Quel parent n'a pas eu à "plancher "avec son enfant sur ce devoir destiné à repérer celui-ci dans une fratrie, une famille, une histoire, un
continent, un temps universel...
De quoi vous donner le vertige et pour certains comme nous, d'y perdre un peu son latin, son français, son lingala, son berbère...
Bref, je veux parler de l'arbre généalogique !
Ainsi donc ma dernière-née est venue dans le courant de l'année scolaire écoulée, me demander quelques informations et éclaircissements sur sa famille.
Ceci afin de combler les cases déjà tracées sur un document donné par son institutrice, pardon, professeur des écoles pour constituer un début d'arbre généalogique.
Et là, perplexité, complexité et cruel dilemme...
Peu de cases, bien trop peu.
Devait-on se contenter de remplir ces cases prétracées au risque de tronquer en toute impunité son histoire ou même qu'elle n'y figure pas ?
Ou bien devait-on sur une autre feuille infiniment plus grande et plus drôle l'inscrire dans une histoire moins réductrice que Papa-Maman, un frère, une soeur et deux grands-parents de chaque
côté ?
De deux "maux", nous avons bien évidemment choisi celui de la vérité.
Elle nous a coûté en temps, explications, tracés, noms, dates de naissance, mais aussi nous a procuré un réel plaisir, un peu narquois je dois l'avouer, en imaginant la tête de son instit à la
lecture de notre oeuvre tant calligraphique qu'architecturale.
Donc commençons par le début, mais qui est aussi la fin puisque nous remontons le temps, c'est à dire la position de ma fille dans "Sa" famille.
Elle est mon septième et dernier enfant.
Quatre cases à rajouter aux trois pré-existantes (ah...les normes...), pour y inscrire son prénom et sa date de naissance et y noter aussi consciencieusement les prénoms et dates de naissance de
ses frères et soeurs aînés.
Mais, aïe...Complications !
Si Maman est bien la maman de tous, Papa lui n'est le papa que des deux dernières.
Une encoche supplémentaire pour pouvoir le créer en tant que tel.
Ce qui est vite fait.
Et puis, zut, papa est remarié, il a donc une nouvelle épouse .
Nouvelles encoches, bien entendu pour pouvoir y inscrire le prénom de sa belle-mère qu'elle aime beaucoup, mais aussi celui de son petit frère adoré, issu de cette union.
Travail effectué derechef.
Et de nouveau zut et re-zut, où inscrire le prénom de sa grande soeur qui vit sur le continent africain, premier enfant de son papa issu d'une précédente relation ?
Deux autres encoches règlent le problème, même si un premier décès y est inscrit.
Sa grande soeur a perdu sa maman.
Voilà, dans un premier temps pour la branche paternelle, avant que cela ne se corse un tout petit peu plus tard quand ses grands parents vont devoir apparaître.
Mais il faut d'abord revenir à la base et régler le problème du père de ses cinq frères et soeur ainés.
Un prénom et un nom, mais aussi une nouvelle case : Il est remarié !
Et comme maman l'est aussi, encore une création pour indiquer l'état civil de son beau-père.
Vous suivez ? Soufflons un peu, avant les cases grands-parents.
Trop peu, encore beaucoup trop peu de cases !
Pour maman, pas de problèmes : les prénoms de ses parents sont vite notés dans les cases adéquates. Mais papa ? Comment faire ?
Le grand-père paternel de ma fille est un chef coutumier qui vit toujours, mais sur le continent africain.
Il y est le père de 13 enfants et mari de trois épouses.
Le père de ma fille est si je ne me trompe, son septième enfant, mais le premier de sa seconde épouse.
Ma fille a donc voulu rajouter deux cases à celle existante pour indiquer les prénoms de "toutes" ses grands-mères.
Puis elle a aussi indiqué les prénoms des grands parents paternels de ses cinq frères et soeur aînés.
Enfin, elle a tenu à noter les prénoms des parents de mon compagnon qu'elle connaît et aime profondément.
Et ils le lui rendent bien.
Il nous a fallu deux feuilles pour rendre ce travail .
Ma fille a tenu à l'expliquer à toute sa classe.
Car en matière d'amour, il n'y a pas de limite, ni de règles pré-établies.
Les rencontres se suivent, s'arrêtent, font souffrir et puis quand tout s'aplanit, c'est de l'amour et de la tendresse supplémentaires qui s'ajoutent et ouvrent l'horizon...
Mes deux dernières filles ont cette chance.
Elles savent qu'elles sont aimées par leurs soeurs et frères aînés, leurs parents, beaux-parents ainsi que leurs grands-parents légitimes et de coeur.
.../...
Cet écrit est déjà un début de réponse, si quelqu'un avait besoin de comprendre :
Pourquoi je combats ce gouvernement ?
Pourquoi je milite auprès d'un parti de gauche ?
Pourquoi je m'investis pour que la liste de rassemblement de gauche arrive en tête et que Serge Grouard ne soit pas réélu ?
Pour mes enfants et mes petits enfants, je refuse de leur laisser une France dépecée par un Nicolas Sarkozy imbu de pouvoir et infatué d'orgueil
Et puis aussi :
Parce qu'il ne fait pas bon vivre dans cette ville d'Orléans malgré les dires de notre maire,
Parce qu'ici, les enfants, les adolescents et les jeunes en général ne sont pas les bienvenus,
Parce qu'il ne fait pas bon non plus être handicapé, vouloir se déplacer ou prendre le train,
Parce qu'être étranger et sans papier est un délit qui vous fait risquer le centre de rétention en dépit de toute autre considération humanitaire, que vous soyez homme, femme ou même bébé de
trois semaines,
Parce qu'à titre personnel ( mais ai-je ainsi été la seule à être ainsi humiliée ?) une employée de mairie a eu l'audace (sans doute autorisée par d'autres comportements?)de demander à mon
compagnon lorsque nous avons déposé nos papiers pour nous marier "s'il parlait le Français ?" (Il est étranger)
Parce qu'enfin, ici, si vous n'êtes pas "nantis", vous êtes transparents et méprisés...
Et aussi entre autres choses :
Les franchises médicales votées par Serge Grouard, la modification de la constitution pour invalider le référendum de 2005 qu'il a voté également, la non construction du tram, la diminution
des aides aux associations, pas de logements sociaux (ou si peu) en vue mais beaucoup d'immeubles de standing, des prix de cantines prohibitifs, des quotients familiaux calculés en
réintégrant les allocations familiales, pas de titres de transports pour les jeunes en difficulté, les chômeurs, pour les familles nombreuses etc, etc....et dois-je parler des vacances, de
l'accès à la culture, aux soins ? Liste absolument pas exhaustive et pouvant être "enrichie" à tout moment....