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05 Dec

Pauvre "Femme", pauvre "Mère" (II)

Publié par Circé  - Catégories :  #Femme, Société et politique

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Petits rappels historiques en quelques dates du droit des femmes :
1944: droit de vote.
1945 : congés maternité avec 50% du salaire
1946 : fin de l'abattement pour salaire féminin.
1965 : droit des femmes à travailler sans l'autorisation du conjoint.
fin années 1960 : celui de disposer de son propre chéquier sans autorisation maritale .
1967 : autorisation de la contraception avec accord du mari.
1975 : contraception libre et légalisation de l'avortement sans autorisation préalable du conjoint.

On aurait pu croire que les années MLF, dont on a malheureusement retenu que les soutiens-gorges brûlés, auraient fait évoluer autant les droits que les mentalités.
Mais dans les faits ?

Brièvement :
Le salaire de la femme n'est encore trop souvent considéré que comme un salaire d'appoint.
C'est donc souvent elle qui s'arrête pour élever les enfants au détriment de sa carrière professionnelle .
Catastrophe en soit quand on sait qu'un couple sur deux divorce.

Car retrouver une activité salariée digne de ce nom par les temps qui courent n'est pas une mince affaire.
Et les années "perdues" à élever les enfants ne permettront pas de percevoir une pension convenable.
Par ailleurs, la femme occupe 80 % des postes à temps partiels, souvent imposés, rarement choisis.
Son salaire à temps et emploi égal est en moyenne inférieure de 20 % à celui d'un homme.
Sur les 7 millions de personnes pauvres vivant en France, au seuil de 817 euros défini par l'UE :
46% sont des familles monoparentales, des femmes seules avec enfants et
12% des femmes seules âgées de plus de 65 ans. (sources INSEE) .

Et que n'entend-on pas comme propos culpabilisants sur l'éducation des enfants .
Pour ma part j'ai littéralement bondi lorsque j'ai entendu un Nicolas Sarkozy dire :
- " Les enfants-orphelins de 16h30..." concernant la situation des enfants sortant de l'école.
Quelles idées, jugements a-t-il voulu faire passer ?ks76230.jpg
- Les enfants sont mal éduqués parce qu'il n'y a personne à les attendre à la sortie de l'école, à la maison ?
- la délinquance des jeunes, l'échec scolaire n'ayons pas peur des mots serait dû à l'absence des parents ? De la mère si elle travaille ?

Alors si en plus c'est une famille monoparentale avec une femme à sa tête, je vous laisse à penser combien ces propos sont insultants !
D'un côté vous devez travailler pour nourrir votre famille et vivre décemment, ce qui en soit est un exploit.
Le "Travailler plus pour gagner plus", qui serait le moins que l'on puisse espérer aucun salarié ne travaillant gratuitement, résonne comme un affront humiliant supplémentaire.
Au boulot bande de feignantes !

D'un autre côté c'est la culpabilisation à tout va, vous êtes absente : 
- Donc responsable de tout...
Pensez-vous que les horaires des emplois occupés par les femmes sont calqués sur les horaires scolaires ?
A l'heure où on nous parle de flexibilité, d'heures supplémentaires de travail selon les désiderata des entreprises, du travail même les dimanches est-ce que ce n'est pas tout simplement upr75850.jpgne condamnation du travail des femmes ?

Ou bien pour me moquer un peu, est-ce que Nicolas Sarkozy a trop lu de bouquins de science-fiction dans son enfance ?
Dans ce cas je me dois de lui rappeller que le don d'ubiquité n'existe pas...
Et heureusement, il serait encore fichu de nous dire de travailler dans les deux endroits à la fois pour "gagner" plus, et surtout faire gagner plus d'argent à ses amis !

Et je tiens à affirmer ici, que certes des enfants rentrent seuls chez eux, mais que la plupart du temps ce sont des retours à la maison avec la surveillance d'autres adultes.
Et quelle hypocrisie immonde sachant que les sociétés de téléphonie mobile font le gros de leurs ventes sur ces arguments :
-" Si vous n'êtes pas là, le portable vous remplacera avantageusement et vous saurez toujours où il ou elle est !"

