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15 Apr

Bollywood, Hamid Karzaï et les Mollahs.

Publié par Circé  - Catégories :  #Droits de l'Homme, des Femmes, Politique

Qui connaît les télénovelas brésiliennes ou les bluettes égyptiennes ? 
Et si j'ajoute "Bollywood" ? Oui ? Non ?

Mais si...Vous savez...
Les histoires à l'eau de rose avec méchants et gentils de rigueur, fiançailles contrariées entre jeunes gens beaux, riches et charmants, sourires étincelants sur dentition irréprochable, tenues scintillantes qui en mettent pleins les yeux, regards profonds et énamourés sur baisers volés, effleurements d'une lascivité tout juste suggérée, et bien évidemment la belle-mère maltraitante, méchante et perverse à souhaits.
Sans oublier les trémoussements et chansons obligatoires sur air entraînant et crin-crin indien .
Mais que serait Bollywood sans amours contrariés, danses et chansons ?

Bon, allez, je ne vais pas jouer la fine bouche.
Ce n'est qu'une histoire de Cendrillon moderne, revue et à peine corrigée par le cinéma indien.

Nous continuons bien à farcir la tête de nos filles avec "Les Contes de Perrault" et autres balivernes désormais estampillées firme souricesque américaine, qui leur expliquent que si elles sont belles, gentilles, modestes, patientes, travailleuses et soumises, le Prince charmant qui leur est de tout temps dévolu, viendra un jour les chercher et les enlever sur son fier et blanc destrier.
Bon, c'est vrai que si on les lit à la lumière de la "Psychanalyse des Contes de Fée" de Bruno Bettelheim, l'histoire en est un rien agrémentée de détails tous plus cyniques les uns que les autres, mais ici, comme pour les précédents d'ailleurs, la lecture en était/est réservée...aux adultes !

Pour ma part, je préfère " Les Contes des Mille et Une Nuits ", version non édulcorée, parue dans la collection "Bouquins" chez Robert Laffont.
Allez, rien que pour vous décider à les lire ou les relire, extraits :

" On raconte qu'une nuit Haroun Al-Rachid s'étant couché entre deux belles adolescentes qu'il aimait également, dont l'une était de Médine et l'autre de Koufa, ne voulut donner sa préférence, quant à la terminaison finale, spécialement à l'une au détriment de l'autre.

Le prix devait donc revenir à celle qui le mériterait le mieux.

Aussi l'esclave de Médine commença par lui prendre les mains et se mit à les caresser gentiment, tandis que celle de Koufa, couchée un peu plus bas, lui massait les pieds et en profitait pour glisser sa main jusqu'à la marchandise du haut et la soupeser de temps en temps.
Sous l'influence de ce soupèsement délicat, la marchandise se mit soudain à augmenter de poids considérablement.

Alors l'esclave de Koufa se hâta de s'en emparer et de la cacher précieusement dans le creux de ses mains ; mais l'esclave de Médine lui dit :
"Je vois que tu gardes le capital pour toi seule, et tu ne songes même pas à m'abandonner les intérêts !"
Elle repoussa vivement sa rivale et s'empara du capital à son tour en le serrant soigneusement dans ses  deux mains.

Alors l'esclave ainsi frustrée, qui était fort versée dans la connaissance des Traditions du Prophète, dit :
" C'est moi qui doit avoir droit au capital, en vertu de ces paroles du Prophète :
"Celui qui fait revivre une terre morte en devient le seul propriétaire !"

Mais l'esclave de Médine, qui ne lâchait pas la marchandise, n'était pas moins versée dans la Sunna que sa rivale et lui répondit :
"Le capital m'appartient en vertu de ces paroles du Prophète:
"Le gibier appartient, non point à celui qui le lève, mais à celui qui le prend !"

Lorsque le Khalifat eut entendu ces citations, il les trouva si justes qu'il satisfit également les deux adolescentes cette nuit-là."

Stop ! Ne m'accusez pas de faire l'apologie du harem, des amours à partenaires multiples ou de la soumission de la femme à l'homme.
Imaginez à la place d'Haroun Al-Rachid une femme et deux beaux jeunes ou moins jeunes d'ailleurs gens et le tour est joué.

