J'ai reçu aujourd'hui de ma mutuelle un bulletin d'information mensuel fort intéressant dont je
vous reproduis ici l'éditorial de son président :
" Le Président de la République a annoncé fin juillet la mise en place de franchises médicales afin de financer le plan Alzheimer, le plan cancer et le développement de soins palliatifs. Cette
annonce a été confirmée par la présentation du projet de loi de financement de la Sécuirté Sociale pour 2008 .
Pour la Mutualité Française, ces mesures sont injustes et reposent une nouvelle fois sur les patients, déjà largement mis à contribution. Visiblement, la réforme de 2004 n'a pas apporté les effets
promis. Le déficit du régime général en 2006 s'élevait à 8,7 milliards d'euros dont 5,9 milliards d'euros pour la santé ; et en 2007 le déficit prévu est 12,7 milliards d'euros dont 7,1 milliards
pour la santé.
Ces forfaits vont constituer un accroissement des inégalités devant les financements collectifs. De plus, il existe un grand risque de renoncement à l'accès aux soins.
L'affectation toute théorique du produit de ces franchises introduit un début de rupture dans le principe de solidarité. Ce ne sont plus les bien portants qui sont solidaires des patients, mais les
malades qui paient pour les malades.
L'instauration d'une franchise supplémentaire (déjà le 1 euro plafonné à 50 euros par an, les 18 euros sur les actes lourds, le forfait hospitalier de 16 euros) n'a pas pour but de responsabiliser
les assurés mais de fragiliser l'adhésion à un système solidaire.
Aujourd'hui, l'enjeu c'est bien l'organisation de notre système de santé et de son accès ouvert à tous ! Les franchises médicales ne répondent en rien à cet enjeu !
L'assurance maladie doit évoluer en gardant présentes et vives les valeurs fondatrices de la Sécurité Sociale : solidarité et universabilité . Chacun contribue en fonction de ses moyens et
reçoit en fonction de ses besoins.
Aujourd'hui les remèdes sont à rechercher autour de l'organisation de l'accès aux soins, d'une implantation médicale qui corresponde aux besoins des populations, de la politique tarifaire, de la
dette de l'état, de la politique du médicament, de la taxation des stock options,... Des idées partagées également dans le rapport annuel de la Cour des Comptes....
Le président du comité de section,
Michel AUFAUVRE "
Voilà, rien de plus, mais rien de moins .
Arrêtons d'être les "bénis oui-oui" d'une politique qui n'a rien de sociale, ni de solidaire.