Il y a peu j'ai entendu une député UMP, dont je n'ai pas retenu le nom tellement ses arguments étaient consternants de bêtise, affirmer sans rire que tout cela était de la faute de mai 68 et de la libéralisation des divorces !
Waouh...*
D'une intelligence sans nom quand je me souviens du nombre de femmes qui par le passé ne sont pas parties, ont été battues comme plâtre, humiliées, puis abandonnées comme une vieille chaussette l'âge venu, pour une femme plus jeune et donc plus flatteuse pour l'égo du mari .
Les promesses d'amour, d'aide et fidélité au moment du mariage des années auparavant n'ont existé que ce que vivent les roses. 
Ne leur restaient...Rien, beaucoup d'épines et surtout pas de quoi vivre ! 
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A l'heure actuelle, encore, 1 femme meurt tous les trois jours sous les coups d'un compagnon violent, mais revenons aux bonnes vieilles méthodes.
Taisons-nous, jouons l'autruche et il n'y aura aucun problème !
Dans le même ordre d'idées, ici à Orléans il n'y a aucun foyer d'hébergement d'urgence pour les femmes en difficulté.
Pas d'argent...
Dépensé à quoi de toute façon ? Elles n'ont qu'à rester, n'est-ce pas ?

J'ai même entendu des proposititions qui m'ont fait frémir de colère...
Qu'il y ait des familles d'accueil pour les femmes en difficulté !
Encore une bonne idée, ben voyons...
"L'Imbécile" que l'on remet sous la tutelle d'une famille.
Elle sort d'une vie épouvantable faite de coups, d'humiliation, de peur panique qu'à tout moment fuse une nouvelle rossée, mais la solution est :
Passons d'une tutelle "forcenée et malveillante" à une "surveillance bienveillante".
Comme elle a mal "choisi", est mal "tombée", elle est bien responsable de ce qui lui est arrivé, non ?

Une enfant à vie ! Elle a enfin le courage et la force de partir, et que lui propose-t-on :
L'administration de sa vie faite par une famille, "modèle" ?
Et les enfants sont témoins.
A tout moment et pour tout, les coups qui prennent le nom "d'Amour", la tutelle celui de "statut social" de leur mère.
Elle n'est rien, un punching-ball dans un cas, moins qu'eux dans l'autre puisqu'ils (les enfants) vont grandir et qu'elle restera dans leur esprit cette "chose" qui n'est pas eux, mais qui n'est pas non plus une adulte à part entière.

Et pour les autres, ceux qui ne vivent pas cette situation.
De toute façon une coupable à vie ...
Vous travaillez, vous les avez abandonné au profit de votre carrière au mieux, pour faire un boulot vivrier de "M...." au pire.
Et si vous les avez "élevé", vous n'avez rien fait de votre vie, vous ne vous êtes pas réalisée, vous n'êtes rien... 
Ce n'est plus votre travail qui est de "M....", mais vous, votre vie...

De toute évidence, notre société va mal.
Quand on attaque les étrangers, vecteurs de tous nos maux, les jeunes, malfaiteurs et voyous en puissance, les femmes, infantilisées et culpabilisées dans toutes leurs fonctions, cela n'augure rien de bon !

.../...


Commenter cet article

BCT 05/12/2007 20:07

Mais tout de même "HAUTS LES COEURS". Beaucoup se mobilisent.

la nymphette 05/12/2007 17:22

triste triste France, je n'avais pas entendu ce sous-entendu honteux...


5 ans à ce régime et c'est le déni de 50 ans d'avancées sociales ... le tout pour engraisser les portefeuilles de ces "amis"...

BCT 05/12/2007 15:10

"L'administration de sa vie faite par une famille, "modèle" ?".

C'est insupportable !
" De toute évidence, notre société va mal.
Quand on attaque les étrangers, vecteurs de tous nos maux, les jeunes, malfaiteurs et voyous en puissance, les femmes, infantilisées et culpabilisées dans toutes leurs fonctions, cela n'augure rien de bon !"
Juste pour vous tous deux vidéos :
http://www.educationsansfrontieres.org/?article10078

et un commentaire de Brice Hortefeux :

"Alors que le présentateur Guy Lagache (capital M6) lui demande s'il y aura "toujours des sans-papiers sur le territoire français", il rétorque: "Ben si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres (...), la vérité c'est que c'est un combat permanent."

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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "