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09 Sep

Billet frivole et dérisoire : Geneviève.

Publié par Circé  - Catégories :  #Billet de Bonne humeur

Petit billet insignifiant sans valeur aucune, question non-existentielle et encore moins philosophique :
- Connaissez-vous Geneviève ?
Diable, Diable, mais que nous fait-elle la bougresse !
Une énigme à pas d'heure, est-ce bien raisonnable ?

Pour ma part, le prénom en lui-même ne m'évoque rien de particulier.
Oh évidemment, il y a bien la ville : Ste Geneviève des Bois.
Du nom de la Sainte qui aurait selon la légende empêché les Huns de rentrer dans Paris.
C'est qu'elle en avait la Gaillarde !
Nom de d'là, si les hommes désertaient le navire, les femmes en prière repousseraient à n'en point douter les assauts des redoutables barbares.
Aussitôt dit, aussitôt fait.

Miracle, Miracle !
Palsambleu, Mordiou, Vindieu... et autres joyeusetés, la ville fût sauvée.
Il nous reste du coup le nom de la ville, une statue un rien bizarroïde surplombant le pont des tournelles et protégeant Paris (?)et la légende.
Pour le Kremlin-Bicêtre, je ne sais pas, se renseigner auprès des autochtones.
 
Bon... Et puis ? Quoi ?

Avez-vous pensé à ce qu'aurait pu être notre chance si par le plus grand des hasards, les bois en question avaient été en ces temps immémoriaux et féconds en légendes et billevesées,  recouverts d'abondance de fraises des bois ?
C'est que la face de la ville en eût été changé : Ste Geneviève des Fraises !
Voilà qui aurait été plus seyant, gourmand, élégant même comme nom ?

Bon, je sais...Je m'égare, divague et digresse.
D'aucun(e) un rien taquin(e) pourrait rajouter que Mamie après avoir fumé de la moquette sucre dorénavant les fraises, mais en l'occurence je ne les savoure que nature aussitôt cueillies et en gente compagnie, c'est plus drôle !
Partageons, partageons, croquons les fraises plutôt que les pommes depuis fort longtemps digérées et assimilées et renouvelons les plaisirs.

Bon, le sujet n'étant ni la sainte, ni les fraises, bien que vous ayant déjà donné une piste, je renouvelle ma question :
Connaissez-vous Geneviève ?

Fontanel ? Bujold ? Casile ?
Que Nenni, foin des théâtreuses et starlettes de tout poil et/ou à poil.
Encore qu'une Geneviève Casile interprêtant la reine Isabelle dans "Les Rois Maudits" faisant estourbir son auguste mari d'Edouard qui la délaisse pour la couche de son amant, cela a de l'allure, de la prestance, de la gueule.

Bon à vrai dire pour les jeunes générations qui n'auraient pas lu (ah, ces analphabètes, n'est-ce pas Didier ?) la saga de Maurice Druon, pas encore vu le feuilleton (aoc 1972) ou la série plus récente de 2005, je dois dire qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, Dame Isabelle .
Pour accélérer la nature et se débarrasser d'un mari peu porté sur le sexe dit faible, sa méthode est expéditive et peu conventionnelle .

Introduire dans l'arrière-train du dit roi et mari une corne de bovidé sciée juste comme il se doit pour laisser passer un beau tisonnier chauffé à blanc et ensuite lui fouailler les entrailles jusqu'à ce que mort s'ensuive, fallait  y penser ma foi .
D'où la désormais celèbre réplique : - " Il est mort par où il a pêché " .
Allons, allons, pas de mauvaises liaisons ou allusions entre foi et pêché, je vous entends penser.

Plus pragmatiquement :
Cuit à l'intérieur, nickel à l'extérieur, pas d' "Experts" en vue pour mener l'enquête ni de Boris Corentin pour investiguer la Reine, paix à l'âme du défunt aux tripailles fumantes.
Petite rectification historique cependant, le supplice du pal existait déjà mais n'était pas encore en usage me semble-t-il sous nos cieux évangélisés.

Bien, assez de divagation, revenons à nos moutons :
Donc, connaissez-vous Geneviève ?

Allez, ça va, j'avoue, M'sieur le Commissaire.
J'en ai bien connu une dans mon enfance.

C'était la vieille fille du village où crêchaient mes grands-parents.
La pauvre belle plante n'avait toujours point servi à 50 carillons d'années sonnés, tout çà à cause de sa vioc de daronne qui voulait pas qu'elle lui fausse compagnie ,ct' égoïste de Geneviève, après tout ce qu'elle avait fait pour elle.
L'avait tout sacrifié la matouse pour sa poularde de fille.
Même qu'elle était restée douairière, après la der des der, tout çà pour pas qu'un loufiat de purge d' beau-père vienne pas y abîmer la foufoune à la Geneviève...

Oups, pardon, c'est ma mauvaise éducation qui ressort, comme cela de temps en temps si je n'y prête pas attention, chassez le Naturel et il revient au galop .
C'est qu'elle ne s'y est pas trompée la Geneviève du commentaire de Didier.

Je bats ma coulpe, "C'est ma faute, ma très grande faute...
J'avions point à dire "droits humains" pour Droits de l'Homme.
J'savions point ma bonne Geneviève que j'avions point le droit de la bailler comme j'voulions

Mais qu'est-ce que je raconte là ?
Je ne suis pas croyante, je suis agnostique.
C'est sans doute la faute à la moquette qu'était pas de première !
Et puis toutes ses volûtes de fumée frelatées qui me sortent des naseaux et la cervelle en lambeaux...
- " Ren à y dire, ren à y faire, l'en fait qu'à sa têt'... C'te saloupiote"
..
Mais je continue M'sieur le Commissaire.

La Madame Geneviève de mon enfance a trouvé un jour sa moitié.
C'était le vieux gars du village d'à côté.
Grand gaillard, bâti comme un forgeron, pognes comme des battoirs, plutôt beau gonze avec de jolis yeux verts.

Seul hic car il y en avait un, l'était un peu bas de plafond, pas très dégourdi, l'oeil toujours lorgneur du côté des croupes avenantes ou des girons appétissants de toutes les donzelles à portée de regard.
Et le bagout fleuri du sieur Jean (c'était son prénom) était à l'envi :
- " oh...oh...oh...r'garde dont, mais r'garde dont moi ça...
ah si je m' retenais pas j' lui m'ttrais bien une bonne poussée à c'te gamine..." qui disait en se tapant les louches sur les gigots.
- " Non mais r'garde moi ça, c'est-y pas possible d'avoir le croupion en feu comme çà, tu veux pas tâter d'ma lance à incendie (il était pompier volontaire), viens donc par ici que j't'arrose le jardinet, mon poireau ne d'mande que çà..." qu'il rajoutait même.

Et je ne vous dis là que le plus gracieux .
Car à sa Geneviève de femme, après s'être bien émoustillé le tempérament et avoir quelques problèmes du côté de sa braguette il s'écriait ensuite, même en public :
- " Geneviève, Geneviève, viens t'en par ici que je te baise..."
Celle-ci gloussait alors faussement effarouchée :
- "Oh Jeannot, voyons, pas devant tout le monde..."

Il n'y avait pas plus romantique que ces deux-là.

La demoiselle des postes ( je crois avoir omis de vous indiquer qu'elle était auxiliaire des poste, télégraphe et téléphone) et son Jeannot de monteur sur chaîne (je ne plaisante pas c'était son métier ) faisaient ainsi les beaux jours et l'amusement de tout le village.

Faut dire que Dame Geneviève voyait rouge dès que froufroutait un jupon à l'horizon de son Jeannot de mari.
Sous les flots et feux nourris de paroles de sa femme, transformée pour l'occasion en furie ( elle était en dehors de ces moments de jalousie d'un tempérament placide ) il s'enflammait aussi vite que l'amadou.
Les coups de griffes et morsures de sa femme se mêlaient aux petites tapes qu'il lui assénait d'une main sur le croupeton tandis qu'il amarrait l'autre à l'un de ses volumineux tétons. Remue-ménage,  grands soupirs, coups de muletas bien assénés avant que d'en finir crescendo par une estocade finale pour retomber ensuite en roucoulades et rires étouffés.

C'était le spectacle des soirs d'été.
Car il y avait toujours curieusement vers chez eux en fin de journée, à la fraîche, de nombreux promeneurs qui s'esbaudissaient, les malappris, de leurs joutes verbales et amoureuses.
Certains paillards n'hésitant pas à zieuter (les fenêtres étaient ouvertes) pour ensuite commenter égrillards les figures imposées, libres, acrobatiques et ahanements de rigueur, au café du coin où ces messieurs se retrouvaient nuitamment pour deviser gaiement sur leurs bruyants ébats .
Ils avaient d'ailleurs créé pour l'occasion un barême de points et notations qui n'avait rien à envier à l'échelle de richter.

Voilà, Monsieur le Commissaire, vous savez tout, c'est la seule Geneviève que j'ai jamais rencontrée.
Je vous promets que je ne connais pas celle qui a commenté mes écrits sur le blog de Didier G.

Et vous M'sieur le Commisssaire, vous la connaissez la Geneviève au Didier ?
Non ?
Ben moi non plus, j'la connaissions point !

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Kamizole 10/09/2008 02:22

Bravo ! Un peu de détente, ça fait oublier que le monde n'est pas drôle (au fait, c'est bien marrant de voir la reculade de Sarko et MAM sur le fichier Edvige ! curieux comme chez ces gens-là le rétropédalage devient la meilleur façon de marcher : "ça use ! ça use !"...)
Entre langue verte et chronique villageoise plus vraie que nature (sans oublier les "Rois Maudits... j'avoue n'avoir pas lu mais regardé avec beaucoup d'intérêt le premier feuilleton) un sacré panorama...
J'avions ben rigolé !

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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "