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23 May

" Ah P'tain c'qu'il est blême...mon HLM..." (I)

Publié par Circé  - Catégories :  #Non-acceptation, Révolte et Politique

Un jeune homme de 20 ans vient de mourir d'une balle dans la tête.
Trop de bruit paraît-il le soir dans sa cité.
Alors excédé dit-on, un voisin a sorti sa carabine 22 long rifle et tiré dans le tas.
Ecroulé le gamin, une balle dans la tempe, devant ses copains.

Je ne connais ni les tenants, ni les aboutissants de cette affaire.
Mais plus rien ne m'étonne.
Petite histoire ordinaire, dans une résidence ordinaire, d'une ville ordinaire, que le maire aimerait faire apparaître comme extraordinaire, de la région centre.
Une histoire à épisodes, comme d'habitude maintenant ici.
Trop long et sans doute pas le temps voulu pour tout dire, écrire, expliquer...

Ah ces jeunes qui font du bruit !
Des voix qui portent fort, des rires agaçants pour tout et n'importe quoi, du chahut, des hams(s) machin-chose dévorés à belles dents, emballages éventrés traînant à leurs pieds histoire de laisser des traces, - des fois qu'on oublierait qu'ils existent -, mêlés à des bouteilles de soda ou canettes de bière à l'abandon elles-aussi ...

Et puis les histoires de meufs ou de cems que l'on raconte en paradant, niquant la mère de l'un ou de l'autre, vocabulaire outrancier, histoire d'emmerder les vieux schnoks qui épient derrière leurs rideaux ou leurs volets ou tout simplement parce que l'on ne fait plus la différence.
Parfois une intonation subite de voix fait déraper la réunion.

Insultes et coups pleuvent alors.
Peu interviennent, puisque de toute façon, le groupe est habituel et l'éruption déclenchée retombera aussi vite.
Accalmie avant que de recommencer.
Comme l'écume courant à la cime des vagues, qui vient s'abattre mousseuse et mourir sur une plage entre galet, varech et sable blond.
Le ressac emportera ses restes et elle renaîtra, sempiternelle symbole de la lutte acharnée entre Terre et Océan.

Mais ici, rien que le bitume, celui de leur enfance, leur adolescence et puis s'ils y arrivent celui de leur âge adulte.

- " Mais qu'est-ce qu'ils foutent là ? Pourraient pas aller en ville ?"
- " Aller en ville pourquoi faire ? Ou y faire quoi ? "

Le cinoche à près de 10 euros alors que Truc bidule muche peut en faire des copies, faudraient vraiment être des nazes. De toute façon, z' ont pas de thunes.
La boîte à zik du coin, elle les refuse...refoulés qu'y sont...
Z'ont pas le look paraît-il .

Leur est plutôt avis que leurs potes couscous et "yes man", z'ont pas le teint ivoirin requis, ni le blase de bon aloi.
Jean-Marie, François-Marie, Charles-Henri, et même Jean ou Nicolas qu'y faudraient qu'y s'appellent comme ces enfants de Marie pour entrer.
Eux, ils portent le prénom de la terre de Mériem.

Y'en a qui disent que c'est pareil, mais z'ont qu'à venir expliquer çà aux bouffons qui jouent les blaireaux de rechange à la porte d'entrée.
Alors, ils restent là.
D'ailleurs, ils ont souvent pas de qu'tre roues qui traîneraient leurs carcasses de gamins déguingandés grandis trop vite jusqu'en ville.
Ou bien y'a pas de blé pour mettre d'l'or noir pour faire avancer le tacot.
Quand aux bus, y'en a plus le soir venu.

Alors ils restent là.
Ils s'empiffrent et boissaillent tous en choeur et en gueule.
Ils s'esclaffent, se gondolent, se bidonnent en aboyant leur jeunesse désespérée et esseulée telle une insulte à ceux qui pourraient être leurs parents.

Et chacun de se jauger, de s'espionner, guettant celui qui va gueuler de sa fenêtre.
Pas souvent qu'y descendent les viocs.
Z'ont même peur d'ceusses qu'y z'ont vu grandir depuis qui z'étaient minots.
Connaissent même plus leurs prénoms d'ailleurs depuis qu'y leur bouffent la soupe sur le caillou.
Y sont plus que les noirs de tel étage ou les arabes de tel bâtiment, ou celui qu'à de mauvaises fréquentations puisqu'y traîne avec les premiers.

Alors, parce qu'on n'est pas sérieux quand on est jeune, jeunet, jeunot devenus les zigotos qui font peur, y s'en rajoutent, capuche ramenée sur la tête, ne laissant entrevoir que le blanc des yeux, parfois rougis par l'inhalation de substances illicites.
Eux, y disent la beuh.

Et les boeufs ruminent et déblatèrent.
Les moujingues poussés comme des mauvaises herbes d'asphalte font monter la mousse.
Et la poulaille arrive.

Scènes habituelles.
Vérifications d'identité, poches fouillées, chiens aboyant aux pieds des moutards braillards,  reniflements canins de rigueur, des fois que des senteurs suspectes les alertent, rappels à la loi:
- " Mais on fait pas de mal..."
- " Z'avez pas à rester au bas des batiments, circuler..."
- " Pour aller où ?..."
- " T'as qu'à rentrer chez toi mon gars, vous gênez les locataires, propriétaires..."
- " Mais M'ssieur on fait qu'çà toute la semaine d'être chez nos darons..."

                                                                                    .../...

 
Commenter cet article

sixtine 25/05/2009 13:50

Pour sortir un moment de la " bulle "...allez chez Mamie Sceptix- Charlotte...!Son blog publie des articles renversants sur ce qui est en train de se produire mondialement...Ainsi, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas...

GABRIELLE 25/05/2009 11:20

Moi non plus, ça ne m'étonne pas. L'horreur a encore frappé. A noter le degré d'exaspération collective plus qu'inquiétant qui mène à la mort.La question de fond : que fait-on pour désamorcer ces exaspérations ?Le devoir des politiques est immense, tous partis politiques confondus.

Circé 25/05/2009 12:15


Depuis des lustres, on oppose les gens les uns aux autres :
Jeunes contre vieux,
fonctionnaires contre gens du privés...
J'entends maintenant des choses délirantes :
Celui-là a le 13ème mois, celle-là a le RMI, celui-là est au chômage et vit sur le dos de la société...
Bref, tu as raison, cela devient explosif


sixtine 24/05/2009 15:12

Voilà, c'est arrivé en bas de chez moi...enfin, là où j'habitais il y a quelques années !Jeudi dernier, une bande a poignardé un jeune au pied des immeubles...il est en réa et le bruit court qu'ils cherchent à lui " faire la peau "...Scène de " bandes rivales " ordinaire, pourrait-on dire !...Ce que tu décries est le quotidien tragique d'un grand pan de la Société...

Circé 24/05/2009 15:18


Et je crains que cela n'arrive en bas de chez moi, non pas de la part des "bagarreurs" mais des gugusses planqués chez eux.
Mais comme tout peut arriver...On ne sait jamais.


polikarpov 24/05/2009 12:44

Keine Kommentar !

Circé 24/05/2009 13:04


...!!!??? No comment ? Et si pour faire plaisir à CDG, si on s'exprimait pour l'occasion en espéranto ?


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