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02 Dec

Pauvre "Femme", pauvre "Mère" (I)

Publié par Circé  - Catégories :  #Femme, Société et politique

                     456px-Albrecht-D-C3-BCrer-002-copie-1.jpg                           

C'est un billet que j'avais en tête depuis samedi soir en huit.
Et puis l'actualité est venu télescoper mon sujet, l'étayer parfois d'une lumière étrange qui donne singulièrement et parfois terriblement raison.
C'est alors que les questions vous assaillent.
    
Mais que s'est-il donc passé samedi dernier ?
Rien que de très banal.
La journée s'achevait après quelques courses éffectuées en centre ville.
Je m'apprêtais à regagner mon domicile lorsque mon attention a été attirée par la réflexion d'un jeune homme qui s'adressait à un autre :
-" Sur le Coran de ma Mère..."

Je n'ai rien entendu d'autre dans le brouhaha du tumulte habituel du samedi après-midi.
Les bribes de conversation volètent et sont retenus ou non.
Parfois, seulement quelques mots vous font tendre l'oreille.
Pour moi, cela a été Coran et Mère.

Dans un premier temps j'ai été amusée par cette réflexion.

Existe-t-il un Coran réservé aux Mères, aux Pères, aux Frères et Soeurs et autres membres d'une famille ?
La "scie" de Claude François, "Si j'avais un marteau...", avait surgi de mon passé et résonnait drôlatiquement dans ma tête ainsi que le blasphème (?), puisque c'en est un de prêter serment ainsi à tout propos, pour tout et n'importe quoi, sur le nom d'un livre Saint, d'un prophète ou de Dieu.

Or l'oxymoron que représentait cette association antithétique m'interpellait. 
Ces deux termes antagonistes, Mère et Coran, à l'égal de deux voitures entrant violemment en collision frontal, formait une troisième image plus qu'hypothétique .

Car comment associer un livre fût-il Saint à une Femme ?
S'il y a effectivement un verset du Coran qui dit que "Le Paradis est sous les pieds des Mères", nos trois grandes religions monothéistes, de tout temps n'ont pas fait la part belle aux femmes, êtres subalternes et inférieurs s'il en est, devant rester humbles devant  l'indignité de leur sexe chargé de tous les vices.

Du pêché originel à la négation de l'âme pendant des siècles, les voix de deux femmes pour valoir celle d'un homme sont encore nécessaires lors d'un témoignage auprès de tribunaux dans certains pays.
Je ne veux pas aborder les questions de la lapidation, l'excision, la tutelle permanente des femmes...
Le peu de mots que je viens d'écrire orientent trop facilement nos regards et pourraient faire croire à une condamnation d'une partie de notre population, de confession musulmane, pour tout dire .

Cependant, les intégrismes de tous bords ressurgissent avec force.
L'exemple des églises protestantes américaines qui remettent en cause la théorie de Darwin et refusent son enseignement au sein des établissements scolaires au profit du "créationnisme" érigé en vérité universelle est bien là pour nous le rappeller.

Les meurtres de médecins qui pratiquent légalement des avortements, au nom du principe de "vie" à tout prix aussi, alors que dans le même temps la peine de mort est toujours prononcée et appliquée, avec de nombreux innocents éxécutés ou encore dans les couloirs de la mort aussi .
Comme paradoxe, on ne fait pas mieux, mais là encore, ce n'est pas de religion dont je veux parler.
Car ce serait bien trop simple et manichéen aussi.
Regarder chez les autres alors qu' ici, en France quel regard sur la Femme, la Mère pose notre société ?
 
Croyez-vous que ce jeune homme soit un cas unique ?
N'est-il pas habituel d'entendre par ailleurs :
-" Nique ta mère..."
-" Ta mère la pute..." 
-" Enculé de ta mère..." et j'en passe et des bien pires.

Comment une mère peut ainsi être ravalée à l'état de prostituée, encore moins vénérée qu'une "glorieuse" hardeuse de porno ?
La mère qui n'est pourtant jamais le sujet d'une quelconque conversation finit toujours par y apparaître en une ahurissante grossièreté, pouvant à tout moment déclencher une bagarre homérique.
Pas pour elle en tant que personne, non, non, non !
Seul le ton de l'insulte est le déclic, pas le terme employé.
Et chacun d'applaudir :-" On insulte pas ma mère, moi."
L'honneur serait donc sauf .

La mère ? aucune importance, elle n'est que le prétexte à faire montre de virilité et de testostérone mal maitrisée.
Autrefois, on aurait balancé entre "La Maman ou la Putain" .
Aujourd'hui, tout est dit. Elle est les deux et forme une troisième entité indigne d'intérêt, humiliée et humiliante pour toutes les femmes.

Ce langage est connoté ? Il sent sa cité à plein nez ?
Pas du tout ! Vous l'entendez partout, par des gamins bien de chez nous, bien mis, bien propres sur eux, tirés à quatre épingles et fleurant bon parfois aussi sa bourgeoisie locale.
Alors ? Où est le problème ?
Car il y en a bien un .

Comment une jeune fille, une femme, une mère peut ainsi être ravalée au rang de ...
Rien, un objet tout au plus ?

.../...
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danielle 06/12/2007 09:50

mouais, moi aussi les leçons de moral concernant mon ouverture d'esprit m'insupportent. Je ne sais pas si les adeptes d'une des trois religions que nous évoquons auraient autant de relations proches et d'amis qui pensent différemment...Il n'y a pas plus sectaires que ces gens qui pensent détenir l'unique vérité !! quant à moi, j'enseigne à mes enfants que dans le doute, je ne vois pas vers quelle religion les pousser !! athée est peut être synonyme de neutralité...en tout cas on ne voit pas les athées frapper aux portes pour expliquer pourquoi il ne faut croire en rien, on ne les voit pas non plus faire la guerre aux autres religions pour imposer "leur" vérité !!!! à méditer...
Quant aux droit de vote des femmes, peut m'importe que ce soit la gauche ou la droite qui en soit responsable, de toute façon je n'étais même pas née quand ces politiques sévissaient quel que soit leur bord...pourquoi tout rapporter à ce clivage droite-gauche !! je suis assez intelligente pour reconnaître que c'est simone veil qui a défendu le droit à l'avortement...je parlais juste des femmes et de la manière dont les religions les avaient asservies et écrasées !!! relevons un peu de débat, cher contrepoint, please...

contrepoint 05/12/2007 14:21

Excellentes citation et questions BCT ! Peut-être est-ce parce que l'affirmation de la citation est fausse car excessive que les paradoxes que tu soulèves existent. Si on se rend compte que la femme n'a pas partout et en tout lieu été l'esclave de l'homme, peut-être peut-on commencer à comprendre la complexité de la relation h/f qui n'est ni simple, ni univoque.

Circé 05/12/2007 14:48

@ BCT : la relation H/F est une alchimie particulière qui n'a nullement besoin de religion pour induire une notion d'infériorité et c'est en cela que j'en parlais, d'autant que le postulat de départ était "Sur le Coran de ma Mère"...@ Anaxag , l'expression "Sur le Coran de ma Mère" est maintenant devenue une affirmation banale du style : Je t'assure, je te promets, je te jure...@ Contrepoint : J'attends que vous me démontriez que pour les trois grandes religions monothéïstes dont je parle, la Femme n'est pas considérée comme un être inférieur .Et ne venez pas me parler d'individu s'il vous plaît, c'est par le biais de la religion que vous attaquez mon billet, et c'est par le même biais que j'attends vos réponses.

BCT 05/12/2007 00:12

"nos trois grandes religions monothéistes, de tout temps n'ont pas fait la part belle aux femmes, êtres subalternes et inférieurs s'il en est, devant rester humbles devant l'indignité de leur sexe chargé de tous les vices."
de tous les vices et de tous les pouvoirs... C'est vrai. Mais qu'est-ce qui a fait que certains hommes respectent la femme, la Mère, la fille ? Qu'est-ce qui fait qu'il y a parfois du sacré dans l'imaginaire de l'homme vis à vis de la femme ? Qu'est qui fait qu'éternellement les hommes et les femmes continueront à s'aimer ? Bien sûr je ne parle pas de ceux et celles qui veulent le pouvoir.
Quelqu'un pour démêler tout ça ?

AnaxaG 04/12/2007 23:03

"Sur le Coran de ma mère" : même si l'expression est déroutante, elle me semble pourtant portée vers le sacré, et non vers l'insulte. L'amalgame du respect pour ce dieu et pour la mère est même une grande nouveauté par rapport aux exemples que tu cites ensuite.
Car celui qui l'a prononcée pensait certainement que c'était ce qu'il avait de plus précieux.

Sur le reste de ton analyse, la femme ayant ce "pouvoir" de donner la vie et, incidemment, de décider de ne pas la donner, est peut-être, inconsciemment, déraisonnablement et "paranoïaquement", l'une des explications qui a poussé l'homme à lui interdire de penser par elle-même, pour qu'elle ne puisse pas se servir de ce pouvoir de ne pas continuer l'espèce.
Imaginez les femmes qui font la grève du sexe (voir la pièce d'Aristophane LYSISTRATA) ou qui décident de se stériliser toutes...

contrepoint 04/12/2007 10:38

Quant à ce que vous dîtes sur la place de la femme dans le vocabulaire des djeunes, j'y souscris évidemment. Je trouve simplement dommage de faire un lien avec la religion.

Circé 04/12/2007 11:48

La phrase de départ étant "Sur le Coran de ma mère", ne pas faire allusion à la Religion ' avec un grand "R ( qui pour moi englobe les trois grands cultes monothéistes)aurait été une imposture.

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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "