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14 Jun

Souvenirs " VERTS ".

Publié par Circé  - Catégories :  #Elections, Traité Lisbonne, Politique

J'allais avoir 18 ans.

Pas encore le droit de vote, même si c'est, cette année-là que je suis devenue majeure.
En effet, Valéry Giscard d'Estaing avait eu cette promesse de campagne : Donner la majorité et bien évidemment le droit de vote à 18 ans.
Ne partageant aucunement ses opinions politiques, je dois lui reconnaître qu'il a tenu parole.

Mais dans cette campagne présidentielle, à laquelle je m'intéressais, comme de nombreux autres jeunes de mon âge, je me souviens très bien d'un personnage qui faisait figure d'OVNI.
Disputes avec mon père de rigueur à chacun de ses passages, parce que son discours me plaisait, me parlait :
- " C'est bien gentil tout cela, mais comment vont faire les gens pour bouffer, se chauffer, se déplacer, on revient à l'âge de pierre alors ?"

Pour dédouaner un peu mon père, il venait de s'acheter sa première voiture, une R12 break qu'il avait payé "au comptant" après avoir bénéficié de la solidarité familiale puisque chacun avait accepté de prêter ses économies.
Mes deux frères l'argent d'un magazine de petites annonces qu'ils distribuaient deux fois par semaine, moi, celui des gardes d'enfants que je faisais chaque fin de semaine.

Et puis, il ne voyait pas d'un si mauvais oeil l'arrivée du premier "Carrefour" à Créteil, sous un hangar en tôle ( non, non, pas de Créteil Soleil à l'époque).
Nous faisions chaque deux semaines les plus de 4 kms à pied qui nous en séparaient de notre domicile, traînant le caddie de rigueur qui reviendrait charger de l'indispensable pour nourrir une famille de 6 personnes, dont 3 ados.

J'y allais toujours en traînant des pieds, si je puis dire, puisque bien évidemment cela prenait tout ou partie de notre après-midi, le parcours de retour se faisant de la même façon, mais le caddie et les bras de chacun cette fois-ci, chargés, encombrés de tout ce qui nous était nécessaire, dont le lait, packs ayant faits leurs apparition, bien lourds, bien encombrants, à désespérer du retour .
.
Bref, discussions houleuses à chaque fois.
Mais nous revenions avec tout ce qu'il nous fallait, fruits et légumes que mon grand-père n'avait plus à nous ramener de la campagne chaque quinzaine pour aider mes parents, non seulement à nous nourrir, mais aussi et surtout pour finir les fins de mois.

Lorsque nous habitions Sarcelles, c'est en moto 125 motoconfort qu'il venait sacoches remplies de victuailles et cageots de légumes superposés à l'arrière, liés avec ces fameux tendeurs qui finissaient par nous arracher les mains.
Ete comme hiver.

L'hiver justement, il ressemblait au bibendum michelin, emmailloté qu'il était dans du papier journal sous sa veste en cuir, passe montagne de rigueur et gants en laine tricotés par ma grand-mère sous les mitaines en cuir qui ne le préservaient guère du froid.

Il arrivait rougeaud ou violacé selon le temps.
Les joues glacées, mais comme j'aimais l'embrasser, et comme j'aimais qu'il me prenne maladroitement dans ses bras, engoncé qu'il était par tout cet attirail censé le préserver des rigueurs de l'hiver.

Puis il a eu sa dodoche cahotante à 4 sièges avec cette maudite barre au milieu qui nous tannait le derrière, nous les enfants lorsqu'il venait nous chercher pour les vacances, car c'était le seul lieu où nous pouvions nous rendre.

Pas de villégiature ou autre destination .
Chez mes grands parents, ou mon arrière grand-mère dans les vosges, avec train à vapeur en prîme (les lignes de la gare de l'est ayant été les dernières à être électifiées), bouses de vaches dans les rues du village, poules caquetantes et affolées coupant à chaque fois notre chemin lorsque nous étions en vélo.

Je vous laisse deviner ce que pouvait donner une chute et l'état dans lequel nous rentrions.
Pas d'eau chaude, le baquet ou le lavoir avec une eau sortant du flanc de la montagne à 12/13°
Brrr... Rien que d'y repenser j'ai des frissons.

Bref, un extra-terrestre que ce René Dumont en cette année 1974.
Mais que je trouvais plus que juste à l'heure où traversant la marne pour me rendre au lycée Marcellin Berthelot de St Maur des Fossés, une immense nappe de mousse recouvrait la surface du fleuve. Sans compter les débris divers.

Mais pour ceux qui ne connaissent pas, je vous laisse découvrir le personnage par les quelques vidéos que j'ai retrouvées.
Saisissant, quelques 35 années plus tard !








Alors, Les Verts ?
Toujours des ovnis ?

Je sais, on peut effectivement contester certains leaders qui ont renié ce qu'ils étaient auparavant.
Autant un Cohn-Bendit qui a désavoué ce qu'il était même en 1968, ou bien José Bové qui fait figure d'opportuniste, un coup pour le non au référendum, un coup n'hésitant pas à faire alliance avec celui qui était pour le oui ( Cohn-Bendit ) au référendum.

Le même ayant voté contre l'amendement déposé au Parlement Européen qui mettait en avant que c'était bien les règles du pays qui accueille l’activité et non celles du pays d’origine qui doivent être respectées. (directive Bolkestein ).

Mais tout de même, il y a sur le terrain de véritables écolos qui ne s'en laissent pas compter, qui ne se renient pas pour une place.

Et puis questions toutes personnelles :

- Pourquoi sommes-nous maintenant des millions à avoir au creux du cou cette balafre qui signifie que nous n'avons plus de thyroïde ? En matière de pollution de l'eau et de rejet d'hormones, nous sommes bien involontairement responsables.
- Pourquoi y a-t-il tant d'enfants allergiques et leurs parents qui se découvrent tels à plus de 40 ans passés ?
- Pourquoi tant d'infertilité masculine ?
- Pourquoi tant d'enfants naissent avec les malformations génitales ?
- Pourquoi tant de leucémies foudroyantes ?
- De cancers du sein ?....

Alors, il est tant, oui plus que grand tant que le social et l'écologie soient vus comme une nécessité sur cette planète.
Ne pas séparer l'homme de son environnement, mais qu'il puisse y vivre dignement et en bonne santé
.

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Bernard Bonnejean 18/06/2009 01:04

Au fait, à propos de Valls, je préfère les fossoyeurs aux cadavres.

Bernard Bonnejean 18/06/2009 00:58

N'empêche, hein, je te ferai dire : la politique ça rapproche drôlement.Y'a qu'à voir !! Dans quoi qu'il roulait le Bonnejean catho-libéro-anarcho-céefdétiste de l'arrière-garde soixante-huitarde réformé enseignant du privé : en R 12 ! Avec plein d'autocollants partout pour cacher les trous et les bosses de la carosserie. Mais elle avait de l'allure ma calèche. J'ai été la chercher jusqu'à Rennes et le type, qu'était copain du type que je connaissais et qui me la vendue, m'a certifié qu'elle avait fait un rallye. Alors !!! Et d'où que c'est qu'ils étaient ses poteaux ? De Sarcelles-les-Bains !! Oui, M'Dame. Même qui y'en a un qui travaillait pour la mairie à l'intendance des cantines. Bon ! Ben ! C'est pas tout ça ! Faudrait voir à nous causer de Juliette aussi. Parce que la philosophie marxiste à la Mélenchon, hein, tu m'as compris ! Si les communisses se mettent au vert itou, non seulement on va tous tourner juifs allemands, mais en plus on n'aura plus de repères ceux qu'en veulent pas (de repères). Vive tout le monde ! Et comme dirait le p'tit comique qui ne me fait pas rire : "Votez ! N'importe qui, n'importe quoi, mais votez !" Même pour le premier imbécile venu ? OUI ! Et c'est pour ça qu'on a une Europe à tribord toute !

Kamizole 18/06/2009 00:31

tout à fait Même qu'il voudrait supprimer le mot "socialiste" ! Bien de quoi se faire retourner Jaurès dans sa tombe... Et si l'on supprime le mot, c'est l'idée même que l'on enterre. Je serai toujours fière d'être socialiste, comme je suppose, toi, d'être communiste. Mais je suppose que Manuel Valls n'a pas compris les valeurs humaines et généreuses que portent ces termes. Pour lui, ce ne sont que des étiquettes dans une sorte de super-marché pour arrivistes.

Kamizole 17/06/2009 18:48

Valls ! Il aura mangé à tous les rateliers... Type d'ogres dont les dents auront rayé les parquets des antichambres de tous les ministères et autres lieux de pouvoir. Me revient en mémoire ce qu'écrivait savoureusement naguère Poireau-Delpech dans une chronique du Monde : "le soyeux crissement des vestes que l'on retourne".Qui plus est, avant d'être à Evry, il fut 1er secrétaire fédéral du Val d'Oise. Non seulement, il fut le principal responsable de la victoire de Mothron (RPR) à Argenteuil, à cause de petites magouilles, mais en tant que chef du PS, il était absolument imbuvable, méprisant pour les militants de base : j'avais des amis déjà âgés qui allaient parfois à Pontoise donner un coup de main pour mettre du courrier sous enveloppe... jamais un merci !Plus grave, aucun intérêt pour les doléances de la population telles que nous les entendions sur le marché lors des distributions de tracts et que nous ne manquions pas de répercuter dans les comptes-rendus de réunions. Il se fait fort aujourd'hui d'écouter ce que dirait le peuple ? Mon oeil !quant à sa conception de la démocratie interne, j'ai été échaudée. Et pas seulement moi, évidemment. Sans être officiellement membre de la Gauche socialiste, j'étais toujours signataire de leurs motions et grosso modo d'accord avec leurs analyses, notamment sur la mondialisation.Nous nous étions donc répartis le travail pour aller soutenir leur motion pour un congrès (je ne me souviens plus de la date mais il s'est tenu à Paris) et j'avais choisi quelques villes de banlieue du 95 accessible en train à partir d'Enghien. Dont Bouffémont que je connais. Eh ! bien : nous attendonc encore que la fédé nous communiquât les dates et les lieux des réunions !Quant à Valls, après ce même congrès, je fus invitée comme observatrice au congrès fédéral qui suivit. Dégoûtée par la manière méprisante dont il traita les délégués de la Gauche socialiste.Autant dire que pour la démocratie interne, je ne lui fais aucune confiance. Et que s'agissant de l'annonce - bien prématurée - de sa candidature à la présidentielle de 2012, à défaut d'avoir encore eu le temps de l'allumer sur le blog, j'ai déjà trouvé le titre de l'article : la "Valls" des egos !

Circé 17/06/2009 21:36


C'est l'un des fossoyeurs les plus zélés du PS !


Kamizole 17/06/2009 08:15

Amie Circé, un grand merci aussi pour cette chronique des temps anciens que j'ai connus pareillement. D'un certain sens, je ne regrette pas d'avoir vécu le manque de confort et une certaine rudesse de vie. Cela m'a permis de m'adapter sans problème lors de séjours à la campagne dans des maisons sans confort et de n'en jamais souffrir quand je campais et pratiquais l'alpnisme. Et je sais qu'il peut arriver n'importe quoi, je survivrais toujours mieux à l'inconfort que les personnes qui ont toujours été élevées dans des maisons chaudes. Je suis encore très capable de prendre une douche froide !Quant aux courses sans voiture, je n'ai pas toujours eu de voiture et je n'en ai plus aujourd'hui, trop cher ! Je me souviens de ma mobylette chargée à bloc, au point qu'elle "gudonnait" un maximum... Sans rien dire de mes déplacements d'Orléans à Loches en plein hiver et toutes les "pelures" pour affronter le froid.

Circé 17/06/2009 08:34


Nous avons donc connu la même chose.
Lorsque je vais en Algérie par exemple, je ne répugne pas à dormir à même le sol, juste avec un oreiller et je dors fort bien au grand étonnement de toute ma belle-famille.
Idem pour les douches froides ou comme tout à chacun là-bas puisque le manque d'eau ( mais surtout d'infrastructures, les villes et villages se sont étendus sans même que ne soit pensée l'extension
des chateaux d'eau par exemple )est criant et que je me lave avec des bidons exlusivement réservés à la provision journalière d'eau.
C'est la grande inquiétude de chacun, entendre les tuyaux qui chantent et apportent la bonne nouvelle, l'eau est revenue et tous de s'activer à remplir les bidons ou citernes.

J'ai lu avec attention "Vendredi", merci pour tout et encore bon anniversaire à ton blog.


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