Jeudi 31 juillet 2008
Celle dont je n'avais pu me résoudre à effacer le nom de ma blogosphère, celle que patiemment j'attendais est de retour parmi nous.

Aussi, allez donc saluer comme il se doit Anaxag qui je n'en doute pas un instant va de nouveau bousculer nos certitudes et interroger ce qu'il y a de plus intime en nous.

Et en plus, le ronron lancinant des blogs masculins risquent d'être un peu mis à mal.

Bon retour chez toi Ma Belle, que le vent te porte vers toutes ces destinées dont aucune porte ne t'est fermée ...
par Circé publié dans : Billet de Bonne humeur communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Lundi 28 juillet 2008

Je n'ai aucunement envie de faire de nombrilisme .
D'une part parce qu'étant conformée comme tout être humain, ma première cicatrice se trouve au même endroit que pour chacun d'entre nous, donc aucun intérêt.
D'autre part, et pour parler trivialement jouer en quelque sorte à celui ou celle "qui aura la plus grosse" me semble complètement à côté de la plaque par les temps qui courent.

D'ailleurs à ce propos, pour en revenir à l'anatomie, j'aurais bien quelque difficulté pour participer à cette compétition typiquement masculine, même si ici il ne s'agit que de comparaison d'audience de blog, de visiteurs uniques, pages lues etc...etc...

Hassan Kérim a bien voulu m'inviter demain pour participer à son émission sur le thème de "la Chasse aux Sans-Papiers" .
Il m'a laissé en quelque sorte "carte blanche" pour les invités.
N'étant que simple blogueuse, et engagée depuis fort peu de temps aux côtés des associations, collectifs, syndicats et partis de la place orléanaise qui oeuvrent pour défendre la cause des sans-papiers, c'est bien naturellement vers eux que je me suis tournée pour leur demander de participer à cette émission.

Il y aura ainsi entre autres :
- François Hauchère pour RESF,
- Marie-Clothide Bastide pour le collectif Abrésid,
- Marie-Denise Nganga pour le collectif immigration CGT45.

J'ai également invité Marie-Noëlle Thiry de la Cimade qui ne pourra malheureusement être parmi nous ainsi que Jean-Pierre Perrin-Martin de l'Asti qui ne m'a pas encore donné réponse.

Par ailleurs, un ami de Houari sera là pour témoigner des procédés utilisés par la Préfecture du Loiret pour arrêter un "sans-papier" (créé artificiellement pour son cas) ainsi que Béatrice de l'association "Pléïade" qui est la référente de Houari . (si elle est disponible bien entendu)

Voilà .
Toute une heure à informer, à tenter de réveiller les consciences, à parler de cas concrets qui ne sont pas des chiffres mais des êtres humains.
Que l'on détruise leur vie pour faire grimper des statistiques immondes tout en tournant le dos à nos principes fondateurs de Liberté, Egalité et Fraternité n'est pas le moindre des paradoxes.

Cependant, si mes quelques lignes de blogueuse ont permis en réaction cela, alors c'est déjà le début d'une satisfaction réelle, bien au-delà de la trivialité "égotique" du blog et du (de la)blogueur(se).

"A Bâtons Rompus" de 19 à 20 h sur Radio Campus Orléans, 88.30 FM le 29 juillet 2008, ou
http://www.orleans.radio-campus.org sur internet.

Et pour ceux qui le peuvent, n'oubliez pas de venir apporter votre soutien à Mamadou le 30 juillet à 09h30 au tribunal administratif, rue de la bretonnerie à Orléans.

par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Samedi 26 juillet 2008
Je relaie ici le message de François de RESF45.
Car il n'y a pas de vacances pour les expulseurs !
Le cas de Houari s'il est emblématique de certaine façon de procéder de la préfecture qui s'apparente à une délation de sinistre mémoire, n'est qu'un des aspects de la machine à expulser en fonction.

Et qui dit pas de vacances pour les expulseurs, dit malheureusement pas de répit pour les sans-papier, enfants, femmes et hommes dont on brise littéralement la vie de famille sous de faux prétexte.
L'appel que je relaie concerne un papa aujourd'hui séparé.
S'il a bien épousé une française dont il a eu une petite fille, comme bien des couples (plus de 1 sur 2 en France) la séparation est passée par là.

