Vendredi 15 février 2008
par Circé publié dans : Loi Veil, Planning Familial, IVG. communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Mercredi 13 février 2008
Toujours difficile de parler de soi quand on rentre dans l'intime.
Et quoi de plus intime qu'une vie de femme.
Je vais avoir 52 ans bientôt et je crois que je peux en parler avec beaucoup plus de sérénité maintenant que je suis devenue grand-mère.

Pour le temps écoulé, les expériences passées, les choix et non choix faits à un moment donné d'une vie, selon les circonstances .
Parce qu'une vie n'est jamais linéaire, bien et malgré vous .
Il y a ce que l'on voudrait, ce qui est, ce à quoi on rêve et la réalité à laquelle on ne peut jamais échapper.

Car même si on aimerait parfois le faire, elle se rappelle à vous avec la force du boomerang .
Et quoiqu'il en soit, vous devez assumer et résister envers et contre tous, et même aussi contre vous-même.
Acceptez ce que l'on est, ce qui arrive, ses bonheurs et ses malheurs, ses joies et ses douleurs, pour rester debout.

C'est ce qui vous donne "Humanité", avec tous ses paradoxes et sa complexité .

J'ai donc 52 ans.
Je suis mère de famille, de famille nombreuse, très nombreuse même par rapport aux critères de la famille-type française, mais en fait y a-t-il en ce domaine un critère à y avoir ?

J'ai ainsi plus de trois enfants.
Chiffre ou nombre qui me semblait dans mon esprit le plus approprié à ce que je voulais faire de ma vie.
Mais la vie, c'est bien autre chose qu'un projet.

Si elle vous emmène parfois tranquillement, il lui arrive de vous ballotter rudement et même de vous entraîner dans des tempêtes rugissantes avant que de vous ramener à des rives plus tranquilles .
Sans garantie aucune cependant que cela ne recommence à un moment ou à un autre.

Mais venons-en au sujet de ce billet et à mon premier choix face à l'avortement.
Bien évidemment si je dis "premier", c'est qu'il y aura un second, et même un troisième choix. C'est ainsi.
Retour en arrière.
 
1980.

J'avais 24 ans et j'étais déjà mère de deux enfants.
Deux enfants dit désirés, programmés à trois années d'intervalle.
Avec le recul je pense souvent aux "raisons avouables" ou non d'ailleurs qui m'ont conduit à cette volonté délibérée, à ce moment précis.

Vaste sujet ! A un autre moment j'essaierai d'y répondre.

Pour l'heure, nous étions mon ex-mari et moi, en train de devenir propriétaire.
Construction d'une maison, c'était son rêve et non le mien, mais pourquoi pas à cet instant ?
Et puis pourquoi ne pas avoir un troisième enfant, puisque c'était le chiffre que nous estimions le bon.
Quelques difficultés cependant pour me retrouver enceinte.

Prise entre horaire de travail, contribution personnelle à l'aménagement de notre nouvelle maison ( pose de moquette, peinture, pose de papier peint aidé de mon père...) , les visites à mon grand-père que j'adorais, hospitalisé, malheureusement en phase terminale d'un cancer des poumons, je n'ai rien vu venir.

Changement d'humeur dans le caractère de mon ex, plus sombre, ne trouvant plus grâce à ses yeux, jugée entre autre, incapable de lui donner un autre enfant.
Les vacances approchaient, l'emménagement devait se faire rapidement histoire de ne pas avoir à payer simultanément le crédit de notre maison et le loyer de notre appartement.
J'ai donc mis cela sur le compte de la fatigue, de l'énervement face aux tracas inhérents à cette situation somme toute déstabilisante.

Après cela irait mieux. J'en étais sure.
Pour l'heure je suis préoccupée par autre chose.

Mon grand-père s'éteint dans de grandes souffrances.
Je suis confrontée à la mort pour la première fois.
Mon enfance qui meurt inéluctablement.
Tant que nos aînés sont toujours de ce monde, même si nous sommes déjà parents, nous gardons cette part d'enfance toujours présente et "vivante".
Ils en sont les témoins, nous sommes toujours "leurs petits".

Grand, immense chagrin, je dois dire adieu.

Le jour où j'assiste à ses funérailles, je sais être enceinte.
Cela n'atténue pas mon chagrin, mais me permet de résister.
C'est le cycle de la vie auquel je rends une sorte de "culte".
J'ai pu constater par ailleurs que cela était fréquent.

Une vie s'en va, une autre arrive.

Rien ne va plus cependant avec celui qui partageait ma vie.
Disputes, mauvaise humeur permanente, à mon encontre seulement.
Mes antennes ne se mettent pas encore en alerte.
Elles seront beaucoup plus sensibles à l'avenir.

Je ne fais pas bien attention à ce qui va advenir.
Mon frère et sa femme vont venir passer quelques jours de congés chez nous.
Ils ne peuvent s'offrir cette année-là d'autres vacances et le val de Loire est une région très agréable à visiter, même en vélo.

Mon ex-mari lance aussi des invitations et nous recevons également des collègues de travail, dont "une" bien évidemment, avec son compagnon car elle est mariée, et ses enfants.
Et alors ? Pourquoi pas ?
Je n'ai pour ma part, jamais rechigné à recevoir, car c'est ainsi qu'un cercle amical se crée et s'ouvre.
Je me sens triste cependant et peu disponible mais est-ce anormal ?

Le mois d'août passe et continue à s'égréner entre invitations, balades, repas..
Pour terminer agréablement les vacances, une journée "pêche, pique-nique" est organisée.
Cependant, mon frère et ma belle-soeur seront absents, déjà repartis sur Paris pour éviter les sempiternels encombrements aux approches de la capitale.

Curieuse fin de semaine où toutes mes sirènes d'alerte vont se mettre à hurler, à déchirer mes tympans, à rugir dans ma tête !

Mon ex est drôle, souriant,attentionné, prévenant à l'égard de sa collègue, la servant tandis qu'il m'oublie tant je suis transparente à ses yeux, inexistante, ravalée au rang de petit objet domestique insignifiant.
Son mari est pourtant là, lui aussi, mais ne se rend compte de rien.

Moi, je vois leurs regards troublés et brûlants, j'entends l'intonation douce, caressante, sensuelle des voix, j'aperçois les effleurements furtifs...
Ils ne sont plus que seuls au monde.

Et tandis que je suis définitivement rayée de la surface de la terre, j'assiste tétanisée à ce spectacle, incapable d'avoir la moindre réaction.

Explications vives en soirée et les jours qui suivent.
Je suis "une folle" dixit mon ex-mari.
Et pourtant, en une semaine tout est consommé.
Étonnamment, vertigineusement, pathétiquement, douloureusement, je suis seule !
Il est parti ...

Dire que tout s'écroule n'est rien.
Je suis désorientée, je ne sais plus où j'en suis, les enfants en retrait, observent mes réactions.
J'appelle mes parents, je vais les rejoindre dans la région parisienne.

Conseil de famille: Que vas-tu faire maintenant que tu es seule ? La maison ? Et "cet autre" qui s'annonce, est-ce une bonne idée ?
La maison ? Je vais la vendre, ce ne sera pas un problème.
Les enfants ? Je vais m'en occuper seule, les élever.
Quant à cette grossesse ...

Mes parents me montrent la situation telle qu'elle est .
Sans fioriture, en dépeignant les moindres aspects, soulignant toutes les responsabilités qui vont désormais m'incomber : Seule..
Le père de mes enfants ne veut plus de celui qui s'annonce.
Et moi ? Je suis perdue, anéantie.
Je vais faire ce qui sera le mieux.

Je prends RDV avec un praticien que ma mère connaît en tant que gynécologue.
Visage fermé, yeux fuyants, entretien bref et glacial, toucher vaginal abrupt, je dois revenir dans une semaine avec 1800 frs en espèces.
C'est le montant de mon salaire !

Une semaine à attendre.
Silence radio du côté de celui qui est encore mon mari.
Je suis mal, sans doute dépressive, je ne suis bien nulle part.
Durant les 7 jours qui vont s'écouler, je vais faire quatre allers-retours entre mon domicile et celui de mes parents (distant de plus de 200 kms).

Entrée en clinique au bout du délai légal imparti.
Regard peu amène des infirmières. Nous sommes quatre.
Installation dans la chambre : "Préparez-vous, vous descendez au bloc dans 10 minutes."
Étonnement... L'intervention devait avoir lieu le lendemain matin.
Ma compagne de chambre, de galère, ma soeur de souffrance me regarde et me demande si je sais comment cela va se dérouler.
Je lui réponds que non.

Elle m'explique alors, le regard vide, ce qu'une de ses amies, passée "par là", a vécu :
-" On va nous poser des laminaires (sorte de tige d'algue qui a la propriété de se gonfler au contact de l'humidité) dans le col de l'utérus pour qu'il se dilate et demain, on n'aura plus qu'à nous faire un curetage."
- " Et puis, comme dans cette société tout doit rester très moral puisque nous sommes des pécheresses et qu'il nous faut payer notre faute, nous allons souffrir les prochaines 24 heures avant que d'être débarrasser de notre honte, histoire de ne pas recommencer..."

J'écoute... Je ne réagis pas.
Nous descendons toutes quatre.
Chacune dans un box.
Je suis la dernière. Ordre nous est donné d'ôter notre petite culotte, puis de nous allonger.
Je scrute le silence. Des portes battantes s'ouvrent, se referment...
Cinq minutes s'écoulent entre chaque bruit d'ouverture, de fermeture et il se rapproche de moi.
J'entends de petites plaintes étouffées.
Et puis la porte s'ouvre devant moi.
Le praticien est interrompu dans son élan :" Pourquoi ne suis-je pas installée ?"

Je ne réponds rien dans un premier temps.
Je saisis la chaise qui est à côté de moi et la brandis sous son nez.
-" Ne me touchez pas, n'approchez pas, laissez moi partir..."
-"Calmez-vous, je vais revenir dans quelques minutes..."
- "Non, laissez-moi..."

Ma voix enfle, crie, hurle tandis que la chaise me sert de bouclier.
Un sourire ironique se dessine sur le visage de mon vis à vis.
Il appelle un infirmier à la rescousse.
Celui-ci est immense, sans doute 1m95, d'une carrure impressionnante.
Pourtant je lis la consternation sur son visage.

Je hurle de plus belle et la chaise tourbillonne au dessus de ma tête prête à atterrir sur celui qui osera m'approcher.
Je veux partir, partir, partir...
Le médecin se tourne alors vers l'infirmier et lui demande de me raccompagner à ma chambre.
Je refuse pourtant obstinément qu'il m'approche.
Le médecin s'en va.

Avec des trésors de patience, de diplomatie, de gentillesse l'infirmier me parle doucement.
Il ne me veut aucun mal, seulement me reconduire à ma chambre comme convenu.
Mais pour cela il faut que je lui fasse un peu confiance, que je retrouve un semblant de calme.

Cependant, je suis prise de tremblements irrépréssibles.
Des picotements insupportables m'ont envahie.
Tout mon corps est crispé, raidi.
Doucement, à distance il me conduit à l'ascenseur.
Mes hurlements se sont transformés en violents sanglots.

Il veut m'approcher, je hurle de nouveau.
-"N'ayez pas peur, je voulais juste vous prendre dans mes bras pour vous rassurer..."
Dans mon immense désarroi, je finis par comprendre que je n'ai devant moi qu'un gros "nounours" bouleversé qui a peur que je m'effondre .

Arrivée à ma chambre je me rhabille rapidement et prends mes affaires.
L'infirmier voudrait que je me repose quelques instants.
Je le sens inquiet pour moi.
Mais rien n'y fait.

Je descends à l'accueil et vois arriver le gynécologue.
Il s'adresse d'abord à la secrétaire en lui demandant de bien vouloir me restituer mon argent, puis il se tourne vers moi.
Avec un sourire goguenard il me tapote l'épaule, et me dit :
-"Ce n'est pas grave, ma petite dame, cela vous fera un magnifique petit troisième..."
Je suis secouée de sanglots.

Je pars, je cours plutôt que je ne marche et j'effectue les cinq kilomètres qui séparent la clinique du domicile de mes parents à pieds, tout en continuant à pleurer.
Je ne peux plus m'arrêter.

Les gens que je croise, car nous sommes dans une grande ville, sont éberlués et se retournent sur mon passage.
Deux automobilistes vont s'arrêter, me demander si j'ai besoin d'aide, me proposer de me conduire qui au commissariat de police, qui à l'hôpital.
Je ne réponds que par mono syllabe, toujours la même : "Non...non...non..."

J'arrive chez mes parents, mon père est abasourdi, ne comprend rien aux bribes de mots qu'il parvient à décrypter entre deux hoquets.
Ma mère n'est pas encore rentrée de son travail.
A son retour, tous deux savent que cela s'est mal passé, que je refuse désormais de me faire avorter.

Le soir même, j'appelais mon futur ex-mari, même si ce n'était pas dans l'immédiat.
Cela a été affreux, j'ai été accusée de vouloir pourrir son bonheur tout neuf, de faire du chantage, de mettre un boulet supplémentaire à ses chaines, seulement intéressée par la pension alimentaire que je n'allais pas manquer de lui demander...
En somme, j'étais un monstre, une furie qui vouait mes forces à le détruire.

J'en passe, l'expression dit " et des meilleures", en l'occurrence c'était un flot de méchanceté plus gratuites et humiliantes les unes que les autres.
Il n'en voulait pas, ce n'était grave .

