Vendredi 18 juillet 2008

C'est aujourd'hui que Houari Djebbar passait devant le juge aux libertés.
Comme à chaque fois dans ce genre de cas, la façon de procéder pour l'arrestation a été contestée et jugée illégitime par le juge des Libertés.
Comme à chaque fois aussi malheureusement, la Préfecture sure et certaine de son bon (mauvais) droit a fait appel.

Par conséquent, non seulement Houari est maintenu en Centre de Rétention pour tout le week-end qui s'amorce, mais sera de nouveau présenté devant le juge au Tribunal rue de la Bretonnerie Lundi Prochain 21 juillet 2008 à 14 heures, salle 3.

Deux grands jours pour lui à attendre dans l'angoisse, la solitude et tous les sérieux problèmes que lui causent cette rétention.
Car comme je vous l'ai indiqué, précisé précédemment Houari n'a pas l'usage de ses bras.
Dans quelques semaines il devait subir une greffe des tendons à son bras droit (tendons pris sur sa cuisse) afin de retrouver un semblant de mobilité de ce membre .
Ce n'est absolument pas le cas actuellement, tout juste peut-il bouger un peu ses doigts restants.

Hier par exemple, Houari n'a pas pu se nourrir.
Il est incapable de couper ses aliments, ni même de les porter à sa bouche avec une cuillère.
Il se nourrit d'aliments mixés à l'aide d'une paille, ou bien il faut le faire manger .
Autre exemple, ce sont les policiers qui ce matin l'ont aidé pour se préparer et se vêtir afin d'être présenté au juge des libertés.

J'ai eu l'occasion de discuter avec certains d'entre eux qui visiblement réprouvaient ce pour quoi ils avaient été employés.
Ils espéraient vivement sa remise en liberté.
- " Si vous parlez de nous, dites que nous avons été corrects et gentils avec lui..." m'a dit l'un d'entre eux, entendant notre réprobation ( le groupe que nous étions ) quant aux méthodes utilisées par la Préfecture du Loiret qui fait du chiffre à bon compte en créant artificiellement des sans-papiers.

Nous parlions bien alors de la Préfecture, de ceux qui y officient et non de ces policiers.
C'est ce que nous leur avons répondu et affirmé, sans que cela soulage le moins du monde leur mal-être.

Les amis de Houari qui étaient présents espéraient eux-aussi une issue heureuse.
Pour ma part, il ne faisait aucun doute qu'aveuglément et sans état d'âme la Préfecture ferait appel.
Alors qu'il y a quelques jours à peine, l'un de ses responsables se targuait encore avec véhémence, la main sur le coeur d'étudier les dossiers de chacun avec humanité.

Je crois que nous ne devons pas avoir la même définition de ce mot dans nos dictionnaires respectifs, ni sans doute les mêmes conscience et morale.
Parfois, il m'arrive de me demander si ces gens-là peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles du sommeil du " Juste", comme auraient dit mes grands-parents ou pouvoir tout simplement se regarder dans un miroir.

A moins qu'à l'instar de Dorian Gray il ne possède un tableau qui se flétrisse au fur et à mesure de leurs exactions de plus en plus détestables et méprisables.
Ou peut-être vont-ils épancher dans le secret d'un confessionnal quelconque leur trop plein de honte et d'indignité ?

En tout état de cause, c'est avec la vie de personne, d'êtres humains qu'ils sont en train de jouer pour une hypothétique reconnaissance d'un pseudo devoir accompli.
Les fonctionnaires de Vichy étaient sûrs de leur légitimité.
Aurions-nous des années plus tard, des relents d'attitude inqualifiable et infâmante ?

Je vous laisse vous faire votre opinion vous-même.

Quant à Houari, un rassemblement est organisé demain :
Samedi 19 juillet à 11 heures à La Source devant l'entrée du marché des chèques postaux.
Ses amis, sa famille et tous ceux qui s'associent à cette démarche seront là. 
Et pourquoi pas vous ? Vous y serez de toute façon les bienvenus.

Un autre rassemblement sera organisé la semaine prochaine devant la préfecture pour protester contre ces méthodes indignes.
La date n'est pas encore définie.
Dès qu'elle sera connue, je vous en ferai part.

Et pour ceux qui le peuvent :
Rendez-vous lundi 21 juillet 2008 à 14 h au tribunal d'Orléans
pour être aux côtés de Houari, lui montrer que nous nous mobilisons, qu'il n'est pas seul.
La France n'est pas le modèle apathique et dénaturé que voudraient nous contraindre à accepter les Sarkozy-Hortefeux.
 
" Liberté, Egalité et Fraternité " ne sont pas, ne seront jamais de vains mots . 

par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Jeudi 17 juillet 2008
Ce n'est pas Houari que je devais évoquer dans ce billet.
Mais avec la politique des quotas de Tsarkozy Ier, secondé de main de maître par un Hortefeux, loyal vassal de son suzerain ainsi que d'une préfecture du Loiret plus que parfaite en matière de représentants zélés et empressés pour répondre aux moindres désirs de leurs maîtres - pour ne pas dire les devancer-,  me voici donc à vous parler de Houari.
Et il y a URGENCE.

C'est en 2005 que Houari est arrivé en France tout à lait légalement.
Houari a été victime en Algérie, pays dont il est ressortissant, d'un épouvantable accident du travail : électrocution sur un chantier de construction par un câble à haut voltage.

Brûlures, coma...
Des accords passés rapidement entre les deux états lorsqu'il a eu repris connaissance et un peu de force lui ont permis d'arriver rapidement sur le territoire français.
Dans l'espoir de bénéficier d'opérations et soins particuliers pour tenter de sauver son second bras.
Pour le premier, il était trop tard et c'est donc mutilé, amputé d'un bras qu'il est arrivé en France. 

En Europe, les deux praticiens reconnus pour leurs compétences, dans ce domaine si particulier et ce type de pathologie, se trouvent à Paris.
A l'hôpital Rostchild exactement.
C'est donc là que Houari a été pris en charge et opéré rapidement.
Oh, pas une ou deux opérations, non, pas moins d'une dizaine si ma mémoire est bonne .
D'autres sont encore à venir. 

Mais les résultats sont là : Houari ne sera pas amputé de son second bras.
Il a retrouvé un semblant de sensibilité de ses doigts.
Il ne peut pas encore les bouger normalement.
Mais avec les prothèses qu'il porte et doit changer régulièrement tous les deux mois selon les indications des spécialistes, il a bon espoir après les autres  interventions qui l'attendent de retrouver l'usage complet de son bras et de sa main.

Quant à son amputation, son moignon de bras est appareillé et Houari semble bien supporter sa prothèse .
Mais au fait, je ne vous ai pas présenté Houari.
Houari n'a pas trente ans.
Il est grand. Un jeune homme plutôt beau garçon, à la chevelure noire et bouclée .
Des yeux sombres, un teint doré et un sourire timide et triste complètent le tableau.

Avoir un bras en moins en Algérie est une situation peu enviable.
Perdre les deux, c'est perdre toute capacité à vivre normalement, à s'assumer, fonder une famille, vivre normalement tout simplement.

En janvier dernier, le préfet du loiret a refusé de proroger son titre de séjour pour raisons de santé.
Pourtant le dossier médical dont il dispose plaide largement en sa faveur.
Les deux chirurgiens spécialistes qui le suivent ont détaillé sa pathologie, les soins qui lui restaient à recevoir, les opérations chirurgicales encore à subir.
Mais sans doute notre préfet est-il spécialiste et lui-même grand thaumaturge pour décider en toute mauvaise foi et partialité que son dossier n'était ni important, ni vital.

Pour cela il s'est appuyé sur 4 cas qui font désormais jurisprudences de févier, mars et avril  2008, pour notifier son refus.
Deux concernaient la pose de prothèses de la hanche.
Les convalescences et soins post-opératoires ont été refusés sur le territoire français.

Si par malheur les soins existent dans un seul établissement privé réservé aux élites dans le pays d'origine dont vous êtes issu, alors pas d'état d'âme : zou, virez-moi ça .
Peu importe qu'ensuite vous n'ayez pas accès aux soins, ils existent !
Et vous n'êtes plus qu'un chiffre statistique de plus qui ravit Sarkozy et font se rengorger les Hortefeux de tout poil, le vrai et ses clônes.

De même pour ce petit garçon de 8 ans, énucléer mais qui ne supportait pas bien ses prothèses et faisait des infections à répétition : pas de quartier.
Quant à la pathologie et à l'intervention cardiaque lourde citée en quatrième cas, et bien, même destination.

