Mercredi 26 décembre 2007

Lalla Fatma est une adorable vieille dame de 88 ans. 
C'est la soeur aînée de mon beau-père. 
En dehors d'être sa soeur, c'est aussi une pétulante mère, grand-mère et arrière grand-mère.

Le sourire aux lèvres, les yeux malicieux et le rire en cascade sont sa carte de visite.
Elle ne manque ni d'allant, ni d'entrain malgré son grand âge.
Son sens de l'humour et son esprit de répartie sont légendaires.
Sous ses dehors guilleret, la vie ne l'a pourtant pas épargnée.

Lalla Fatma est veuve depuis l'âge de 29 ans.
Son mari, elle l'avait choisi et aimé. 
Mais la guerre de 39-45 qui ne faisait aucune discrimination entre indigène et français de souche lui a pris son aimé, le père de ses enfants.
Elle a toujours refusé le joug d'une nouvelle union, sachant ce que cela pouvait signifier pour elle autant que pour ses enfants.

Alors elle a retroussé ses manches, travaillé sa terre encore plus durement et élevé dignement ses enfants.
Tous les prétendants qui sont venus la demander en mariage ont été éconduits.
Gentiment mais fermement. 
Et ils ont été fort nombreux.

Car Lalla Fatma a été et reste toujours une belle femme.
Ses yeux verts pétillants de joie éclairent toujours son visage à la carnation ivoirine.
Ses lèvres encore bien dessinées cachent deux rangées de dents, dont peu manque.
La blancheur de ses cheveux longs et ondulés est voilée et occultée par la couleur fauve du henné.

Suprême signe de beauté, ses ongles de main et de pied sont recouverts de la même couleur ambrée, tandis que les tatouages indigo de son front et de son menton rehaussent la blancheur de son teint.

Lalla Fatma est alerte.
Elle a de la prestance dans le maintien, et se tient toujours très droite lorsqu'elle s'assied.
Sa démarche ressemble à une danse lente et fluide.
Elle et ma Belle-Mère sont les deux seules femmes que je vois se déplacer avec autant de légèreté. 
Elles glissent sur le sol dans un fin bruissement d'étoffes et caressent le sol plutôt que de le fouler.

Son esprit est vif et agile.
Elle se souvient de tous les membres aujourd'hui disparus de sa famille.
Les anecdotes sont profusion et parlent aussi de l'histoire des femmes de Kabylie.
Des bains qu'elle allait prendre en compagnie des femmes de sa famille dans une source avoisinante.

Les hommes qui par respect ne se risquaient pas dans ce lieu d'intimité réservé aux femmes.
Elle raconte la fraîcheur de l'eau sur la nuque, la chevelure qui s'étire dans l'eau ondoyante, les corps qui se débarrassent de la poussière et de la fatigue harassante des travaux des champs.

Les vêtements qui sont lavés et sèchent sur les pierres chaudes en peu de temps.
Les rires et les éclaboussements que réservaient les plus jeunes aux plus âgées.
Les mariages choisis par la famille, celui de mon beau-père et de ma belle-mère par exemple après la guerre de Libération.

C'est en riant que j'apprends que mon beau-père puisqu'on lui imposait ce mariage avait expressement demandé qu'on lui choisisse une femme stérile.
Il estimait qu'il y avait assez d'orphelins de père dans sa famille pour s'occuper d'eux plutôt que de fonder sa propre famille.

Et c'était exactement le cas de ma Belle-Mère qui avait été répudiée au bout de quatre années de mariage par son premier époux à qui elle n'avait pu donner d'enfant.
Il n'est que peu d'exception en matière d'infertilité.
Les femmes en sont immédiatement accusées, tandis que les hommes, orgueil ou vanité de mâle mal placé, font trop souvent de fâcheux amalgame entre stérilité et impuissance et refusent d'admettre leur rôle dans ce problème.
D'autant plus dans les sociétés traditionnelles.

Ainsi donc, mon Beau-Père s'est vu présenter sa femme au soir de son mariage et s'est  retrouvé rapidement père d'un, puis de deux, trois, quatre...huit enfants !
Je le raconte avec beaucoup de Joie et de Bonheur.
L'histoire est encore plus savoureuse lorsque l'on sait que ce mariage a été arrangé et qu'il a marché.

Ils se sont découverts, respectés puis aimés, l'un étant le complément de l'autre.
Je connais tellement d'autres couples dont l'histoire est une faillite épouvantable à l'origine de tant de douleurs, que j'apprécie à sa juste valeur leur chance.

Lalla Fatma est ainsi la mémoire de la famille.
Elle conserve toujours sur toutes et tous des anecdotes truculentes ou pathétiques d'émotion.    

La dernière fois que je l'ai vue, Lalla Fatma en compagnie de ma Belle-Mère allaient présider aux préparations des festivités du mariage simultané de deux de leurs petits neveux pour l'une, neveux pour l'autre.
En partant, avec un petit sourire taquin, esquissant quelques voluptueux pas de danse, elle m'a roucoulée à l'oreille qu'elle allait se chercher un fiancé...
Et pendant les cinq jours de fête qui ont suivi, elle s'est activée, a dansé tout en émettant les traditionnels youyous d'allégresse.

Lalla Fatma est dans mes pensées.
La soeur de mon compagnon ainsi que son mari et leur petite fille sont venus passer la soirée du 24 décembre avec nous.
J'ai appris avec beaucoup de chagrin que Lalla Fatma avait perdu son sourire.
 
Sa petite-fille est étudiante.
Je l'ai rencontrée lors de mon dernier séjour en Algérie.
Elle est l'une des nombreuses personnes blessées lors des attentats meurtriers du 11 décembre dernier à Alger. Son corps est meurtri mais il guérira.

Cependant, ses nuits sont peuplées d'horribles cauchemars où elle revit en boucle l'explosion de la voiture conduite par l'un des kamikaze, le bâtiment soufflé et la désintégration sous ses yeux du mini-bus qui transportait ses amis, étudiants comme elle.
Les cris, la poussière, la douleur, l'odeur et la couleur du sang. 

Et pour eux comme pour moi la colère...
La colère de savoir que ce Kamikaze a été gracié et relâché en raison d'une pseudo politique de réconciliation.
La faillite, l'incurie d'un état irresponsable.

De vieilles badernes qui refusent de céder la gouvernance aux plus jeunes.
Dès fois qu'eux y arriveraient, après des années d'agénésie de fausse démocratie, à relever ce pays riche de tout ! 
Alors, sombrer de nouveau dans le pire et l'ignoble plutôt que d'accepter que l'heure est venue pour ce pays d'évoluer réellement loin de la corruption et des incapables de tout poil.

Et enfin, comment reconstruire un pays sur autant de larmes, de drames, de tragédies avec un tel déni de justice ?
Celui qui a massacré votre famille se retrouve libre. 
Et l'assassin est mieux loti que vous-même !
Une fois relachés, certains sont déplacés, logés et ont emploi à la clé.
D'autres se font explosés. 

   Quels Injustice, Cruauté, Iniquité, Scélératesse, Mépris pour le peuple algérien .


* Ce billet n'est pas celui initialement prévu .
Mon émotion et ma colère sont grandes. Plus jamais le SILENCE...

par Circé publié dans : Terrorisme, Kabylie, Algérie communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Mercredi 26 décembre 2007
Point de trêve pour notre nouveau Chanoine.
Tout ! Pourvu qu'il occupe la scène médiatique .
Même et surtout si c'est du plus mauvais goût .
Mauvais goût qui règne désormais en maître à la tête de notre République Française.  

Nous assistons donc à de très mauvaises copies de vieux romans photos grotesques et tartignoles à souhaits.
Du style "Nous Deux" ou "Intimité", magazines qui n'étaient rien moins qu'un ramassis de fadaises les plus niaises et crétines qui soient, réservés à l'époque de mon enfance aux gourdes et autres godiches décervelées que l'on préparait au rôle de mère et épouse soumise aux bons vouloirs de leur seigneur et maître de mari.
C'est dire !

Cependant ma perplexité est grande.
Celui qui est malheureusement notre président ne tenterait-il pas de nous habituer à de bovines panouilles pour mieux nous décérébrer et nous manipuler ?
Son mépris est grand et palpable à notre encontre.

Mais qu'attendre d'un personnage qui au soir de son élection s'invite au Fouquet's (Quid de la facture ?) en compagnie de personnages plus obcènes et incultes les uns que les autres ?
prend une semaine de vacances de milliardaire en compagnie de celle qui n'était déjà plus son épouse ? (on comprend mieux son abstention au second tour !)
nous joue la comédie du mari attentionné et aimant au jour de son "intronisation" à l'Elysée ?
part en vacances aux Etats-Unis dans le lieu de villégiature préféré des stars du dit pays à grand renfort de photos retouchant son anatomie rebondie et défection drôlatique de l'épouse victime d'angine blanche au déjeûner de G.Bush? (les corps mensongers ?)

met en scène son divorce pour occulter une grève mémorable de par les chiffres ? 
sort de son placard la poupée gonflable de service pour cacher le solécisme grossier et dévastateur pour sa notoriété d'une odieuse réception de dictateur africain ?
s'affiche en compagnie de la nouvelle égérie papier glacé chez le plus grand signe d'inculture qui soit ? ( j'ai nommé Mickey! ) 
puis nous inflige un discours pédant et infatué au Vatican ? (discours qu'il n'a bien évidemment pas écrit, excellant dorénavant dans l'art de l'illusion ) 

Le pantin marionnettiste dans ses oeuvres à l'unisson de la pensée débilitante qu'il nous administre régulièrement pour nous anesthésier.
Ainsi, il ose déclarer :

" L'Intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres n'ont pas rendu les français plus heureux..." Sic Nicolas Sarkozy.

Notre tout nouveau chanoine, en "grand Homme" de savoir" et surtout de pouvoir appelle de ses voeux un retour au spirituel (?).

La désaffection des paroisses rurales serait donc la source de tous nos maux.
C'est faire bien peu cas de notre histoire.
Il ne faut pourtant pas être "grand clerc" à défaut de chanoine pour savoir qu'historiquement la fin programmée du monde rural (et par là même celle des paroisses rurales) date du XIXème siècle .

L'Industrialisation de notre pays, les saignées des deux grandes guerres puis la reconstruction de notre pays tant au niveau industrielle qu'urbanistique a été une grande pourvoyeuse de main d'oeuvre dans les villes.
Les 30 glorieuses en point d'orgue !
Nous pense-t-on tellement niais(es) et idiot(es) pour tenter de nous faire avaler de telles nigauderies et nous réécrire l'histoire à volonté ?
La fréquentation des paroisses rurales est donc à l'image de la ruralité en France, quasiment inexistante.

Autre diagnostic, les banlieues seraient donc des déserts spirituels.
Vouer encore une fois aux gémonies les habitants des banlieues et les rendre responsables et vecteurs de la décadence (?)de notre pays est décidément d'un simplisme consternant.
Il me semble que les conseillers de notre sieur Sarkozy n'y vont guère dans ces banlieues.
Certes, ce n'est plus le catholicisme d'antan qui plastronne et fanfaronne.

Cependant de nombreuses congrégations religieuses de différentes obédiences s'y implantent et existent.
Les nier, les occulter est un déni de vérité.
Je ne peux m'empêcher de sentir l'insinuation grossière de l'étranger et du musulman derrière le terme de "Banlieues" devenues infréquentables et méprisables.
Quarante années d'échec de politiques urbanistiques comme début d'explication, Non ? Impossible ?

Et la pénurie de patronage...
Waouh, alors comme argument percutant, vraiment, j'en frémis !
Dans mon enfance, je me souviens de vacances dans les Vosges où habitait une partie de la famille de ma mère.
Nous n'allions pas à l'Eglise, mon père étant athée et ma mère s'étant engagée après nous avoir fait baptiser en cachette à ne pas nous envoyer au cathéchisme, ni à la messe ou encore auprès de quelque congrégation religieuse fût-ce en l'occurence pour le patronage.
Le choix ou non d'une religion devant nous incomber lorsque nous serions en mesure d'avoir un entendement de personne majeure et consentante.

Je me souviens comme nous avons été rapidement taxés d'hérétiques et de païens, de mécréants mis à l'index et condamnés irrémédiablement au feu de l'Enfer .
Durant le temps de la messe nous devions nous cacher et ne pas sortir.
Certains enfants ne jouaient plus avec nous et ceux qui continuaient nous parlaient justement des patronages.
Et ce n'était pas pour eux la panacée, croyez-moi.
Les fessées, actes de contrition pour un oui ou pour un non, humiliation publique y étaient choses courantes, sans compter les dames patronesses qui jouaient les  "confesseuses" pour mieux utiliser les renseignements donnés contre les familles.

Est-ce de cela dont est nostalgique Nicolas Sarkozy ?
Comme il propose son fils Jean à Hu Jintao pour recevoir plus d'autorité, je serai tentée de le croire.   

La pénurie de prêtre ...
Bien, la question mérite sans doute que l'on pose le fond de la question.
L'interdiction faite aux prêtres catholiques de se marier.
Il me semble que le véritable problème est là.
La société a bougé, évolué. Les textes et canons de l'Eglise diraient que...
Cependant tous les textes sont apocryphes. 
Les disciples du Christ étaient tous mariés et pères de famille.

Comment se sentir proche d'une église qui est en dehors du temps, prône l'abstinence et la chasteté alors que le sida fait des ravages, parle de pauvreté mais vit sous les ors du Vatican et qu'un pape se permet des vacances à plus d'un million d'euros ?

La foi est une chose.
Elle ne s'oblige pas, ne se contraint pas.
L'exemple est plus formateur que le discours.
Mais quel exemple nous donne-t-on ?
Et je ne veux pas parler historiquement du scandale de la position de l'église pendant la dernière guerre sous le régime nazi, ni de ceux de la pédophilie avérés et révélés de certains prêtres. 

J'ai, je vous rassure, dans mon entourage des contre-exemples évidents et tout à fait favorables et élogieux de personnes dignes et respectacles qui mettent en adéquation leur foi et leurs actes.
L'un d'entre eux est même prêtre ouvrier et syndicaliste.
Mais l'Eglise n'est-elle pas elle-même victime de sa propre désaffection ?

Alors qu'un chanoine même honoraire, vivant dans le clinquant et l'opulence comme n'importe quel "M'as-tu vu" de parvenu, demandant par ailleurs à longueur de journée aux français qu'il gouverne de se serrer la ceinture, étale avec complaisance sa vie privée, ses conquêtes, ses vacances fastueuses et orgiaques au pays des Pharaons,et donne en quelque sorte son "Imprimatur" au réprésentant de Saint Pierre, cela m'interpelle.

Car pour faire plus court, est-ce qu'il n'est pas tout simplement en train de nous dire :

- Retournez à vos églises, mosquées, synagogues, temples et autres..., car compte tenu de la France que je vous prépare, de vos droits que je lamine sans morale aucune, il ne vous restera effectivement plus qu'à croire en une intervention divine pour pouvoir survivre.
Après moi,tel Attila plus aucun salut...
De la Sécurité Sociale j'aurais fait un désert.
Du code du travail une morne plaine.
De vos congés et retraites des mots de vocabulaires obsolètes qui n'auront plus cours même dans le dictionnaire.
De votre porte-monnaie à peine une pauvre tirelire pour enfant désargenté.
Et de la pauvreté votre nouvelle royauté .

                       Alors, Aux Armes Electorales Citoyennes et Citoyens !

                                                      A Gauche toutes et tous ...
par Circé publié dans : Dialectique et Politique UMP, Sarkozy communauté : blogsLOIRETcitoyens
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