C'était ma décision, ce jour-là, à cet instant.
Très froidement, posément je lui ai répondu que cet enfant ne porterait pas son nom, que j'étais prête à prétendre devant le juge qu'il n'en était pas le père, qu'il pouvait désormais être tranquille, libre et vivre sa vie.
Il n'entendrait donc jamais parler de cet enfant et par conséquent n'aurait pas à subir sa présence.

La maison a été vendue, le divorce demandé.
Quelques semaines plus tard, il est revenu.
Mais cette grossesse a été abominable.
Mon ex-mari n'a cessé, lorsqu'il daignait m'adresser la parole, de me rabaisser, de m'humilier.
Quand est-ce que j'allais accoucher ?
Quand serai-je moins monstrueusement grosse ?
Quand allais-je retrouver un semblant de beauté ?

Les derniers mois se sont passés ainsi.
A la naissance de notre enfant, il n'était pas là.
Il avait accepté d'aider son frère à "tuer le cochon"...

Une petite fille était initialement prévue, selon le verdict de l'échographie qui n'en était qu'à ses balbutiements.
C'est un petit garçon qui a vu le jour.
Toutes fesses dehors et en avant au risque de faire exploser le taux d'adrénaline du médecin accoucheur présent.
Cela non plus n'était pas attendu.
Pas de prénom masculin à proposer.
Et puis au bout de 10 minutes, celui d'un empereur...

Mon fils, tout de rose vêtu était dans mes bras.

Vingt années plus tard j'allais être confrontée à un autre choix .
par Circé publié dans : Loi Veil, Planning Familial, IVG. communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Mardi 12 février 2008
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Ce n'est pas que je n'ai pas d'article en réserve, mais là, je crois qu'aujourd'hui il y a un blog quasi incontournable que vous devez lire en cliquant ICI .

Le dernier article en date est réjouissant à coeur et à rires...
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Pour vous donner l'eau à la bouche ces deux photos montages extraites du blog en question.

Bonne Lecture et Bonne Rigolade à tous.
Par les temps qui courent c'est encore gratuit, profitons-en !
par Circé publié dans : Caricature, humour et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Lundi 11 février 2008

Il est des commentaires, pourtant sérieux et sur un sujet grave, qui vous font remonter à la surface des souvenirs lointains.
De ceux qui ne peuvent appartenir qu'aux femmes, en particulier à la toute jeune fille que j'étais et qui aujourd'hui encore restent très présents, pour le contexte, pour le rapport à l'adolescence, pour la dérision.

Me voilà donc revenue 40 années en arrière.

Le début de mon adolescence a commencé en mai 68 et en tant que fille, je dois avouer que cela n'a pas été toujours simple.
Le rapport au corps tout d'abord.

Qu'est-ce que c'était que tous ces changements qui s'opéraient sans mon autorisation et de quels droits ?
Et pourquoi du jour au lendemain sous prétexte que j'étais du sexe dit féminin, je devais porter des jupes ou des robes, alors que jusqu'à présent je m'habillais un peu comme je le voulais en portant les reliques vestimentaires de mes cousins et cousines ?

Alors quoi ? Des poils me poussent sous les bras, le sexe, mes seins apparaîssent, mes hanches s'élargissent et puis pour couronner le tout je me mets à saigner ?
Et ça devrait recommencer tous les mois ?
Ah non alors, non, non et non !

Et en plus les regards de la gent masculine louchent sur mes fesses, mon pull qui laisse poindre ma poitrine ?
Je refuse tout net, je refuse !
Est-ce que je regarde moi, leurs gros nez, leurs pieds disproportionnés ou si une bosse renfle la braguette de leurs pantalons ?
Berk, berk, berk....

Après avoir copieusement incendié ma mère sur le fait qu'elle m'ait faite à son image, c'est à dire "fille", je lui ai intimé l'ordre de remballer ses serviettes en tissu lavable :
-"Qu'est ce que c'est que ces inepties, est-ce que les garçons doivent porter "ça "...?"
-" Non ? Et bien moi non plus !"
-"Et en plus je ne peux pas aller à la piscine ?"
-"C'est ce qu'on va voir..."

J'avais remarqué à plusieurs reprises dans les dernières pages du premier magazine télé paru à cette époque, un petit encart publicitaire discret qui "vantait" pudiquement l'efficacité de protections internes.
Tampon n'était pas encore l'appellation de mise, trop directe.
Un tabou, gros tabou, même dans la presse.
Mais c'est cela que je voulais !

Ma mère tenta de m'en dissuader en m'expliquant que c'était impossible puisque réservé à des "femmes" autres que moi .
Sous-entendu : ne sont plus plus "jeunes filles"...
En langage clair, cru et sans décodeur : ne sont plus vierges ou pucelles, se sont fait sauter la pastille, ont vu le loup, croqué la pomme...
Bref débauche alimentaire et/ou zoologique comprise(s), de mauvaise vie !

Sans compter que cela ne se trouvait pas encore au Félix Potin du coin, ni au Spar mais seulement dans"certaines pharmacies".
Encore fallait-il oser le demander !

Si elle avait accepté de m'acheter les toutes premières serviettes hygiéniques jetables ( bien épaisses, de celles que l'on n'oserait même plus penser aujourd'hui pour le derrière des tout-petits ), à nouer dans des culottes réservées à cet effet fond plastifié en sus, ou sur un appareillage compliqué fait de lien passé autour de la taille, avec boucles pendant entre les cuisses à l'avant et dans la raie des fesses à l'arrière, il n'était pas question qu'elle m'achète "cela", on verrait plus tard...
C'était d'un confortable et d'un esthétisme on ne peut plus douteux mais :
-"En attendant ma fille, c'est ce que font les autres et il faudra bien t'y faire..."

J'avais un peu d'argent offert par ma grand-mère pour mon anniversaire.
Clin d'oeil contestable de Mère Nature, c'était ce jour-là que j'avais pris acte de l'ultime changement physiologique qui m'éloignait définitivement de l'enfance.
Et du haut de mes treize ans je suis allée m'acheter une boîte de "tampax" à la pharmacie réputée en commercialiser.

Regards sourcilleux et réprobateurs du tenant de l'officine qui me demande si c'est pour moi.
Je lui réplique avec aplomb que c'est pour ma grande soeur ( je n'en ai pas et n'en aurai jamais ).
Ce à quoi il me répond qu'elle pourrait faire ses courses elle-même :
"-Mais bon, ces jeunes d'aujourd'hui..."

-"Rien à faire de toute façon, vieux croûton, ça ne te regarde pas... " pensai-je tout bas.

Je sors de la pharmacie faussement contrite.
Victoire, j'ai mon petit paquet bien emballé au fond de mon cartable et je rentre vite fait chez moi, direction : ma chambre.

Etudes du document représentant une femme accroupie, son anatomie intime et quelques conseils dont se relaxer en introduisant ce rouleau de carton lubrifié avec poussoir contenant le remède salvateur à tous mes maux : un tampon .

Je regarde, palpe l'emballage de papier, le déchire, étudie la configuration du dit "engin" et me sens un peu désorientée.

-"Ah bon ? Tout ça peut tenir à l'intérieur de mon corps ? Et sans faire mal ?"
-"Bon, on va voir..."
D'un seul coup, j'ai un peu chaud mais il n'est pas question que j'abdique.
J'adopte la posture adéquate, positionne le cylindre magique tel un Spoutnik sur sa rampe de lancement (un peu de prospective, Appollo n'a pas encore aluni) et commence doucement l'introduction.

Curieuse sensation, c'est un peu froid.
Je bloque un peu, ai de plus en plus chaud, insiste et d'un seul coup, ça glisse.
Dernière manoeuvre, j'appuie sur le poussoir, puis enlève l'applicateur et me relève.

-"Je ne sens rien.."
Mais j'ai de bizarres et curieuses étoiles noires devant les yeux.
Loufoquerie et incongruité, ou enfer et damnation... J'ai "des vapeurs".
L'émotion ? Non, mais quelle idiote !
Je m'allonge sur mon lit, attends quelques instants, puis suis prise de panique :
-"Et si je n'arrivais plus à l'enlever ?"

Je me relève d'un bond, me baisse à toute vitesse, tire sur la petite ficelle et ressens une désagréable sensation de coton râpeux frottant conscienceusement mon intimité.
Ouf ! l'objet de ma frousse se retrouve au bout du cordon qui balance entre mes doigts.

Première peur de ma toute nouvelle vie de jeune fille.
Première rigolade en tant que telle aussi !
Dans les cinq minutes qui s'ensuivent, je suis prise d'un fou rire inextinguible au point que ma mère vient frapper à ma porte pour me demander si tout va bien .

Deuxième gros mensonge de la journée :
-"C'est le livre que je suis entrain de lire, Maman..."
-" Ah bon, et bien tant mieux..."

J'ai attendu quelques minutes et renouvelé l'opération première avec succès.


C''est ainsi que j'ai abordé , médicalement :
- mes ménorrhées, menstrues, menstruations, flux menstruel, cataménial...

banalement, insipidement :
-mes mois, histoires, cycles, règles, époques...

trivialement :
- mes affaires, anglaises, ours, pétoches, doches, ragnagnas...

et rigolotement :
- Tante Rose...

Waouh ! Tout ça pour çà !

En Septembre dernier, ma fille L. a eu ses 13 ans.
Cet été avec son argent de poche elle a acheté ses premiers tampons.
Comme quoi ...!

  

par Circé publié dans : Souvenirs et Petite Histoire communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Samedi 9 février 2008
"Yema", c'est ainsi que se dit "Maman" en Berbère .
C'est aussi ainsi que mon compagnon appelle la sienne.
Et il y a tant d'amour, de tendresse caressante dans ce mot lorsqu'il s'adresse à elle que l'on dirait le bruissement léger d'une étoffe de soie, le gazouillis naissant d'une source claire et intarissable, le frissonnement de la brise printanière dans les jeunes et odorantes fleurs de jasmin.

La mienne je l'appelle "Maman" .
Et je sais combien dans mon adolescence j'ai pu être rude, intransigeante, sans concession, vis à vis d'elle.
Je la trouvais...trop...pas assez...

Trop soumise...
Pas assez indépendante...
Tout me révoltait, rien de ce qu'elle était, ne trouvait grâces à mes yeux. 

Qu'elle ait dû demander l'autorisation de mon père pour ouvrir son compte en banque, par exemple .
Comme devaient cependant le faire toutes les femmes de cette époque, loi et règles bancaires en vigueur obligent.
Qu'elle ne travaille pas et s'ennuie à la maison en attendant notre retour de l'école, qu'elle demande son avis à mon père en tout et pour tout .

Je n'avais pas manqué de le lui "crier".
Elle m'avait ainsi mise au défi de lui trouver un emploi, puisque c'était si facile pour moi .
Et je lui avais trouvé.
Sans mérite aucun à vrai dire, durant cette fin des " Trente glorieuses " les emplois étaient encore légion et une biscuiterie proche de mon lycée embauchait quantité d'ouvrières.

En moins d'une semaine, ma mère avait repris une activité salariée.
Activité qu'elle avait auparavant abandonnée au retour de mon père, appellé du contingent en Algérie.

Elle fera partie de cette firme qui sera successivement rachetée par Belin, puis par Lu, pour être enfin fusionnée dans le groupe Danone qui un beau jour décidera que 9% de profit pour ses actionnaires, ce n'était décidément pas assez rentable .
Alors, tout simplement et malproprement elle sera renvoyée à ses fourneaux à quelques années de la retraite. 

Mais revenons à cette année 1970 où elle va me donner ma première grande leçon de Femme .
Elle avait donc repris une vie "active" et s'était fait un cercle grandissant d'amies.
Pourtant, au bout de quelque temps, je ne me suis pas aperçue qu'elle était mal à l'aise, triste, préoccupée.
Et je n'ai pas senti l'inquiétude de mon père, non plus.

J'étais dans ma quinzième année. 
L'âge de l'inconscience et l'égoïsme adolescents, la certitude qu'en dehors de soi rien n'existe .
Rien n'était avant vous et rien ne sera plus pareil après vous .
Et pourtant...

Un matin, juste avant de partir pour le lycée, ma mère m'a annoncé qu'elle devait s'absenter 48 heures.
Quelles raisons m'a-t-elle données, je ne m'en souviens pas .
A peine étonnée que j'étais, puérilement heureuse d'avoir la maison pour moi toute "seule", même si je devais la partager avec mes trois frères.

Que mon père soit inhabituellement présent plus de deux jours n'avait pas éveillé en moi plus d'intérêt ou de curiosité .
Et c'est à son retour que ma mère m'a révélé son lourd secret.
La force du témoignage d'une femme auprès d'une jeune femme en devenir.

Nous étions donc quatre enfants. 
Et ma mère venait bien de retrouver un emploi après nous avoir tous élevés.
Mon plus jeune frère avait 8 ans.

Et elle était de nouveau enceinte .
Jusqu'à cette année 1970, pas de vacances, sinon chez mes grands-parents, pas de voiture non plus, bien trop chère pour cette époque où le crédit à la consommation n'était pas de mise puisqu'il n'éxistait pas.

Et puis et surtout, la maison à tenir, les enfants à "élever", éduquer, les couches à laver, les fesses à essuyer, les nez à moucher, les petits bobos et maladies infantiles à soigner, pas de temps pour soi, pas de relations sociales en dehors de la famille.
Et elle ne voulait pas en revenir à cela.

Mon père non plus et ils ont été deux à prendre cette décision .
Un couple à dire : Non.
Conciliabules en duo, puis discussions et renseignements pris auprès des copines .
Adresses en Suisse, en Angleterre, en Hollande et puis et surtout, détail non négligeable, le coût de l'intervention.

La somme requise en Angleterre était moins élevée que celle demandée en Suisse, somme à laquelle il fallait rajouter le prix du voyage.
De plus, la clinique était "sûre".
C'est donc vers cette destination qu'ils se sont tous deux tournés.
Et solidarité oblige, les amies de ma mère ont également apporté leurs contributions financières .

Une petite part de ce précieux sésame qu'elle leur rembourserait plus tard.
Elle n'était, ne serait, ni la première ni la dernière à devoir faire ce "voyage" .
Et chacune si elle ne l'avait pas déjà vécu savait qu'elle pouvait y être un jour ou l'autre confronté.

C'étaient donc des charters entiers de femmes qui arrivaient à Londres pour la même raison : mettre un terme à une grossesse non désirée.
Les chauffeurs de taxi étaient les plus grands rabatteurs attitrés des cliniques ou hôpitaux locaux.

Ils proposaient souvent avec insistance leurs services en suggérant d'autres lieux que ceux indiqués sur les adresses .
Ils percevaient en effet une commission pour chaque femme ramenée.
Et comme chacun le sait, le malheur des uns fait le bonheur des autres et il n'y a pas de petits profits !

La plupart des femmes qui avaient voyagé en compagnie de ma mère était plus "aisée" financièrement que ne l'étaient mes parents.
Mais mon père avait refusé que sa femme, ma mère, se rende à des "adresses" en France, certes moins "coûteuses", mais n'offrant aucune sécurité ou garantie sanitaire.

La santé de ma mère, sa vie en dépendaient et pas un instant mon père n'a accepté de lui faire courir plus de risques qu'il ne le fallait.
Et donc Londres, une clinique, un couloir, une salle, un français approximatif, une anesthésie et un réveil rapide et moins de deux heures plus tard l'air de la capitale anglo-saxonne.

Elles étaient trois à errer, à essayer de penser à autre chose.
Trois qui avaient uni le temps d'une après-midi et une soirée trois routes différentes, mais une même expérience difficile, une même confrontation à leur destin de femmes.

Et puis de nouveau Paris, la région parisienne, la maison, les enfants, la vie, estompée l'espace de 48 heures, mon père.
Tous deux s'aimaient et s'aiment toujours .
C'était leur choix .

Ma première grande claque magistrale, bien que figurée.
Une simplicité dans la confidence qui m'a fait grandir d'un seul coup.
Je ne me reconnaissais pas jusqu'alors dans cette mère .
Mais son corps et son coeur de femme étaient pareils aux miens.
Je l'apprenais dans la vérité cruelle de son sexe, du mien.
Et être Femme, c'était aussi cela.

De grandes douleurs, des droits à conquérir, des combats à mener.
Obliger des médecins à vous prescrire la pilule qu'ils vous refusaient à coup de mensonges, pour des raisons éthiques et non médicales, les contraindre à ne pas demander l'avis du compagnon ou mari, des parents, pour ne pas en arriver là.
Et si le drame arrive, que ceux qui "délivraient" dans le secret et l'illégalité le fassent en toute légitimité dans un cadre médical sécurisé.

Nous étions en 1970 . 

Devrons-nous en revenir au règne des "Tartuffes" et autres chantres enténébrés (qui en l'occurence n'ont aucun droit sur le corps des femmes), devoir aller à l'étranger, être tributaire de surcroît de contingences financières et rajouter du malheur au malheur si la loi Veil devait être remise en cause ?

 
A Maman .
A son, ses courages de Femme qui m'ont construite.
Je l'appelle toujours ainsi, mais dans mon coeur chante "Yema".

Je joins ici le communiqué de presse du Planning Familial :

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Cour de cassation : déclaration à l’état civil : se trompe-t-on de sujet ?

 

La Première chambre civile de la Cour de cassation a affirmé le 6/02/2008 que tout fœtus peut être déclaré à l’état civil quel que soit son niveau de développement.

Pour cela elle s’appuie sur l’article 79-1 alinéa 2 du Code Civil.

Cet article fait référence à la déclaration à l’état civil d’un enfant mort né.

 

La limite de viabilité médicalement définie par l’OMS (aujourd’hui 22 semaines d’aménorrhée et/ou un poids supérieur ou égal à 500g) donne au fœtus le statut d’un enfant déclarable à l’état civil comme une personne.

