Dimanche 18 novembre 2007
6256, GI' américains vétérans des deux guerres d'Irak ainsi que de l'Afghanistan se sont suicidés en 2005 .
C'est ce que confirme une enquête de la chaîne de télévision américaine CBS qui épingle l'armée qui a préféré laisser tomber un "voile pudique" sur ces chiffres connus .
Car ce sont des études de plusieurs médecins de l'US Army qui ont révélé cette quasi épidémie.
Statistiques macabres :
- 8,9% de la population pour 100.000 habitants se suicident aux Etats-Unis.
- 18,7 à 20,8% , chez les militaires, pour atteindre
- 22,9 à 31,9 % , pour la tranche d'âge des 20/24 ans qui ont combattu dans les forces armées américaines durant un ou plusieurs de ces conflits.
Une moyenne de 17 suicides par jour.
Et les cas recensés ne tiennent compte que des soldats revenus sur le sol américain.
Silence sur ceux qui craquent sur le terrain .
Les parents de ces jeunes soldats commencent à demander des comptes à l'armée.
Le Pentagone lui-même reconnait que le problème a été sous-estimé.
Ainsi la même enquête révéle que :
- 20,3% des soldats en activité souffrent de troubles mentaux, ainsi que
- 42,4% des soldats appartenant aux unités de réserve.
Par ailleurs, les anciens combattants représentent 1/4 des sans abris aux Etats-Unis.
Des chiffres qui en disent long sur l'état des troupes américaines.
Le souvenir de la guerre du Vietnam a fait long feu.
La souffrance et le traitement des vétérans si mal accueillis aussi.
Les conflits : d'Irak en 1992, d'Afghanistan, puis de nouveau d'Irak depuis 2003 pourraient-ils faire enfin entendre que "Nul ne sort indemne" de conflits armés ?
On a beau parlé de dommages collatéraux, de frappe chirurgicale, ou autres termes, ce ne sont que de doux euphémismes pour parler de morts, de cadavres déchiquetés, de tueries sanglantes, d'embuscades meurtrières et de toute autre horreur que l'Homme sait si bien pratiquer.
Ceux qui en reviennent ont laissé une partie de leur âme sur le terrain.
Mais en France, s'est-on interroger sur :
- L'état mental de nos troupes revenues du premier conflit en Irak et le syndrôme du golfe ?
- Sur celui de ceux qui ont participé aux différentes missions au Kosovo, au Rwanda...?
- Et sur ceux qui participent à toutes les missions qui ont lieu de par le monde et que nous ne connaissons ou mal ou pas ?
Revient-on réellement la même ou le même lorsque l'on voit des gens se faire massacrer, s'entre-tuer sans pouvoir d'intervention aucun (opération Turquoise par exemple) ?
Et pour les autres, être une cible, découvrir des charniers, se retrouver entre deux camps qui peuvent à tout moment vous prendre à parti, comment cela se gère-t-il après ?
On sait que les stress post-traumatiques peuvent demander des mois avant de se révéler .
La "Grande Muette", comme toujours n'a pas beaucoup communiqué sur ce sujet.
Et les familles ?
Peut-être pourraient-elles nous dire ce que sont devenus leurs pères, frères, maris amoureux...?
De même au Féminin pour celles qui y auraient participé .
A Calamity et BCT, suite à notre conversation...
par Circé
publié dans :
Conflits, armée et dommages collatéraux
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