, syndicats, partis politiques n'a pas été avalisé.

Il concernait notamment les cas comme celui de Farida et faisait droit à sa demande de carte de séjour, le but étant bien de protéger les femmes victimes et non de les punir doublement.

La loi actuelle ne leur fait droit que lorsque le conjoint a été condamné. Et lorsque l'on connaît le temps qu'il faut avant qu'une plainte aboutisse, que la victime soit reconnue comme telle, on voit combien, ces femmes se retrouvent dans des situations inextricables.

Ainsi nombre de femmes étrangères victimes se cachent, se taisent et subissent un véritable calvaire entre esclavage des temps modernes, violences, coups, humiliations et viols. Et que fait notre pays, notre gouvernement, notre justice ?

Et bien ce sont les victimes qui se retrouvent coupables et sont doublement punies en étant expulsées ! Est-ce cela la lutte contre les violences faites aux femmes en 2011 en France ?

En février 2010, nous avions été nombreu-ses-x à réagir et à nous mobiliser : Cimade, RESF, Collectif Orléanais des Droits des Femmes, etc...etc... pour demander sa régularisation et son retour.


On sait ce qu'il en est advenu. Son expulsion puis son retour en France en cette date du 08 Mars 2010, journée internationale des droits des Femmes.

Pour autant, cela a-t-il cessé ?

On voit que non. Farida Sou a donc été arrêtée, placée en centre de rétention et va être expulsée vers le Maroc, exactement pour les mêmes motifs que tant d'autres femmes : victime de violences et expulsée !

Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai honte de ce pays, de mon pays, celui qui expulse les femmes victimes et exonère les agresseurs de tous poils, qu'ils oeuvrent dans des hotels de luxe ou se comportent comme des tyrans à leur domicile.

 


Commenter cet article

Claire 27/09/2011 16:47



Quels articles de la déclaration des droits de l'Homme ces expulsions violent-elles?



Circé 29/09/2011 09:06



Claire :


 


Elles violent le principe d'égalité devant le droit à se faire rendre justice, notamment lorsque l'on est victime de violences, et que du coup, ces plaintes ne sont pas toujours prises dans les
commissariats de police et pour d'autres n'aboutissent puisque la plaignante ne peut répondre à convocation, et pour cause !


 


Par ailleurs, elles violent les engagements même de Nicolas Sarkozy, qui au lendemain de son élection et dans son discours de la salle Gaveau s'est engagé à protéger les femmes victimes de
violence :


Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance,
de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les
tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans
le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle.


 


Vous ne croyez pas que cela est déjà beaucoup ?


 



chantal 23/09/2011 20:46



Désolée pour la faute. Je voulais écrire : Entre deux maux, choisir le moindre.



Circé 24/09/2011 12:36



Chantal :


La faute, en dehors de celle pour laquelle vous vous excusez, n'est pas dans votre commentaire, mais bien dans l'interprêtation des lois par certains et donc la négation même des victimes.



chantal 20/09/2011 21:29



A la lecture de ce texte, une phrase me vient à l'esprit : pile, je gagne, face, tu perds.


Cela résume assez bien la situation de ces femmes qui ont le "choix" entre subir les violences de leur conjoint et/ou entourage et porter plainte avec tous les risques que cela comporte. Entre
deux mots, choisir le moindre. Cet exemple ne va pas encourager les femmes à dénoncer les violences dont elles sont la cible et à tenter de sortir d'une situation insupportable pour elle et leurs
enfants.


On estime, je crois, le degré d'évolution d'une société à la façon dont elle traite ceux qui ont le plus besoin de son aide, de son soutien. Si c'est bien le cas, nous avons une grande marge de
progression.


 



Circé 23/09/2011 14:18



Chantal:


 


Avec mes excuses pour la validation tardive de votre commentaire auquel bien évidemment je souscris, comme à chaque fois que vous intervenez


 



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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "