A offrir en partage..."
C'est le début d'une magnifique chanson de Jacques Brel.
Elle chante dans ma tête et dans mon coeur.
Et pourtant j'ai très envie de pleurer.
Voici ce dont j'ai pris connaissance tout à l'heure en ouvrant ma boîte mail.
Et j'ai eu grand besoin dé "digérer" l'info avant de la retranscrire ici.
SUICIDE d’un SANS PAPIERS de 19 ANS à MEUDON
John Maïna, un
jeune kenyan de 19 ans s’est pendu vendredi 15 février dans l’appartement où il était logé par France Terre d’asile à Meudon.
Il venait d’apprendre le rejet définitif de sa demande d’asile et, comme il l’explique
dans une lettre, il refusait d’être expulsé au Kenya qu’il avait fui il y a deux ans, condamné à mort.
Il a préféré mourir plutôt que de rentrer dans un pays en proie à la guerre civile.
Cette guerre civile qui dure depuis deux mois, a déjà fait plus 1000 morts et déplacé plus de 300.000 personnes, après une élection marquée de fraudes.
Mais dans certaines régions du Kenya, notamment la vallée du Rift, elle avait commencé depuis longtemps : John Maïna, a été contraint, à 17 ans, d’adhérer à une secte/milice de funeste
réputation, les Mungikis.
Ayant fui cette secte, il s’est retrouvé "dans une situation perverse avec les
membres Mungikis à ma recherche et voulant ma mort et la police qui va me
pourchasser en me considérant comme un Mungiki."
Un pasteur l’a récupéré et l’a aidé à rejoindre la France le 19 mars 2006.
Le 6 juillet 2007 l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides) rejetait sa demande d’asile.
Le 21 janvier 2008, la Cour nationale du Droit d’asile, présidée par G. DACRE-WRIGHT rejetait son recours. Il en a pris connaissance le 15 février et s’est suicidé le jour même, à
Meudon.
Le Club d’athlétisme parisien, Championnet Sports, qui le comptait au nombre de
ses athlètes performants a fait un communiqué digne :
"Nous n’acceptons pas qu’un garçon puisse à l’orée de sa vie d’adulte, dans la patrie des droits de l’homme, être confronté à une telle peur d’être expulsé qu’il ne voie d’autre
solution que de se suicider.
Nous n’acceptons pas que la France, c’est-à-dire nous-mêmes, renonce à sa tradition de Terre d’asile. Elle a ruiné l’espoir d’un jeune homme qui avait courageusement refusé
l’oppression... Nous ne voulons pas que que John Maïna soit mort pour rien."
Lundi 25
février 2008 à 17h
Conférence de presse Devant l’immeuble(30 rue de Paris à Meudon 92)
où John
Maina s’est pendu.
John courait dans le même club d’athlé que moi. Il avait demandé le droit d’asile. L’état français lui a refusé. John s’est suicidé.
Sa mort brutale nous a tous bouleversés. Elle nous amène aussi à réfléchir en tant qu’humains, sur notre part de responsabilité. Qu’avons-nous fait, ou pas fait, pour qu’un jeune de 20
ans, dans la force et l’enthousiasme de l’âge, souriant, discret, motivé, avec qui nous courions plusieurs fois par semaine, ait été acculé à accomplir un tel acte ?
Quel est le sens de notre devise :
Liberté, Egalité, et plus encore Fraternité ?
Nous voulons interpeller les représentants et les garants de nos institutions. Si les réponses sont en partie politiques, ces questions cruciales doivent dépasser les clivages
partisans. Nous voulons comprendre.
Nous ne voulons pas qu’on oublie John, notre ami.
Nous ne voulons pas qu’il soit mort pour rien.
À l’heure où l’on parle d’honorer la mémoire des morts, pensons aussi aux vivants.
À John
RASSEMBLEMENT A LA MEMOIRE DE JOHN MAINA,
SUIVI D’UNE MARCHE SILENCIEUSE SAMEDI 23 FEVRIER, 11 H, STADE CHAMPIONNET(172 rue Championnet) – marche jusqu’à la Mairie du XVIIIème
Nous avons donc tout oublié .
Parfois, aucun mot ne peut suffir, alors une chanson ?
Même pas drôle...