C'est le titre du dernier livre d'Alain BADIOU .
Ecrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure.
Aucun répit dans notre actualité, de toute part.
Dès demain, mise en place des mesures les plus injustes qui soient depuis des décennies :
- Mise en place de la énième franchise médicale qui va tous nous toucher et en particulier les malades victimes de cancer, sida, myopathies, handicaps, diabéte, et tous ceux
qui sont atteints de maladies chroniques,
- Augmentation de la facture de gaz de 4%,
- Augmentation des cotisations des mutuelles entre 5 et 8 %,
- Augmentation des assurances multi risques habitation...
- Aucun pouvoir d'achat,
- Choniques des morts annoncées du code du Travail, des 35H, du contrôle de l'amplitude horaire journalière,
- Création et mise en place d'un fichier d'étrangers expulsables ainsi que de ceux qui les hébergent...
Bref, Tous les Voeux de Bonne Année que ne va pas manquer de nous souhaiter N.S !
Alors pour nous aérer la tête, le coeur et l'esprit, pour que nous rassemblions nos forces autour de véritables idées de Gauche, je ne résiste pas et vous mets ici quelques extraits de ce
livre passionnant et qui démonte le "sarkozysme" dans tous ses états :
Le "Pétainisme" comme transcendental de la France
...Dans le cas de notre pays, nommer ce transcendental "pétainiste " évite de le nommer, soit faiblement, antidémocratique ou bonapartiste (ce sont des qualifications de gauche); soit de le
qualifier de fasciste, ou de pré-fasciste, ce qui serait excessif, ultra-gauche.
Je propose de dire que "pétainiste" est le transcendental, en forme des formes étatiques et catastrophiques de la désorientation. Nous avons une désorientation majeure, elle se
présente comme un tournant dans la situation, elle est solennellement active à la tête de l'état.
De ce point de vue, encore formel, il y a une tradition nationale du pétainisme qui est antérieure à Pétain.
Le pétainisme commence en réalité en France avec la Restauration de 1815. Un gouvernement post-révolutionnaire se réinstalle dans les fourgons de l'étranger, avec l'appui vigoureux
des émigrés, des classes renversées, des traîtres et opportunistes de tout acabit, et le consentement d'un peuple fatigué. Il déclare qu'il restaure l'ordre et la moralité publics, contre
l'anarchie sanglante des révolutions. Cette matrice, typiquement française, insiste dans notre histoire.
En 1940, on retrouve la figure emblématique de la défaite militaire, comme prétexte pour une désorientation majeure: comme, par exemple, un gouvernement qui n'a à la bouche que la "nation", mais
qui est installé par l'étranger; des oligarques corrompus jusqu'à l'os qui se présentent comme ceux qui vont sortir le pays d'une grande crise morale; un aventurier, roi cacochyme, vieux
militaire ou politicien retors, toujours homme de main des grandes fortunes, qui se présente comme le vrai détenteur de l'énergie nationale.
N'avons-nous pas aujourd'hui, comme une répétition misérable de ces graves dépressions historiques que la France s'inflige à elle-même, de nombreux traits de ce genre ?
D'abord, dans ce type de situation "pétainiste", la capitulation et la servilité se présentent comme invention, résolution et régénération. Il est tout à fait essentiel que Sarkozy
ait fait campagne sur le motif de la rupture. Ruptures, profondes réformes, mouvement aussi incessant que celui des moustiques: Sarkozy annonce qu'il va surmonter la crise morale de la France, il
va la remettre au travail.
C'est quand même formidable de dire aux gens, dans l'état où ils sont, et du haut du costume trois-pièces du maire de Neuilly : " Je vais vous remmetre au travail, moi!"
On dirait une bourgeoise du XIXème siècle s'adressant à sa bonne. Mais non, c'est la rupture, c'est le renouveau. Le contenu est évidemment l'obéissance sans réserves aux exigences des potentats
du capitalisme mondialisée. La situation militaire est l'affaire des Américains, la situation intérieure celle des grands financiers, etc, etc. On ne frappera que les faibles, les pauvres, les
étrangers. La "rupture" est en réalité une politique de la courbette ininterrompue, qui va se présenter comme une politique de régénération nationale.
C'est là une désorientation typiquement pétainiste : la servilité devant les puissants...
On va en appeler au redressement moral, au travail, à l'économie familiale, terminologie exactement pétainiste, qui permet de dire que l'Etat, lui est chargé de tout, puisque les gens sont
en état de crise morale. Dans les ténéèbres de la crise, il faut seulement honorer les individus qui font, à l'appel de l'Etat et de son chef de méritoires efforts contre le déclin. Par
exemple, en se faisant une joie de travailler soixante heures par semaine. Ceux-là, on leur donnera une médaille en chocolat. Comme ne cesse de le dire l'homme aux rats, il faut "récompenser le
mérite"...
Il s'agit de dire que l'état du pays n'est aucunement le résultat de l'action des grands serviteurs du capital et de leur clientèle médiatique et politicienne, mais la faute des
gens, de la "moralité" des citoyens quelconques...
Bref, je me rends compte que si je ne m'arrête pas, je vais vous mettre tout le chapitre, les chapitres.
Un livre à découvrir de toute urgence pour ceux qui ne le connaissaient pas.
A TOUTES ET A TOUS BONNE ET EXCELLENTE ANNEE 2008
Dans la Vigilance, la Résistance et l'Action Citoyenne
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