Doit-on en déduire pour autant qu'il ne subvient pas aux besoins de sa fille, alors que la Maman atteste non seulement du paiement de la pension alimentaire, mais aussi des bonnes relations qu'ils maintiennent tous deux ainsi que du fait que comme tout Papa qui se respecte, il voit sa fille, s'en occupe et est très attaché à son enfant.

Demanderait-on plus à un Papa étranger qu'à un Papa lambda, c'est à dire Français, blanc...bref réputé "bien" sous tous rapports...
La réalité des séparations et divorces étant tout autre, c'est avec consternation que j'apprends ce cas qui donne vraiment à désespérer de la notion non seulement de "couple" sévissant au sein de la préfecture, mais aussi de famille !

Pour rappel :
- 1 couple sur deux divorcera en France, quel qu'il soit,
- 1 enfant sur deux naît hors mariage également en France.

A méditer très largement et que la Préfecture ne nous sorte pas des arguments dignes des :
" Travail, Famille, Patrie " d'un autre temps.
Ce père est présent, s'occupe de sa fille, paie la pension alimentaire qui lui est demandée, respecte la mère de son enfant et toutes les lois de la République Française !
Non à son expulsion et par conséquent voici l'appel de François :

" Le RESF 45 appelle, tous ceux qui le peuvent, à venir soutenir Mamadou au Tribunal Administratif (rue de la Bretonnerie) 
                        mercredi 30 juillet 2008 à 9h30.

Mamadou est arrivé de Côte d'Ivoire.
Il a épousé une française et le couple a eu une petite fille : le père est donc père d'enfant français.
La petite a maintenant cinq ans; elle fréquente la maternelle Cadou, à la Source.
Le couple est aujourd'hui séparé mais Mamadou s'occupe très régulièrement de sa fille.
Il a conservé des liens amicaux avec sa mère.

La Préfecture a refusé de lui renouveler son titre " vie privée et familiale " au prétexte qu'il n'apportait pas la preuve du paiement de la pension alimentaire ...
De fait, il verse la pension de la main à la main à la mère chaque mois, ce dont madame atteste tant dans sa déclaration de revenus que dans sa déclaration à la CAF ...

Le cas de Mamadou est celui de nombreux pères ou mères dans le Loiret. La préfecture s'assoit sur les conventions internationales qui garantissent les droits des enfants de ne pas être séparés de leurs parents.

Se trouvera-t-il, encore une fois, des juges du tribunal administratif  pour couvrir les errements de la Préfecture ?

Notre présence sera l'exigence que soit respectés les droits des enfants et annulé l'OQTF qui frappe Mamadou..

François pour le RESF45
par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Mardi 22 juillet 2008

Je suis sur mon vélo et je rentre en flânant à mon domicile.
Un rien légère, déconnectée, savourant l'un de ces petits bonheurs qui vous rendent parfois un peu de fierté et de légitimité, qui vous conforte sur le bien-fondé de votre action.
Oh...un petit bonheur, juste un que j'apprécie d'autant plus que rien n'est réglé mais qu'une étape importante et délicate est franchie :
Ce soir, Houari est libre.

Le juge des Libertés du tribunal d'Orléans a tranché.
L'arrestation de Houari dans les locaux de la Préfecture du Loiret alors qu'il s'y rendait de son plein gré est bien jugée illégale et déloyale.
Son maintien en centre de rétention compte-tenu de son état de santé aussi.
Et ce n'est pas rien comme jugement croyez-moi, car en clair, la Préfecture du Loiret a été désavouée.

Dans l'après-midi près d'une soixantaine de personnes avait répondu aux différents appels à soutien et la salle du tribunal était comble.
Sa famille, ses amis venus en nombre, des représentants de tous les collectifs, associations, syndicats et partis engagés auprès des sans-papiers aussi.
Et puis des anonymes ou de simples citoyens telle la fille de Jacques MONOD venus pour apporter leur soutien, indignés tant par la façon dont Houari a été arrêté que par cette procédure arbitraire qui a fait de lui un sans-papier.
Et bien entendu il y avait les médias.

Il était important que nous soyons nombreux.
J'avais relayé, fais marcher tous les relais possibles et imaginables.
De son côté Antonio journaliste avait fait un vibrant appel à mobilisation sur son site (vous pouvez le consulter en cliquant sur son prénom).
Et enfin tout le monde à sa mesure avait sollicité son réseau amical et personnel.

60 personnes à venir, nous n'avions jamais vu cela.
Les consciences se réveilleraient-elles ? J'aimerai le croire.
L'atmosphère était particulière, chacun se regardant n'étant pas sûr d'être venu pour la même raison, mais tellement surpris et satisfait ensuite de constater que c'était bien pour Houari .

Nombreux étaient ceux aussi qui ne savaient pas comment cela allait se passer, le temps qu'il faudrait attendre ensuite pour connaître la décision du juge.
Les explications données aux uns, les questions auxquelles on répond le mieux possible aux autres.
Et puis l'attente...
Longue, stressante,angoissante.

Certains sont obligés de partir, mais laissent leurs coordonnées téléphoniques ou leurs "mails".
Ils partent à contre-coeur, mais il est déjà plus de 17h30 et nous attendons toujours.
Ils seront bien entendu avertis dès que sera connue la décision du juge.

Pendant ce temps-là, toutes les options sont envisagées et les stratégies pour aider Houari mises en place.
Nous savons tous pertinemment que si Houari est maintenu en rétention, il sera dès ce soir amené au plus près d'un aéroport parisien pour ensuite être expulsé le plus rapidement possible.

Et ceci malgré l'appel auprès de la Cour d'appel de Nantes pour faire casser l'arrêté de reconduite à la frontière ainsi que l'Ordre de Quitter le Territoire Français.
Cet appel n'est en effet nullement suspensif de la procédure d'expulsion.
Elle continue.

Le grand "jeu" pour les tenants de la politique des quotas des Sarkozy-Hortefeux étant de les renvoyer rapidement durant ces premiers 15 jours de mesure de placement en centre de rétention. Tout va alors très vite .

Un laisser-passer est demandé aux pays d'origine pour ceux qui n'ont pas de passeport et dès que celui-ci est accordé, le premier vol suivant est "réservé" pour y recevoir un ou des sans-papiers parmi la foule de passagers, touristes, vacanciers qui se rendent à l'étranger.
Ainsi une fois que la personne est refoulée, le compteur peut tourner triomphalement.

Pour Houari, heureusement pour l'instant cette étape a été court-circuitée légalement par l'ordonnance du juge. Mais pour lui rien n'est fini.
Il est toujours "sans-papier" puisque la préfecture a refusé de lui renouveler son titre de séjour. Il est toujours expulsable.
Ce qui veut dire également sans aucun moyen de subsistance, ni possibilité de poursuivre ses soins.

La meilleure solution possible pour que Houari retrouve une vie "Normale" est actuellement en cours d'étude.

Pour ma part, je suis prête et déterminée à en faire appel auprès de Martin Hirsch ainsi que de Roselyne Bachelot.
Eric Taillandier, président de l'association "Les Malades Solidaires" nous apporte son soutien ainsi que Bruno-Pascal Chevalier président de "Ensemble pour une santé solidaire".
Nous allons sans doute aussi solliciter l'Association des Paralysés de France.

Mais ceci est sans doute une autre histoire...

Houari est donc libre.
Je suis rassurée, un membre de sa famille va aller le chercher à Cercottes.
La procédure est ainsi. Il a été arrêté à la préfecture, conduit à Cercottes, présenté au juge, libéré mais devant le centre de rétention.
Pour ceux qui connaissent Cercottes, sans personne pour venir vous chercher, c'est peu ou prou à 12 kms à pied du centre ville d'Orléans.

Pour l'instant Je rentre chez moi, découvre ma messagerie et un message posté sur mon dernier billet.
Un petit rayon de soleil supplémentaire ce soir, comme un supplément d'âme :
" Coucou maman, c'est clara c'était pour te dire que tu me manque et que je t'aime. "
Moi aussi je t'aime Ma Chérie, Ma Poussinette.

Une soirée à décompresser, une nuit enfin à dormir complètement, le petit matin et puis la sonnerie du téléphone résonne :
" Bonjour, c'est Mr B. nous nous sommes vus hier au tribunal . Je suis passé après Houari, ils m'ont transféré cette nuit au centre de rétention du Mesnil-Amelot, qu'est-ce que je dois faire ?..."
 
....

par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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