Vous pouvez aussi agrémenter le tout des " Rubayat " d'Omar Khayam où le vin et les jolies femmes sont célébrés, des poèmes d'Abou Nawas pour ceux qui préférent Adonis à Aphrodite ainsi que ceux de Sapho qui chantent les amours féminines.
En tout état de cause, à tous, lisez-les, l'Amour d'où qu'il vienne est à glorifier.

Bon, je m' égare depuis trop longtemps, revenons à mes brebis, trop bien gardées.
Et dans ce cas, me direz-vous que vient faire ici Hamid Karzaï, président "démocratique et tolérant" de l'Afghanistan et les mollahs ?

Et bien à vrai dire, il y a du rififi dans l'air au pays des talibans.
Pensez donc, chaque soir à 19 heures, tout le pays s'arrête !
Et pour quelle raison ?
Et bien parce que c'est la diffusion quasi quotidienne d'un feuilleton indien qui relate une histoire dont le scénario est égal à celui décrit plus haut .
Attention, le tout premier, pas mes élucubrations de quinquagénaire et ex-seventeen débridées.

Et quand je dis que tout le pays s'arrête, je devrais préciser qu'en fait ce sont les femmes.
Ces inconscientes, écervelées en titre, empotées de naissance, péronnelles et pécores, animaux de basse extraction, derniers échelons avant les chiens dans la hiérarchie humaine osent tout stopper pendant la diffusion d'un feuilleton bollywodien.

Foin de la cuisine, du repas servi le regard baissé à la gente masculine avant que de déguster les restes de ces messieurs, toute la famille à l'entrejambe servile est devant le petit écran  !

Mères, grands-mères, filles et petites filles confondues dans un même élan, regards rivés vers la boîte satanique, démoniaque débaucheuse des tâches domestiques réservées aux "objets usuels" de la maisonnée, sont en mode pause devant le petit écran .
Leurs esprits, insolence de mauvais aloi à l'encontre du monde machiste des hommes de Bien et de Foi, détenteurs de toute Vérité sont en baguenaude .

Vous rendez-vous compte ?
Elles osent se libérer en pensées du joug de leurs maîtres de droit divin !
Alors quoi, de vils pantins voilés oseraient se détourner de leurs tâches et devoirs d'inférieures notoires cloîtrées au "gynécée" afghan, sans que les mâles détenteurs de toute autorité et vérité sur la condition "humaine"de la femme (Ciel, une insulte, pardonnez-moi ...) ne réagissent ?

Que Nenni ...Et elles vont voir ce qu'elles vont voir !!!!
Prêches enflammés dans les mosquées de ces Messieurs les Religieux de tout poil, sociétés télévisuelles indiennes productrices de ces séries sommées de ne plus corrompre les femelles afghanes, fatwa brandie en menace aux contrevenantes, haro sur les antennes émettrices et même intervention d'Hamid Karzaï qui fait droit aux demandes des mollahs !

Il ne faut tout de même pas exagérer ...
Pas moyen de déguster son qabli pulao en temps et en heure et puis quoi encore ?
En janvier dernier, c'était la "Star'Ac" afghane qui avait hérissé la pilosité de ces messieurs.

Comme quoi, certains aimeraient encore et toujours tout contrôler, jusqu'à la moindre pensée .
Celle des femmes comme c'est le cas ici, ou encore celle des hommes, ailleurs.
En la matière, pas de sexisme, ni d'ostracisme.

Car ne nous leurrons pas, il n'est pas question pour moi d'opposer les unes aux autres.
Je dénonce ici toutes atteintes aux libertés .
Et encore plus celle qui nous empêcherait de penser, imaginer, rêver...S'EVADER !

A quand une loi qui déclarera le rêve irrecevable, l'imagination immorale, la liberté de penser prohibée et la lobotomisation des cerveaux obligatoires ?
Etre en garde à vue même dans sa tête .
En quartier de haute sécurité jusqu'aux tréfonds de ses neurones, camisolée pour cause de délit obscène d'escapade fantasmatique, contrevenant aux bonnes moeurs .

J'aimerai tant caricaturer et cauchemarder...
Mais je ne dors pas .
Au Secours, ils sont devenus fous !
        

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B
" Les Contes des Mille et Une Nuits ", version non édulcorée,
Je sens que je vais faire du prosélytisme revu et corrigé.
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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "