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05 Nov

Fatras ( I ): Nicolas Sarkozy et ses Figures Tutélaires.

Publié par Circé  - Catégories :  #Dialectique et Politique UMP, Sarkozy

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         C'est pour le moins une drôle d'association d'idées qui m'est venue ce matin en pensant à Nicolas Sarkozy et à son discours, sa sémantique, sa dialectique, devrais-je dire puisqu'il aime beaucoup emprunter au discours de gauche, allons-y .

        Ceci dit, je vous rassure, je ne me rase pas !

        Ce qui m'ennuyait en fait, est que s'imposait à moi le recueil de poèmes de Prévert auquel j'ai emprunté le titre de ce billet, et je ne lui ai vraiment pas fait grand honneur.
        Est-ce la couverture du dit recueil édité chez folio qui représente un enfant qui joue à saute-mouton avec la mort qui m'a interpellée ainsi que le titre ?

Avouez tout de même que nombre d'entre nous se sont retrouvés tels des enfants naïfs devant celui qui avait effectivement annoncé tout ce qu'il fait et bien plus encore.

L'imaginer en grande faucheuse est peut-être excessif, encore que lorsque l'on voit ses attaques systématiques contre notre système de santé hérité du C.N.R ( Conseil Nationale de la Résistance ), des retraites, des fondements de la Vème république, je ne pense pas être finalement si caricaturale que cela.

Je me suis donc intéressée aux figures historiques qu'il n'a pas manquées de convoquer pour les utiliser à son profit, ainsi que certains mots qu'il a allègrement détournés et vidés de leur substance.

Au hasard de ses discours, j'ai donc noté bien des personnages ainsi que des mots qui par le passé ont suscité l'engouement, l'espoir et au moins pour l'un, une lourde menace.

Le premier grand homme a être utilisé a été Jean Jaurès.
Je suis allée donc restaurer ma mémoire, encore bonne certes, mais toujours perfectible.
Aussi je suis allée rechercher quelques renseignements essentiels.

Biographie de Jean Jaurès
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Docteur en philisophie, Jean Jaurès est élu député du Tarn de centre gauche.
La grève des mineurs de Carmaux en 1892 le marque profondément : il découvre alors la lutte des classes et acquiert la conviction que la révolution est inéluctable.

Il fonde dès lors un journal, 'La petite république', dans lequel il défend le socialisme républicain.
Il prend la défense de Dreyfus, faisant paraître les 'preuves de son innocence'.

Farouche partisan de l'unité socialiste, il est l'un des principaux artisans de la fusion des différentes sensibilités de gauche au sein de la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) et du journal L'Humanité qu'il a créé.

Dans le même esprit, il milite pour un dialogue entre les partis et les syndicats. 
Anticolonialiste, pacifiste, il s'insurge contre l'entrée en guerre de la France en 1914.

C'est la raison pour laquelle il est assassiné par Raoul Villain, un nationaliste, en plein coeur de Paris.
Ses cendres sont transférées au Panthéon dix années plus tard.
Son talent d'orateur et la force de ses convictions continuent de frapper les mémoires.

Impunité
29 Mars 1919

Après six jours de procès, Raoul Villain, l'assassin de Jean Jaurès, est acquitté. Incroyable mais vrai, son acte ne lui coûte rien : il échappe à la mobilisation comme à la condamnation pour meurtre. Son geste dirigé contre un opposant à la guerre peut-il être considéré comme le premier acte de guerre ? Le 6 avril, 30.000 personnes défilent en la mémoire de Jean Jaurès. Il méritait au moins cela.

J'ai fait de même pour Léon Blum :

Biographie de Léon BlumBlum-Leon.jpg

Adhérent du parti socialiste jauressien dès 1902, collaborateur de 'L' Humanité, Léon Blum devient chef du cabinet de Marcel Sembat  en 1914.

Mais c'est surtout après la guerre qu'il est amené à jouer un rôle politique majeur.
Lors du Congrès de Tours de 1920 qui entérine la scission communiste, il défend la IIe Internationale et fonde avec les autres 'fidèles' la SFIO.

Artisan du Cartel des Gauches en 1924, il préside de juin 1936 à juin 1937 le premier gouvernement du Front Populaire, composé d'une alliance entre socialistes, communistes et radicaux.

Les accords de Matignon (sur un relèvement des salaires), la semaine de 40 heures et la mise en place des congés payés demeurent parmi ses mesures les plus marquantes.

Malgré un éphémère retour au pouvoir en 38, il est évincé du paysage politique, ainsi que le Front populaire, désavoué par la bourgeoisie financière.
Livré aux Allemands par le gouvernement de Vichy, il échappe à la mort et il revient diriger le pays (décembre 46, janvier 47). Sa célébrité politique éclipse - à tort - ses talents d'écrivain.

Accords de Matignon
7 Juin 1936

Les accords de Matignon mettent fin a un puissant mouvement de grève en France. Ils reconnaissent le droit d’adhérer librement à des syndicats, ceux-ci devenant avec les délégués du personnel les interlocuteurs privilégiés du patronat, garantissent l’application du Code du travail et accordent des hausses sensibles de salaire. Dans la foulée, le gouvernement de Front populaire de Léon Blum, vote le droit à deux semaines de congés payés et la semaine de 40 heures. Le tourisme de masse et la société des loisirs sont en marche.

Ouverture du procès de Riom
19 Février 1942
 
Le gouvernement de Vichy assigne en justice les anciens dirigeants politiques et militaires français : Edouard Daladier, Guy La Chambre, Maurice Gamelin, Léon Blum et Robert Jacomet à Riom dans le Puy-de-Dôme. Ils sont accusés d'être responsables de la défaite de 1940. Plus de 400 témoins sont appelés à comparaître. Les juges ont pour instruction de juger les coupables sur la période allant de 1936 à 1940. Ainsi les actions du maréchal Pétain, ministre de la Guerre en 1934 sortent du champ du procès. Le procès de Riom tournera rapidement à la confusion et Hitler, irrité, le suspendra en avril. Les accusés seront renvoyés en prison puis livrés aux Allemands.

Révélation précoce
Il eut la révélation de l'injustice sociale en lisant, à quatorze ans, la pièce d'Emilie Augier, 'Les effrontés'. Une réplique retint son attention :
 
"Si la fortune est héréditaire, l'intelligence ne l'est pas ..."

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Une autre figure qui vient de faire débat est Guy Môquet.

Je pense qu'il est bien inutile que j'y revienne, mais il fait partie des figures tutélaires de l'histoire détournées par Nicolas Sarkozy.

Je ne pouvais toutefois pas faire l'impasse sur la biographie de Nicolas Sarkozy, dans laquelle on trouve des trous notoires, en particulier en matière de traitrise politique.

Rien sur la mairie de Neuilly enlevée à celui qui avait été son mentor, Charles Pasqua.
Rien non plus sur le coup de poignard dans le dos à J.Chirac lorsqu'en 1995, il choisit Edouard Balladur plutôt que celui qui l'avait aussi soutenu jusqu'alors.
Mais il paraît que c'est normal et qu'il n'a fait que copier son illustre prédécesseur .
Comme quoi il a bien retenu la leçon.

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Fils d'immigré hongrois, Nicolas Sarkozy a à son actif un parcours qui se veut sans faille.
En 1977, pas même âgé de 21 ans, il met déjà un pas dans le monde politique, devenant délégué national des jeunes du RPR.

L'enfant prodigue du RPR révèle un potentiel certain !
Maîtrise de droit en 1978, certificat d'aptitude à la profession d'avocat, DEA en sciences politiques et formation à de l'IEP de Paris.

Il devient avocat au barreau de Paris, mais l'ambition l'anime.
Maire de Neuilly sur Seine à 28 ans, député à 34 ans, ministre à 38 ans... l'ascension ne fait que commencer !
2002, une année charnière, Jean-Pierre Raffarin lui propose : ministre de l'Economie ou de l'Intérieur ?
Son idéal prend le dessus, il devient ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des libertés locales.

Dès lors Nicolas Sarkozy se pose comme homme de terrain et oeuvre pour nombre d'actions : l'insécurité, l'immigration clandestine, il milite par ailleurs pour l'intégration des jeunes d'origine étrangère. 
Numéro 2 du gouvernement, la gloire suscite quelques remarques : il empiéterait sur les préséances de ses collègues.

Cela ne l'empêche pas d'être élu à la tête de l'UMP avec 85, 1 % des voix en novembre 2004, mandat qu'il cumule à nouveau avec celui de ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire à partir de 2005, sous le gouvernement de Dominique de Villepin.

Ambitieux et volontaire, Nicolas Sarkozy met tous les atouts de son côté dans sa quête du pouvoir et n'hésite pas à dire ce qu'il pense, au risque de fâcher. 
Et c'est dans cette optique qu'il entreprend de représenter l'UMP à l'élection présidentielle de 2007, qu'il remporte avec plus de 53 % des voix face à Ségolène Royal.

Voilà pour les biographies .

Avec déjà ces renseignements, une comparaison s'impose.
Qu'y a-t-il de commun entre eux ? Absolument rien.
Les précédents avaient une vision de la Nation, du Bien commun, de la Justice .
Ce que patiemment les premiers ont construit, il le démolit méthodiquement.

Pour lui, seule l'ambition démesurée, l'égo surdimensionné, la soif de pouvoir absolu, la revanche l'animent.
Car ne l'oublions pas, pour lui les mots socialisme, communisme lui sont insupportables, obscènes.
Car même s'il convoque des figures historiques humanistes et sociales, il n'en est pas moins vrai que c'est Nicolas Sarkozy Nagy de Bocsa, fils de noble émigré hongrois humilié d'avoir été chassé par les communistes qui prend sa revanche.

Et que dire d'un premier ministre sous sa férule quasi inexistant, d'un ministre de la pêche et de l'agriculture relégué à son bureau telle une potiche, d'une Rama Yade ravissante et souriante secrétaire d'état auprès du ministre des affaires étrangères, chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme qui tente de trouver une contenance tant sa mission est vidée de tout contenu...
Alors les ambassadeurs ou consuls, on n'en parle même pas.

Nicolas Sarkozy se prenant pour un sauveur messianique ou un zébulon médiatique bondissant se retrouve partout.
Au Tchad, quitte à faire taxer la politique africaine de la France de néo-colonialisme.
Au Guilvinec, promettant encore une fois une exonération des charges sociales.
Surtout ne pas toucher aux profits mirobolants que s'engrangent les sociétés pétrolières.

Mais creuser un déficit pour mieux détruire la sécutité sociale ainsi que les régimes de retraite, Oui.

Pour lui, exit le Bien Public.
Enrichissons-nous, Enrichissons-nous...
Leitmotiv commun  avec ses amis Lagardère, Forgeard, Bolloré...

Pour les autres, ceux qu'élégamment le paternaliste Jean-Pierre Raffarin a qualifié de " France d'en bas", la dette publique, nationale, l'insécurité sociale, la culpabilité que l'on manie tel le père fouettard s'ils ne sont pas d'accord, égoïstes qu'ils sont de ne pas vouloir cracher au bassinet, amoindrir encore leur pouvoir d'achat, leur couverture sociale, leur retraite...

Mais ce n'est ici que ma première partie :

Demain, je m'attaquerai au New Deal, puis aux accords de Grenelle, les vrais ceux-là.



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" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "