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14 Jul

Des Moeurs Légères des Papillons de Loire...(I)

Publié par Circé  - Catégories :  #Tout et n'importe quoi !

 

    

  Ces derniers jours, je me suis découverte une nouvelle passion pour l'observation des insectes. Tant et si bien que je suis devenue en quelque sorte une entomologiste à la petite semaine, un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.


J'observe ainsi avec attention les mœurs des papillons. Des papillons de Loire, notamment.


Il est vrai qu'en ce moment, je flâne souvent en bords de Loire et qu'il m'arrive fréquemment de m'y arrêter, d'écouter et de regarder : Entre vol des hirondelles, chant des grillons, chuchotement du vent ou chuintement de l'eau, j'avais l'embarras du choix, mais c'était sans compter sur la danse des papillons qui a interpellé la « voyeuse » que je suis devenue.


Petite précision cependant que je me dois de vous apporter dès à présent, contrairement aux véritables entomologistes, je n'observe ni les œufs des papillons, ni leurs cocons, ni leurs chrysalides.

Alors les chenilles, n'en parlons pas...


Non, non, je ne suis qu'entomologiste « quart estivale ».

En fait c'est plutôt le vol du papillon qui m'intéresse. Vol qui est aussi son langage et qui bien entendu trahit son mode vie que j'ai tenté de décoder pour vous.


Ainsi, bien des surprises m'ont été réservées suite à l'observation des mœurs des papillons, des papillons de Loire en particulier. J'ai ainsi constaté qu'elles n'avaient rien à envier à celles des êtres humains.

Car il y a, à l'instar des catégories d'individus chez les êtres humains, plusieurs catégories de lépidoptères chez les papillons.


Ma première observation a été pour le plus petit et le plus banal d'entre eux : l' éphémère .


L'éphémère, comme son nom l'indique, n'a que fort peu de temps à vivre et donc devant lui. Aussi, il ne pense qu'à une seule chose : Forniquer.

Ben oui, il faut bien qu'il se reproduise et là pas de temps à perdre quand les heures vous sont comptées. Aussi c'est avec frénésie qu'il s'adonne au coït papillonesque.


Et pour perpétuer l'espèce, cela copule dur du côté de ces petits lépidoptères. Notamment en soirée les nuits d'été - mais pas seulement -, le long des réverbères. Quand je vous dis que parfois cela ressemble aux mœurs humaines …


Sauf que chez nous, les messieurs paient des dames parce qu'ils ont des « besoins » frénétiques eux-aussi et insatiables, à la limite du contrôlable et qu'il faut bien qu'ils assouvissent leurs pulsions.

Différence notable cependant : Là, pas de reproduction.



Mais ce qui subsiste au sol au petit matin après ces ébats tarifés, ne ressemble en rien à la poussière duveteuse des restes de nos petits éphémères, vestiges qui eux sont ballottés au gré du vent matutinal.

Oui, je sais, là j'en fais un peu trop et à moindre frais, car la plupart du temps, personne ne fait attention à ces petits amas poudroyants que l'on écrase sans états d'âme pour filer là où on nous attend.


Au contraire, nous évitons soigneusement de poser nos pieds sur ces petits réceptacles plastique qui jonchent certains coins de nos rues. Imaginez un peu qu'en plus on glisse dessus, hein ?


Mais revenons à l'étape précédente de mon étude et à la soirée accouplement-partouze de nos petits papillons. Car comment qualifier autrement cela ? Vous aussi vous avez traversé ces petits nuages bouillonnant en vous baladant au clair de lune en bords de Loire ou de tout autre cours d'eau. Et vous aussi, vous vous êtes retrouvés à en renifler, en avaler un ou des par les trous de nez . Ou encore d'en être aveuglés à force d'en prendre plein les mirettes.


Pfff...Et dire qu'ils étaient en train de « s'envoyer en l'air » dans tous les sens du terme et qu'ils finissent leurs ébats dans vos narines ou au fond de votre gosier.


Mais c'est "dégueu" ! Allez-vous me dire...

Pas plus que les petites bestioles nommées acariens qui se reproduisent sur vos matelas, se nourrissent de vos desquamations cutanées tout en s'accouplant dans la chaleur de vos draps, chauffés par...votre corps !


Mais passons …Car des éphémères, il n'y a plus guère à dire, puisqu'après accouplement, ils sont pratiquement « out », chronomètre en main.


Aussi après les éphémères, je vous soumets une autre espèce de papillon dont à vrai dire je ne connais pas le nom savant mais que j'ai décidé de baptiser le «  papillonus bellatrus ».


Celui-ci n'est ni trop grand, ni trop gros, plutôt bien taillé, a fière allure, des couleurs en veux-tu, en voilà, avec des « yeux » en plein milieu de leurs ailes.

Il faut dire que leurs "yeux" et leurs couleurs, c'est ce qui attirent les dames papillonnes. Que voulez-vous, il faut bien émettre des signaux pour les émoustiller, non ?


Et elles viennent nombreuses les donzelles, un peu comme les commères de mon quartier qui samedi dernier dissertaient avec concupiscence sur les yeux du Pandore de service.

Celui-ci étant venu faire son métier, il ne saurait être question de le lui reprocher, puisqu'en l'occurrence, c'était pour s'enquérir de l'identité des locataires qui seraient susceptibles d'être relogés suite à l'incendie qui venait d'avoir lieu dans l'un des appartements de mon immeuble .


Donc, comme chez les humains, nos dames papillonnes évidemment ne seraient résister à un tel appel et à leurs manières elles sont nombreuses à être béates devant notre Monsieur Papillon et à lui dire à leurs manières en battant des ailes :


  • «  T'as d'beaux yeux tu sais... »


Ce à quoi le Monsieur Papillon feint dans un premier temps de ne pas entendre ou plutôt voir, pour finalement asséner l'estocade :


  • «  Approchez, approchez gentes dames et vous verrez de quel bois je me chauffe ou plutôt comment je vais accoler mon abdomen au votre et vous envoyer au septième ciel »...

Ce qui pour un papillon semble être l'ultime destination, dirait-on...


Mais tout de même, je me dois de vous informer que chez les papillons, cela dure au minimum trente minutes et peut se prolonger durant trois heures.

Ce qui laisse vaguement songeuse, compte tenu de leurs espérances de vie, vous ne trouvez pas ? Imaginez un peu, ce que cela donnerait à notre niveau, hein ?Mais je divague et digresse, là...


Pour en revenir aux dames papillonnes, ce « papillonus bellatrus » fait des ravages, car elles répondent sans compter les bougresses aux signaux colorés de notre lépidoptère dopé aux tonalités diaprées et irisées.


Cependant, il y a malgré tout des récalcitrantes qui préférent d'autres papillons du style "papillonus vigourosus" ou "papillonus politicus" et tant d'autres encore.

Ce que je vous conterai dans un prochaine épisode.


Pour l'heure, je me sens vaguement fatiguée d'avoir papillonné au gré de mes envies tout l'après-midi. Mais je vous garde le meilleur pour la fin, promis...Il s'agit d'une sorte de "papillonus exploratus", mais chaque chose en son temps !

 

Noeud-papillon-stoic.jpg

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Le ch'timi 14/07/2011 18:38



Bonsoir grisailleux,





La Grande Misère
de la France

Nous n'irons plus au bois ma belle
Les lauriers sont coupés les ponts
Aussi : les arcs-en-ciel
Et même le pont d'Avignon

Jeanne d'Arc mortelle statue
Un peu de bronze ensanglanté
Dans cette France qui s'est tue
Ton coeur a cessé de chanter

Jeanne dans sa jupe de bure
Assise sous les framboisiers
Se prépare une confiture
Avec du sang de cuirassiers

La poule noire des nuages
Pond les oeufs pourris de la mort
Les coqs éplumés des villages
N'annoncent que les vents du Nord

Car l'aube avait du plomb dans l'aile
Et le soleil est un obus
Qui fait sauter les citadelles
Et les lilas sur les talus

Le ciel de France est noirci d'aigles
De lémures et de corbeaux
Ses soldats couchés dans les seigles
Ignorent qu'ils sont des héros

Ni Chartres, ni Rouen, ni Bruges
N'ont assez d'anges dans leurs tours
Pour lutter contre le déluge
Et les escadres de vautours

Taureau chassé des pâturages
Et du silence paternel
Devant la pourpre de l'outrage
Perd tout son sang au grand soleil

Il perd son sang par ses fontaines
Par ses veines par ses ruisseaux
Il perd son sang par l'Oise et l'Aisne
Par ses jets d'eau par ses naseaux

Les douze soeurs de ses rivières
Aux bras cambrés aux noeuds coulants
Dénouent leurs lacets et lanières
Pour se jeter à l'océan

Buvez buvez guerriers ivrognes
Les vins fermentés de la peur
Les sangs tournés de la Bourgogne
Les alcools amers du malheur

Les bières gueuses de la Meuse
Et les vins platinés du Rhin
Les sources saintes des Chartreuses
Et les absinthes du chagrin

Les larmes qui de chaque porte
Ont débordé sur le pays
Les eaux de vie et les eaux mortes
Grisantes comme le vin gris

Nous n'irons plus au bois ma belle
Les lauriers sont coupés les ponts
Aussi : les arcs-en-ciel
Et même le Pont d'Avignon.

Ivan Goll



















 


Amitiés


Patrick



Circé 14/07/2011 18:55



Bonjour Patrick :


Et merci pour ce commentaire en poésie.


 



Polyb 14/07/2011 10:10



Merci Circé pour cet épisode d'entomologie ! On se croirait à leurs côtés au bord de la Loire ! Dire que chez les humains aussi, on cède aux jolies danses (du ventre ?) des papillons, et que l'on
s'extasie... ! :-)) J'attends la suite avec impatience !



Circé 14/07/2011 10:30



Chère Polyb :


J'ai eu l'occasion de constater que les Dames Papillonnes étaient parfois aussi évaporées que certaines Dames Humaines et qu'elles s'extasiaient très facilement sur les talents "signalétiques" de
certains Papillons.


Chez les humains, on dirait scripturaux, mais je suis entomologiste, là !


Pour en revenir aux papillons, eux comme les humains savent aussi pratiquer l'esbrouffe en tous genres, histoire d'étoffer le "carnet d'adresses", mais je ne peux révéler d'ores et déjà mes
autres épisodes de l'été...


La danse du ventre, tiens, tu me donnes de nouvelles idées...



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