Ah les belles jurisprudences dont notre préfecture se délecte et se targue pour motiver tout refus !
Bien que que son "zélé secrétaire ", (voir article Mourad Guichard sur libéorléans) ait été récemment épinglé par Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, celui-ci n'en a cure.
Il est là pour «vider le stock de demandeurs d’asile» (même article) et visiblement maintenant tous les étrangers tout simplement.

On crée un sans-papier artificiellement en ne lui renouvelant pas son titre de séjour et...
débarrassez-moi le précieux plancher français dont le sang de vos ancêtres a abreuvé les sillons mais sur lequel vous, vous n'êtes pas le bienvenu.
Le contraire de ce que j'ai entendu en Kabylie lorsque j'y ai mis les pieds pour la première fois en 2002, et toutes les fois suivantes.

Aura-t-il droit pour autant notre fonctionnaire accompli et admirable à la médaille en chocolat en fin d'année pour sa promptitude à réagir ainsi que  sa conscience professionnelle poussée au paroxysme ?
L'Histoire ne nous le dit pas.
 
Hier, en fin d'après-midi Houari est allé à la sous-préfecture d'Orléans quai du fort Alleaume pour y retirer le formulaire nécessaire au dépôt d'un nouveau dossier médical après le rejet de son recours au tribunal administratif.

Malgré nos conseils, il y est allé seul, sans même nous prévenir pour qu'au moins l'un(e) d'entre nous l'accompagne. Ne pas vouloir déranger et se débrouiller.
Mais, ce que nous redoutions est arrivé.
Il a attendu quelques instants, le temps nécessaire pour que la diligente et compétente fonctionnaire qui l'a reçu prévienne le commissariat de police qu'un "dangereux individu"  (un sans-papier, handicapé de surcroît !) était dans leurs murs.

C'est donc étroitement surveillé et escorté de plusieurs policiers qu'il a été conduit au plus proche centre de rétention :Cercottes.
Il y est encore, nous attendons avec beaucoup de colère et d'angoisse des nouvelles de sa situation. 

Marie-Denise, élue d'opposition à la mairie vient de m'avertir à l'instant qu'il passait demain au tribunal à 09 heures devant le juge aux libertés .
En outre, elle m'apprend in extenso qu'elle n'a plus accès à aucun renseignement téléphonique à la Sous-Préfecture pour quelque éclaircissement que ce soit .
Même un banal nom de médecin agréé par la préfecture par exemple.

Elle doit désormais faire toutes ses demandes directement au préfet et par écrit !

Belle Démocratie en effet !
Le Loiret veut-il obtenir la palme d'or de la mise en oeuvre de la politique la plus obscène qui soit, malgré le rapport "Mazeaud" qui rejette les quotas jugeant cette idée inefficace, irréalisable et sans intérêt ?

C'est une question qu'on ne peut que bien évidemment se poser.
En attendant, que ceux qui veulent être présents demain vendredi 18 juillet pour soutenir Houari se présentent à 09 heures.
Car à ce rythme-là, dans ces conditions-là...malgré les attaques sournoises dont les associations sont victimes, c'est bien de justice dont il s'agit !
par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Lundi 30 juin 2008
Abraham est un petit bonhomme de bientôt 10 ans.
Sa belle peau noire aux reflets moirés ressemble à du velours.
Ses cheveux courts moutonnent sur une bouille ronde où les deux grands calots que sont ses yeux roulent drôlatiquement lorsqu'il fait le clown.

La première fois que je l'ai vu, c'est de terreur que ses yeux quasi exhorbités tournaient tandis que tout son corps était raidi sous le coup de l'épouvante.
La vision d'Abraham tétanisé et en sanglots regardant son père arriver au tribunal administratif où il comparaissait, menotté au dos et cerné de plusieurs gendarmes ne laissait aucun doute : Abraham était terrifié.

Sa peur palpable était aussi opaque que les profonds brouillards cauchemardesques dont on n'arrive pas à émerger.
Accroché à sa mère comme un naufragé à la dérive, c'est à la dérobée qu'il regardait son père, tremblant de tous ses membres de le voir ainsi entouré de tant d'uniformes, tailles bardées d'armes et autres menottes qui ajoutaient à son affolement.

Abraham n'a pas compris pourquoi les policiers sont venus arrêter son père à leur domicile. C'était un mardi matin, ils s'apprêtaient tous deux à partir pour le chemin de l'école, tandis que sa maman se préparait rapidement pour filer à son travail.
Les coups ont résonné violemment à la porte.
Sa maman a répondu affolé tandis que les policiers investissaient leur appartement et demandaient avec insistance où était son père.

Son papa Maurice est sorti de la chambre où il était allé chercher sa veste pour ensuite   l'accompagner à l'école.
Abraham n'a pas compris non plus pourquoi les tiroirs de la commode ont été fouillés, ni pourquoi son papa brandissait son passeport tandis que sa maman répondait que c'était l'avocate qui s'occupait du "dossier de régularisation" de son papa qui leur avait dit de ne pas répondre à une convocation.

Abraham a vu son père partir et monter dans la voiture de la Police sous les yeux de tous leurs voisins sans qu'il sache pourquoi.
- " Maman, qu'est-ce qu'il a fait papa ? Des choses pas bien ? Il a volé ? Il a fait des choses trop graves ? " 
- " Non, Abraham, ne t'inquiète pas, il n'a rien fait de mal, il n'a seulement pas de carte de séjour "
- " Alors pourquoi il l'emmène comme un bandit ? "
- " Je ne sais pas...J'appelle notre avocate, celle qui défend les droits de ton papa "

C'est ainsi qu'Abraham a eu son premier contact avec la Police.
Et dans sa petite caboche d'enfant dorénavant le mot, l'uniforme, l'institution "Police" signifie DANGER.

Jusqu'à cet instant, chaque matin depuis qu'il est scolarisé, c'était son papa Maurice qui le réveillait, lui préparait son petit déjeûner, l'aidait à s'habiller puis l'accompagnait jusqu'à son école où il revenait le chercher sans coup férir à 11h45.
Ils déjeûnaient ensemble, puis le rituel des aller-retour vers l'école reprenait au rythme des horaires scolaires.
A 16H30, son papa Maurice était là, fidèle au poste.

Son papa Maurice, il ne connaît que lui.
Il a bien un autre papa, mais qui s'est totalement désintéressé de lui depuis sa naissance, pour finir par l'abandonner définitivement à 18 mois.
Maurice est entré dans sa vie et surtout celle de sa maman quelque temps plus tard, et il n'a plus de souvenir que de lui .
Si longues sont ces 7 années écoulées pour ce garçonnet de 10 ans à peine que sa petite enfance ne lui a laissé de traces que ces deux visages là : sa mère Pitchouna et son père Maurice.

Depuis l'arrestation, Abraham ne dort plus, ne mange plus, pleure souvent en silence dans sa chambre.
L'école, il ne veut plus y aller.
D'ailleurs ses camarades de classe l'ennuient : ils veulent jouer avec lui, mais cela le dérange dans ses sombres pensées et finit souvent mal.  
Pour avoir la paix, Abraham donne des coups.
Il est "méchant" !
Mais à quoi cela sert-il d'être gentil puisque son Papa Maurice l'est lui, gentil.
Pourtant il a été emmené comme un malfaiteur, menottes aux poignets.

Aujourd'hui, Abraham et sa maman sont au tribunal administratif.
Il veut voir son père, l'embrasser, comprendre.
Il veut qu'on le relâche, que la police le relâche.
Car dans sa tête, c'est la Police la responsable.

Sa maman et lui sont français. C'est ce qu'elle lui a dit en tout cas.
Abraham se serre très fort contre sa mère. Il est à sa droite et moi à sa gauche.
Un banc nous sépare de son père. Et sur ce banc : un policier. 
Abraham est tétanisé, à la limite des hurlements.

Ses yeux devenus fous de peur vont du policier à son père, de son père à sa mère .
Je lui saisis la main pour tenter de le rassurer.
Il semble étonné et regarde sa mère.
Les exposés des avocats commencent.

Abraham ne comprend pas grand-chose à ce que dit l'avocat de la préfecture.
Sa maman et son papa se seraient mariés juste pour avoir des papiers.
C'est bizarre. Il se souvient de la belle fête l'année précédente.

Il sait aussi que sa maman et son papa aimerait lui donner un petit frère ou une petite soeur.
Mais ce bébé se fait attendre.
Son père et sa mère consultent un spécialiste pourtant, depuis près de trois ans.
Mais son Papa Maurice est malade, il faut être patient. C'est ce que lui a répondu sa mère.

L'avocat de la préfecture ne veut pas entendre ce que lui répond l'avocate de Maurice.
Il dit que sa mère a répondu par deux fois à son nom de jeune fille plutôt qu'à celui de femme mariée, et que tout cela est très suspect.
Sa maman a immédiatement réagi, et comme la présidente lui demandait de rester calme, elle est sortie en pleurant.

Abraham voulait la suivre. 
Je l'en ai empêché en le rassurant : elle allait revenir, il ne fallait pas qu'il s'alarme plus.
Les exposés étant terminés, sa maman revenue, la présidente du Tribunal a déclaré qu'elle se retirait pour délibérer.
Une heure après, elle annulait l'Ordre de Quitter le Territoire Français délivré à l'encontre de son père.

Abraham était soulagé.
Lorsque la Présidente a dit que l'OQTF était annulé, il a compris aux sourires de sa mère et des gens qui l'entouraient que son père allait rentrer à la maison.
D'abord timidement il s'est approché de lui, puis encouragé par sa mère ainsi que les autres personnes présentes, il s'est jeté dans ses bras en le serrant très fort. 

Maurice a été libéré dans l'heure qui suivait.

Depuis, Maurice a redéposé une nouvelle demande en régularisation .
Son hypertension ainsi que le stress engendré par cette situation ont endommagé des vaisseaux à la périphérie de son coeur.
Lors des examens demandés pour constituer son dossier, le cardiologue qui le recevait en consultation a décidé de le garder quelques jours en service cardiologie à l'hôpital.

A sa sortie de l'école, Abraham ne trouvant pas son Papa Maurice s'est aussitôt affolé.
Il a refusé de croire ce que lui disait sa mère.
Non, son père n'était pas hospitalisé, c'était encore la Police qui était venue l'arrêter et il ne le reverrait plus jamais !
C'était une menteuse !
La colère l'a emporté, il a crié, pleuré, tempêté.

Sa mère a fait ce qu'il fallait.
Elle a décroché son téléphone, appellé l'hôpital, lui a passé son père et l'a laissé discuter un moment avec lui.
Pourtant, un doute a subsisté en lui lorsqu'il a raccroché :
- " Tu es sure que ce n'est pas la Police qui a fait cela à Papa ? " ...

Quelques jours plus tard, j'ai revu Abraham et sa mère, puis son père.
Pitchouna rayonnait, c'était une autre femme.
Abraham a esquissé un sourire, mais s'est renfrogné immédiatement lorsqu'une voiture de police est passée à proximité .

Maurice se soigne. Il est très fatigué. Il est de toute façon plus détendu.
Le moral est au rendez-vous. Il espère maintenant obtenir une carte de séjour.

Mais Abraham ?
Quels stigmates, séquelles, conséquences vont avoir sur lui ces événements ?
Est-il normal pour lui, comme pour Zafar-Ali  que la Police ne soit plus qu'un Danger ?
En tout état de cause à charge et non à décharge.

C'est une grande inquiétude .
Que fera-t-il de cette peur, de ce sentiment d'injustice à l'adolescence ?
La politique des Sarkozy-Hortefeux n'est-elle pas en train d'armer des bombes à retardement ?
par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Mercredi 25 juin 2008

Les oiseaux sont-ils faits pour être mis en cage ?
Les animaux dans les zoos, Le maïs comme le colza dans le réservoir des automobiles, l'air et l'eau en bouteille... ?
Et les être humains en centre de rétention ? ...

Oui, les enfants, femmes et hommes, selon qu'ils sont nés d'un côté ou de l'autre d'une frontière vont-ils devoir désormais dès leur naissance être marqués du sceau indélébile de " l'Intrus Malus" ?
Un quelconque docteur Mabuse va-t-il bientôt, après les tests ADN nous proposer un implant à insérer dans la nuque de ces gêneurs et importuns que sont les sans-papiers.

Car n'ayons pas peur des mots, c'est bien de cela dont il s'agit.
Les centres de rétention vont dorénavant pouvoir garder en leur sein jusqu'à 18 mois, hommes, femmes et enfants même nouveaux-nés bien entendu.
Et puis aussi expulser, catapulter hors de nos frontières ces indésirables, leur interdire le territoire de l'union pendant cinq années, et puis quoi encore ? 

L'Europe se bunkérise, dresse des murs, des barbelés, des bâtiments qui ne sont pas sans rappeler les camps de transit avant la déportation vers les camps de la mort.
D'aucuns me reprocheront de faire le parallèle, mais en ayant discuté avec une amie dont la famille a été concernée en première ligne par ce funeste destin, celle-ci m'a rétorquée que je pouvais parfaitement faire cette analogie qui ne craquelera que le vernis de la bien-pensance de ceux qui défendent cette politique.

A votre avis, qu'est-ce qu'arrêter une famille, père, mère et enfants au petit-matin avec le minimum de bagage et immédiatement la placer en centre de rétention et l'expulser le plus rapidement possible vers un pays où les petits n'ont jamais mis les pieds, ne parlent même pas la langue, où les parents, la famille risquent leurs vies et tout cela pour faire du chiffre ?

A votre avis, qu'est-ce qu'expulser un étranger sans-papier et malade vers un pays où il ne pourra pas se soigner (témoignage de "Pharmacien sans frontière" à l'appui), sinon dans les méandres sinueuses de la cervelle d'un préfet, zélé zélateur d'une politique honteuse ?
Un arrêt de mort à coup sûr, bien entendu.

Et les centres de rétention, avez-vous la moindre idée de ce qui s'y passe ?
Vous pouvez lire des témoignages ici ,et aussi ici en ce qui concerne RESF. (Réseau Education Sans Frontière )

L'Europe, la France s'assoient à grands coups de slogans populistes sur la notion élémentaire des " Droits de l'Homme ".

Au fait existent-ils encore en France ?
Pardon, en Sarkozie ou Sarkoland ?
Car ce pays qui se dessine n'est pas le mien.
Ce n'est pas celui dont mes parents et grands-parents m'ont appris à être fière .

Pas celui dont la devise est " Liberté, Egalité, Fraternité ".
Pas celui dont " La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen " en a fait un modèle envié et respecté de par le monde.
Pas celui enfin dont je me sens une citoyenne à part entière, écoutée et respectée bien que n'ayant pas toujours les mêmes opinions que mon voisin, ni le doigt sur la couture du pantalon !

Ainsi Le ministre de l'immigration,
de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement de ce nouveau pays qu'est la Sarkozie se targue, sans doute pince sans-rire, d'avoir dépassé de 80% ses quotas d'expulsions à mi-parcours d'une année déjà bien riche en forfaiture, vilenie, trahison et autres petits accomodements entre amis de mauvaise compagnie  .

" Traquer, capturer, incarcérer et expulser " .
Belle maxime n'est-ce pas ? Désormais inscrite au frontispice de l'Europe des 27 .
Le safari intercontinental va pouvoir commencer.

Et les chiffres de ces nouveaux trophées, brandis comme autrefois les dépouilles du gibier du Grand Chasseur Blanc, étalés sans vergogne au mur des statistiques, érigé pour l'occasion, sous les regards admiratifs des courtisans de tous poils et plumes de nos grands penseurs en matière d'immigration que sont notre Président aux idées dévastatrices et son fidèle ami, digne clône de lui-même : Hortefeux.

Pourquoi sommes-nous si peu pour hurler notre désaccord, notre rage face à cette ignominie ?
Pourquoi les regards se détournent, comme ils se sont détournés pour la plupart pendant la rafle du Vel D'Hiv ?
Pourquoi certains arrivent à croire que l'étranger est l'ennemi criminel venu abatardir notre France, lui voler son sang, sa force, son énergie, sa richesse ...
Comme le parallèle est facile.

Il est là, sous nos yeux et c'est tellement invraisemblable que nous ne voulons pas y croire.
Mais non, ce n'est plus la même époque, nous ne sommes plus cela, d'ailleurs il n'y a eu que des résistants en France et aucun collabo, tout le monde le sait...

A force de vouloir réécrire l'histoire et sans soute aussi parce qu'il est plus simple de se voiler (um)pudiquement la face, nous mettons de nouveau le doigt dans un engrenage infernal.

Est-ce que seulement quelqu'un s'interroge sur le cataclysme, le séisme que subissent les familles, les enfants concernés ?

A partir d'aujourd'hui, je vais vous relater au travers de quelques prénoms les cas que j'ai suivis, de près ou de loin.
Et s'il vous plaît, ne fermez pas vos yeux, ne détournez pas le regard, ne bouchez pas vos oreilles et ne mettez pas votre conscience en berne ou en prison.

Abraham sera le premier prénom de cette série. 

par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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