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09 Apr

Tamazight, Printemps Berbère et Elections Présidentielles(II).

Publié par Circé  - Catégories :  #politique et corruption

Tamazight...Tamazight...
Ma Terre de Femmes et d'Hommes Libres.
Ainsi tes héros seraient fatigués.

Un petit dont l'Histoire ne retiendra que sa manipulation constitutionnelle à l'instar des grands " Démocrates "  que sont Ben Ali en Tunisie, Kadhafi en Libye, Moubarak en Egypte, Assad en Syrie, ...pour rester Président à vie serait venu prononcer ces mots : "Je suis un Amazigh" sous les applaudissements et les youyous de tes enfants, tout en recevant en cadeau le burnou berbère dont tes fils sont si fiers !

Pourtant, à ton sein il n'a jamais été allaité.
Et aucune Princesse enchanteresse ne l'a abreuvé à son téton en signe d'adoption.

Tamazight, Tamazight...
Ma Terre de Femmes et d'Hommes Libres.
Ainsi tes héros seraient fatigués et :
- " Personne n'a bronché. Les appels à manifester se sont perdus dans le vent des montagnes. Les opposants étaient flapis, les nostalgies taries, la rue d'un calme vertigineux..." (Marianne)

Le sang de Kahina, la magicienne devineresse, la belle, la rebelle n'étant sans doute ni juive, ni chrétienne et plus surement païenne, résistante à l'envahisseur musulman ne coulerait plus dans les veines de ceux de ton sang ?

Ne cherche pas plus loin le nouveau Khaled, traître à sa mère adoptive .
Ce rejeton autoproclamé l'est tout autant.

En tes terres ancestrales, il est venu, cars bondés de participants dûment triés sur le volet, dûment briefés sur l'applaudimètre à lui réserver.
C'est bien loin de ces escouades et escortes militaires, loin des caméras de sa TV d'état qu'étaient tenus les tiens, obligés de défiler et manifester le lendemain.

Et toi, Messâd, celle qui apporte le Bonheur, qui m'a révélé l'âme kabyle , sais-tu combien cette Terre vibre en moi ?
Ounissah, celle qui veille, celle de qui je tiens ce prénom donné au soir de mon adoption, ne sens-tu pas frémir en moi la colère de ton âme insoumise à l'oppresseur ?
Dahbia, ma si douce et tendre mère, celle qui m'a attachée encore plus sûrement que son fils à cette Terre ocre, à ces racines de Liberté, toi qui de Khalida Toumi éxécrait tous ses reniement, forfaiture, tromperie et infidélité, comme j'éxècre aujourd'hui des Kouchner, Besson , Amara, Hirsch, entends-tu ces mots ?

- " Je suis un Amazigh..." de la bouche de celui qui déclarait il y a si peu à l'échelle d'une vie que jamais cette Terre Tamazight et cette langue n'auraient de reconnaissance officielle de la nation algérienne.

Que de sang fier et noble, cette Terre de Kabylie a versé.
Pour cette France qui l'a méprisée et repousse encore ses enfants.
Pour ce pays Al Djazaïr, dont elle se pensait reconnue, mais qui dès l'indépendance venue, a voulu la baillonner, la museler, l'opprimer, la mater.

De ses travailleurs qui ont tant construits, bâtis, érigés ce qu'aujourd'hui on leur dénie.

Et vous mes soeurs, Norah, Zineb, Samira, Hakima, Nacima, ...toutes celles dont le nom chante en ma mémoire, celles qui sont filles et femmes d'Hommes libres, élevées par vos aînés dans la liberté et l'égalité que d'aucuns refuseraient à votre sexe, entendez-vous celui qui n'a jamais abrogé le code de la famille et vous laisse sous tutelle votre vie entière, ne donnant à votre parole que la moitié de celle d'un homme ?
Celui qui fait encore de vos filles, petites-filles des mineures à vie ?

Comme l'Histoire est cruelle.

De mon pays, la France, vous avez tout aimé, la langue et la culture, l'esprit frondeur qui fait si bien écho à celui de Kahina l'Insoumise.
Vous en connaissez son Histoire, ses auteurs, ses grands hommes et Femmes et les vertus que vous lui prêtiez au travers de sa devise :
" Liberté, Egalité, Fraternité ".
En résistantes, en rebelles, vous avez appris la langue de Molière plutôt que de vous soumettre à l'Arabisation forcée, faisant chanter Gavroche et Dihya d'une même voix.

Mes soeurs, mes mères, comme je me souviens avoir moqué ce " petit-là ", le votre, pour ses prestations télévisées quasi quotidiennes de ce début de millénaire où de l'ancestrale Numidie, j'étais venue lapper le lait et le miel .
Chaque matin, alors que l'huile odoriférante exhalait toutes ses senteurs, je sortais délicieusement des torpeurs et tièdeurs de la Nuit .
J'en humais chaque saveur, comme le signal à nouvelle journée en Terre de Liberté.

Au Henné je me suis adonnée parant ma chevelure de rougeoyants flamboiements.
Bracelets et psellions tintinnabulaient à mes chevilles et poignets.

Et tandis qu'à la marque indigo devant ceindre mon front proclâmant mon appartenance à votre famille, accueillie en nouvelle fille et femme Tamazight, vous avez substitué ce lourd bijou de cheveux et que du creux de mes mains fleurissait le dessin laissé par la fleur de lawsonia inermis, j'apprenais d'autres sens et valeurs du mot Liberté, d'autres égalités, d'autres fraternités, sororités devrais-je dire.

Avec vous j'ai appris ces autres luttes et fiertés.
Résister au joug des intégristes, étudier malgré les pressions, travailler à des postes de responsabilité, refuser ce voile occultant vos honneur et dignité de femmes libres, ...Tamazight, Tamazight...

Comme vous résonnez aujourd'hui en moi.

Mon pays au votre devient miroir.
Un autre Petit règne ici , de ce côté de cette " Mare Nostrum" qui porte si bien son nom.
Comme le votre il a détourné notre constitution pour renier nos voix et opinions, que nous avions pourtant démocratiquement exprimées.

Pas de bourrage d'urne - quoique quelques bulletins de votes ont été retrouvés dans des chaussettes -mais un escamotage en bonne et due forme de notre vote au sien discordant.

Comme le votre, il  règne désormais sans partage sur nos médias, nommant les directeurs, refusant tel ou tel journaliste "pas assez... ou trop...", érigeant l'Inculture et l'Obcénité en valeur d'état, irrespectueux des citoyens jusque dans ses réparties devenues les dernières injures à la mode, décrédibilisant tant et tant sa fonction qu'aujourd'hui nous sommes la risée de l'Europe et du monde entier.

Mais je me plains, alors que le votre retournait le fond de ses poches devant celles qui,  éplorées réclamaient la vérité sur la disparition des leurs, s'écriant qu'il ne les cachait pas justement au fond de ses poches !

Des népotisme et corruptions, nous connaissons maintenant l'aube de ce qui se voudrait une dynastie souveraine.

Aux amis sont donnés avec les plus grandes largesses tandis que nous tombons les uns après les autres sous les coups de boutoirs de cette politique assassine, loin de ce qui faisait l'honneur de notre patrie des Droits de l'Homme, loin du travail salvateur rémunéré dignement, loin de nos acquis sociaux qui faisaient exemple de par le monde.
Des caisses noires surgissent çà et là, des parachutes "dorés", prîmes à l'arrivée comme au départ de grands patrons d'entreprises, des écarts de rémunérations jusqu'à plus de 600 fois le salaire de base deviennent la norme pour certains...
Prendre à ceux qui ne possèdent rien pour donner à ceux qui ont tout, voilà la nouvelle philosophie.

Payer pour boire de l'eau, se nourrir de plus en plus difficilement pour nombre d'entre nous, pour se soigner si on le peut encore, éduquer nos enfants...
Mais cela, vous connaissiez depuis tant de temps.
Nous apprenons.
Ou plutôt nous désapprenons.

Lui aussi ne se déplace plus sans ses escouades policières, gardes mobiles et CRS par centaines. Cohortes de marionnettes dévotes lui faisant ovations !
Et nous, tenus étroitement à distance, bien éloignés de lui par cette force qui se voudrait publique mais qu'il annexe à sa personne telle une troupe personnelle.
Et bien entendu, c'est nous qui payons dans la plus grande crûdité qui soit.

Mais entendre ses quatre vérités, voilà qui lui déplaît souverainement, à notre Petit à nous, au vôtre tellement semblable...

Car lui aussi a trahi .
Celle qui a accueilli ses ancêtres venus lui demander asile et protection est désormais bafouée jusque dans les fondements de ce qui la faisait à nulle autre pareille.
De Liberté, d'Egalité, de Fraternité, nous oublions tout sous sa férule jusqu'à leur signification.
Si Aider son alter-ego est devenu un délit, les délation et dénonciation sont nos nouveaux devoirs républicains.

Tamazight, Tamazight...
Mes soeurs, mes mères, ma Terre de Liberté...
Finalement qu'est-ce qui nous sépare ?

...............

A peine les quelques millimètres de différence de taille de nos Présidents respectifs, talonnettes comprises !


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al 20/04/2009 17:10

Les petits despotes sont de mode ( au propre et au figuré), mais les Hommes libres n'ont pas abdiqué pour autant, tant qu'il y a des Femmes, à votre image, qui savent nous retourner telles des crêpes, avec des textes aussi émouvants. Merci beaucoup.à bientôt sur votre blog.

polikarpov 10/04/2009 00:21

Belle, très belle illustration !

Circé 10/04/2009 06:05



@ Polikarpov : l'âme Tamazight est encore plus que cela !
La validation du vote en cours en Algérie avec de très gros bourrages d'urnes, des chiiffres de participation invraisemblables au regard de la réalité donne la mesure du mensonge d'état !



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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "