Lundi 31 décembre 2007

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C'est le titre du dernier livre d'Alain BADIOU .
Ecrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure.

Aucun répit dans notre actualité, de toute part.
Dès demain, mise en place des mesures les plus injustes qui soient depuis des décennies :
- Mise en place de la énième franchise médicale qui va tous nous toucher et en particulier les malades victimes de cancer, sida, myopathies, handicaps, diabéte, et tous ceux qui sont atteints de maladies chroniques,
- Augmentation de la facture de gaz de 4%,
- Augmentation des cotisations des mutuelles entre 5 et 8 %,
- Augmentation des assurances multi risques habitation...
- Aucun pouvoir d'achat,
- Choniques des morts annoncées du code du Travail, des 35H, du contrôle de l'amplitude horaire journalière,
- Création et mise en place d'un fichier d'étrangers expulsables ainsi que de ceux qui les hébergent...

 Bref, Tous les Voeux de Bonne Année que ne va pas manquer de nous souhaiter N.S !

Alors pour nous aérer la tête, le coeur et l'esprit, pour que nous rassemblions nos forces autour de véritables idées de Gauche, je ne résiste pas et vous mets ici quelques extraits de ce livre passionnant et qui démonte le "sarkozysme" dans tous ses états :

                     Le "Pétainisme" comme transcendental de la France

...Dans le cas de notre pays, nommer ce transcendental "pétainiste " évite de le nommer, soit faiblement, antidémocratique ou bonapartiste (ce sont des qualifications de gauche); soit de le qualifier de fasciste, ou de pré-fasciste, ce qui serait excessif, ultra-gauche.
   Je propose de dire que "pétainiste" est le transcendental, en forme des formes étatiques et catastrophiques de la désorientation. Nous avons une désorientation majeure, elle se présente comme un tournant dans la situation, elle est solennellement active à la tête de l'état.
De ce point de vue, encore formel, il y a une tradition nationale du pétainisme qui est antérieure à Pétain.
   Le pétainisme commence en réalité en France avec la Restauration de 1815. Un gouvernement post-révolutionnaire se réinstalle dans les fourgons de l'étranger, avec l'appui vigoureux des émigrés, des classes renversées, des traîtres et opportunistes de tout acabit, et le consentement d'un peuple fatigué. Il déclare qu'il restaure l'ordre et la moralité publics, contre l'anarchie sanglante des révolutions. Cette matrice, typiquement française, insiste dans notre histoire.
En 1940, on retrouve la figure emblématique de la défaite militaire, comme prétexte pour une désorientation majeure: comme, par exemple, un gouvernement qui n'a à la bouche que la "nation", mais qui est installé par l'étranger; des oligarques corrompus jusqu'à l'os qui se présentent comme ceux qui vont sortir le pays d'une grande crise morale; un aventurier, roi cacochyme, vieux militaire ou politicien retors, toujours homme de main des grandes fortunes, qui se présente comme le vrai détenteur de l'énergie nationale.
   N'avons-nous pas aujourd'hui, comme une répétition misérable de ces graves dépressions historiques que la France s'inflige à elle-même, de nombreux traits de ce genre ?
   D'abord, dans ce type de situation "pétainiste", la capitulation et la servilité se présentent comme invention, résolution et régénération. Il est tout à fait essentiel que Sarkozy ait fait campagne sur le motif de la rupture. Ruptures, profondes réformes, mouvement aussi incessant que celui des moustiques: Sarkozy annonce qu'il va surmonter la crise morale de la France, il va la remettre au travail.
C'est quand même formidable de dire aux gens, dans l'état où ils sont, et du haut du costume trois-pièces du maire de Neuilly : " Je vais vous remmetre au travail, moi!"
On dirait une bourgeoise du XIXème siècle s'adressant à sa bonne. Mais non, c'est la rupture, c'est le renouveau. Le contenu est évidemment l'obéissance sans réserves aux exigences des potentats du capitalisme mondialisée. La situation militaire est l'affaire des Américains, la situation intérieure celle des grands financiers, etc, etc. On ne frappera que les faibles, les pauvres, les étrangers. La "rupture" est en réalité une politique de la courbette ininterrompue, qui va se présenter comme une politique de régénération nationale.
C'est là une désorientation typiquement pétainiste : la servilité devant les puissants...

  On va en appeler au redressement moral, au travail, à l'économie familiale, terminologie exactement pétainiste, qui permet de dire que l'Etat, lui est chargé de tout, puisque les gens sont en état de crise morale. Dans les ténéèbres de la crise, il faut seulement honorer les individus qui font, à l'appel de l'Etat et de son chef de méritoires efforts contre le déclin. Par exemple, en se faisant une joie de travailler soixante heures par semaine. Ceux-là, on leur donnera une médaille en chocolat. Comme ne cesse de le dire l'homme aux rats, il faut "récompenser le mérite"...

   Il s'agit de dire que l'état du pays n'est aucunement le résultat de l'action des grands serviteurs du capital et de leur clientèle médiatique et politicienne, mais la faute des gens, de la "moralité" des citoyens quelconques...


   Bref, je me rends compte que si je ne m'arrête pas, je vais vous mettre tout le chapitre, les chapitres.

     Un livre à découvrir de toute urgence pour ceux qui ne le connaissaient pas.

          A TOUTES ET A TOUS BONNE ET EXCELLENTE ANNEE 2008

                 Dans la Vigilance, la Résistance et l'Action Citoyenne

par Circé publié dans : Dialectique et Politique UMP, Sarkozy communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Samedi 29 décembre 2007

Photos glacées et Papier Glacé. 
Sans doute une pollution médiatique que n'avait pas prévue notre président bling-bling dans son "plan com et cul" .
C'est peut-être pour cela qu'une irritation toute personnelle lui aura fait donner des tirs de sommation pour éloigner des journalistes empressés (mais peut-être pas assez connus ?), comme le relate kamizole dans l'un de ces derniers billets.

Faut-il être bien sot ou pauvre journaleux nécessiteux aux ordres d'une presse assujettie à notre troll national, pour le suivre brides au cou dans cette galère bien réelle, et lui faire une publicité délisquescente et abâtardie à souhait via ses fredaines et autres ineptes toquades.

Mais voilà, "l'Actualité" avec un grand "A" l'a évincé.
Quelques instants s'entend, car nul doute qu'il ne nous trouvera une énième ganacherie pour reprendre la main.
 
Une Femme est morte.
Bénazir Bhutto a été cette fois, la victime suppliciée d'un énième attentat qui la visait.
Le ou les responsables : Al-Qaïda, Pervez Musharaf, des intégristes ?
Nul doute que pour tous cela soit un soulagement.

Au-delà des polémiques anciennes et des accusations de corruptions réelles de certains de ses proches conseillers, d'alliances plus que douteuses avec des figures de l'intégrisme sunnite, sa mort laisse le Pakistan à quelques jours d'un scrutin électoral décisif en proie au désespoir, à la violence et à la déstabilisation.

Cette fin d'année amène donc et toujours ses lot et flot de morts absurdes et inutiles.

Dans quelques jours je serais de nouveau grand-mère.
Deux petitous devraient agrandir ma/notre famille.
Comme bien des grands-parents j'aurais aimé me pencher au-dessus de leurs berceaux, leur souhaiter la bienvenue et les accueillir dans un monde fait de Lumière où il fait bon vivre, où les mots Amour, Liberté, Egalité, Fraternité, Solidarité ne seraient pas des vains mots.

Je sais les Bonnes Fées n'ont jamais existé, ni les Enchanteurs.
Cependant, ce sera toujours pour eux, pour les miens et pour tous les autres enfants, parents, grands-parents, arrière grands-parents... que je tenterai de rester debout et de ne jamais accepter l'inacceptable .

Tant sur notre territoire,
N'ayant jamais voté pour ce président peu reluisant qui détruit nos droits et vies en créant les plus grandes injustices et violences sociales qui soient depuis le XIXème siècle,
Qu'au niveau International où notre politique n'est à la hauteur de rien sinon des portefeuilles des entreprises du CAC40 amies d'un certain... ?

                                         Il n'est pas mon Président !

par Circé publié dans : caricature, information et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Jeudi 27 décembre 2007




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Un nouveau traité –dit traité de Lisbonne- vient d’être approuvé par les dirigeants européens suite au rejet du projet de traité constitutionnel refusé majoritairement par les Français et les Néerlandais lors des référendums de mai et juin 2005.


C’est donc à nouveau le suffrage universel qui doit trancher par référendum.


Sur un sujet qui a tant d’influence sur la vie de chacun et l’avenir de la France, l’organisation d’un nouveau référendum est une exigence démocratique majeure pour notre pays. C’est aussi une nécessité pour la construction européenne qui doit être fondée sur l’adhésion des peuples et la souveraineté populaire.


Seule une mobilisation sans précédent des citoyens peut obliger le président de la République à organiser un référendum. Il y sera contraint s’il n’obtient pas, début 2008, 3/5 des suffrages exprimés des parlementaires pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ainsi les députés et les sénateurs ont le pouvoir d’imposer le référendum, en votant contre cette révision de notre Constitution.


C’est pourquoi des personnalités diverses, les signataires de différents appels déjà lancés sur ce sujet, ont décidé de rassembler leurs efforts au sein d’un Comité National pour un Référendum.


Nous appelons en urgence toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à une Europe fondée sur l’adhésion des peuples, qu’ils soient pour ou contre ce nouveau traité, à nous rejoindre pour empêcher un déni de démocratie et exiger la tenue d’un référendum.




Je signe l'appel Je signe l'appel

par Circé publié dans : Référendum, Traité Européen, Politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Mercredi 26 décembre 2007

Lalla Fatma est une adorable vieille dame de 88 ans. 
C'est la soeur aînée de mon beau-père. 
En dehors d'être sa soeur, c'est aussi une pétulante mère, grand-mère et arrière grand-mère.

Le sourire aux lèvres, les yeux malicieux et le rire en cascade sont sa carte de visite.
Elle ne manque ni d'allant, ni d'entrain malgré son grand âge.
Son sens de l'humour et son esprit de répartie sont légendaires.
Sous ses dehors guilleret, la vie ne l'a pourtant pas épargnée.

Lalla Fatma est veuve depuis l'âge de 29 ans.
Son mari, elle l'avait choisi et aimé. 
Mais la guerre de 39-45 qui ne faisait aucune discrimination entre indigène et français de souche lui a pris son aimé, le père de ses enfants.
Elle a toujours refusé le joug d'une nouvelle union, sachant ce que cela pouvait signifier pour elle autant que pour ses enfants.

Alors elle a retroussé ses manches, travaillé sa terre encore plus durement et élevé dignement ses enfants.
Tous les prétendants qui sont venus la demander en mariage ont été éconduits.
Gentiment mais fermement. 
Et ils ont été fort nombreux.

Car Lalla Fatma a été et reste toujours une belle femme.
Ses yeux verts pétillants de joie éclairent toujours son visage à la carnation ivoirine.
Ses lèvres encore bien dessinées cachent deux rangées de dents, dont peu manque.
La blancheur de ses cheveux longs et ondulés est voilée et occultée par la couleur fauve du henné.

Suprême signe de beauté, ses ongles de main et de pied sont recouverts de la même couleur ambrée, tandis que les tatouages indigo de son front et de son menton rehaussent la blancheur de son teint.

Lalla Fatma est alerte.
Elle a de la prestance dans le maintien, et se tient toujours très droite lorsqu'elle s'assied.
Sa démarche ressemble à une danse lente et fluide.
Elle et ma Belle-Mère sont les deux seules femmes que je vois se déplacer avec autant de légèreté. 
Elles glissent sur le sol dans un fin bruissement d'étoffes et caressent le sol plutôt que de le fouler.

Son esprit est vif et agile.
Elle se souvient de tous les membres aujourd'hui disparus de sa famille.
Les anecdotes sont profusion et parlent aussi de l'histoire des femmes de Kabylie.
Des bains qu'elle allait prendre en compagnie des femmes de sa famille dans une source avoisinante.

Les hommes qui par respect ne se risquaient pas dans ce lieu d'intimité réservé aux femmes.
Elle raconte la fraîcheur de l'eau sur la nuque, la chevelure qui s'étire dans l'eau ondoyante, les corps qui se débarrassent de la poussière et de la fatigue harassante des travaux des champs.

Les vêtements qui sont lavés et sèchent sur les pierres chaudes en peu de temps.
Les rires et les éclaboussements que réservaient les plus jeunes aux plus âgées.
Les mariages choisis par la famille, celui de mon beau-père et de ma belle-mère par exemple après la guerre de Libération.

C'est en riant que j'apprends que mon beau-père puisqu'on lui imposait ce mariage avait expressement demandé qu'on lui choisisse une femme stérile.
Il estimait qu'il y avait assez d'orphelins de père dans sa famille pour s'occuper d'eux plutôt que de fonder sa propre famille.

Et c'était exactement le cas de ma Belle-Mère qui avait été répudiée au bout de quatre années de mariage par son premier époux à qui elle n'avait pu donner d'enfant.
Il n'est que peu d'exception en matière d'infertilité.
Les femmes en sont immédiatement accusées, tandis que les hommes, orgueil ou vanité de mâle mal placé, font trop souvent de fâcheux amalgame entre stérilité et impuissance et refusent d'admettre leur rôle dans ce problème.
D'autant plus dans les sociétés traditionnelles.

Ainsi donc, mon Beau-Père s'est vu présenter sa femme au soir de son mariage et s'est  retrouvé rapidement père d'un, puis de deux, trois, quatre...huit enfants !
Je le raconte avec beaucoup de Joie et de Bonheur.
L'histoire est encore plus savoureuse lorsque l'on sait que ce mariage a été arrangé et qu'il a marché.

Ils se sont découverts, respectés puis aimés, l'un étant le complément de l'autre.
Je connais tellement d'autres couples dont l'histoire est une faillite épouvantable à l'origine de tant de douleurs, que j'apprécie à sa juste valeur leur chance.

Lalla Fatma est ainsi la mémoire de la famille.
Elle conserve toujours sur toutes et tous des anecdotes truculentes ou pathétiques d'émotion.    

La dernière fois que je l'ai vue, Lalla Fatma en compagnie de ma Belle-Mère allaient présider aux préparations des festivités du mariage simultané de deux de leurs petits neveux pour l'une, neveux pour l'autre.
En partant, avec un petit sourire taquin, esquissant quelques voluptueux pas de danse, elle m'a roucoulée à l'oreille qu'elle allait se chercher un fiancé...
Et pendant les cinq jours de fête qui ont suivi, elle s'est activée, a dansé tout en émettant les traditionnels youyous d'allégresse.

Lalla Fatma est dans mes pensées.
La soeur de mon compagnon ainsi que son mari et leur petite fille sont venus passer la soirée du 24 décembre avec nous.
J'ai appris avec beaucoup de chagrin que Lalla Fatma avait perdu son sourire.
 
Sa petite-fille est étudiante.
Je l'ai rencontrée lors de mon dernier séjour en Algérie.
Elle est l'une des nombreuses personnes blessées lors des attentats meurtriers du 11 décembre dernier à Alger. Son corps est meurtri mais il guérira.

Cependant, ses nuits sont peuplées d'horribles cauchemars où elle revit en boucle l'explosion de la voiture conduite par l'un des kamikaze, le bâtiment soufflé et la désintégration sous ses yeux du mini-bus qui transportait ses amis, étudiants comme elle.
Les cris, la poussière, la douleur, l'odeur et la couleur du sang. 

Et pour eux comme pour moi la colère...
La colère de savoir que ce Kamikaze a été gracié et relâché en raison d'une pseudo politique de réconciliation.
La faillite, l'incurie d'un état irresponsable.

De vieilles badernes qui refusent de céder la gouvernance aux plus jeunes.
Dès fois qu'eux y arriveraient, après des années d'agénésie de fausse démocratie, à relever ce pays riche de tout ! 
Alors, sombrer de nouveau dans le pire et l'ignoble plutôt que d'accepter que l'heure est venue pour ce pays d'évoluer réellement loin de la corruption et des incapables de tout poil.

Et enfin, comment reconstruire un pays sur autant de larmes, de drames, de tragédies avec un tel déni de justice ?
Celui qui a massacré votre famille se retrouve libre. 
Et l'assassin est mieux loti que vous-même !
Une fois relachés, certains sont déplacés, logés et ont emploi à la clé.
D'autres se font explosés. 

   Quels Injustice, Cruauté, Iniquité, Scélératesse, Mépris pour le peuple algérien .


* Ce billet n'est pas celui initialement prévu .
Mon émotion et ma colère sont grandes. Plus jamais le SILENCE...

par Circé publié dans : Terrorisme, Kabylie, Algérie communauté : blogsLOIRETcitoyens
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