 

La Cour Européenne des droits de l’homme a jugé en juillet 2004 qu’un fœtus n’avait pas le statut juridique d’une personne. Elle a confirmé cet avis lorsqu’elle s’est prononcée sur la protection de l’enfant non né en considérant que « c’est la potentialité de cet être et sa capacité à devenir une personne qui doivent être protégés au nom de la dignité humaine, sans pour autant en faire une personne qui aurait un droit à la vie au sens de l’article 2 » de la Convention.

 

Si la douleur des femmes ou des couples vivant des fausses couches tardives doit être entendue et leur travail de deuil accompagné, pour autant, cela ne doit pas ouvrir la brèche aux dérives potentielles remettant en cause le droit à l’avortement pour l’ensemble des femmes.

 

Nous assistons depuis des années, et particulièrement ces dernières semaines, à l’offensive des groupes anti-avortement, des militants pour la sacralisation de la vie, des intégrismes religieux. La remise en cause de la pratique de l’IVG en Espagne, de la légalisation en Lituanie et en Italie, la demande de Guliano Ferrrara d’un moratoire sur l’avortement dans le monde entier appuyé par le Vatican, et cet arrêt français de la Cour de cassation confirment nos inquiétudes sur le renforcement du front contre le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps.

 

La réponse à ces attaques doit être menée par toutes celles et tous ceux pour qui le droit des femmes à disposer de leur corps est incontournable dans une société égalitaire, démocratique, laïque.

 

Le MFPF appelle partenaires, associations, élu-es à interpeller le législateur pour faire respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme sur le statut du fœtus et à initier toutes les actions et déclarations pour la promotion du droit des femmes à la maîtrise de leur procréation.

 

Paris, le 8 février 2008

Mouvement Français pour le Planning Familial

 

Contact : Maïté Albagly : mfpf@planning- familial. org                       


par Circé publié dans : Loi Veil, Planning Familial, IVG. communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Jeudi 7 février 2008

                                                 Samedi 9 février 2008, 

          Cérémonie de Parrainage de la famille Tussevo à St Jean de Braye
 .

mappamondo-20mini.jpgAprès avoir fui leur pays d’origine, l’Angola, M et Mme Tussevo sont arrivés en France en 2000. Leurs trois enfants sont scolarisés dans les écoles primaires de Saint Jean de Braye. 

Après plusieurs demandes de régularisation infructueuses, la famille obtient l’annulation en 2004 d’un arrêté de reconduite à la frontière.

En 2006 sa demande de régularisation en application de la circulaire Sarkozy est rejetée. Le recours hiérarchique de la famille est resté sans réponse.

En 2007 la famille est arrêtée et mise en rétention au centre de rétention d’Oissel près de Rouen. Libérée pour vice de forme, elle est à nouveau sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. (OQTF)

Cette obligation fait aujourd’hui l’objet d’un recours devant le tribunal administratif d’Orléans.

Afin d’organiser le soutien et obtenir la régularisation de la famille Tussevo logée à l’hôtel Abresid’ de St Jean de Braye, le comité de soutien aux familles de l’hôtel organise une :

Cérémonie de parrainage, le samedi 9 février à 16h30, 
           sous la halle de la place de la communeparrainages.gif 
                       à Saint Jean de Braye .
 

Ce parrainage sera réalisé conjointement par David Thiberge, Conseiller Général, qui conduit la liste :
       « Donnons du cœur à Saint Jean de Braye » 

et Jack Foucher qui représente la liste :
   « Alternative Citoyenne Abraysienne » aux prochaines élections municipales.

 

 

 

par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Jeudi 7 février 2008

Comme "Nouvelles" tout à fait électoralistes, on ne fait pas mieux.
Je crois que comme première action réelle et forte au lendemain de son accession à la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy aurait pu prendre celle-ci.
Sans doute de bon augure quant à son "credo" de campagne : "Je serai le Président du Pouvoir d'achat" .

Mais voilà, " A Tout Seigneur, Tout Honneur "...

Première grande décision présidentielle : Un cadeau de 15 milliards aux plus riches d'entre les riches qu'il fréquente assidûment.
Il se commet complaisamment en leur compagnie au Fouquet's, sur un yacht astucieusement prêté, empruntant même "une modeste demeure de campagne" pour être au plus près de son grand ami G.Bush.
Et je ne parle pas du jet privé de l'ami intime...

Seconde mesure présidentielle : une substantielle et même quasi impériale augmentation de 172 % + triplement des frais de fonctionnement de l'Elysée qui passent de 36 à 100 millions d'euros annuels + annexion "de facto" de La Lanterne à l'Elysée.
Et je ne parle pas des voyages en Egypte, en Jordanie, à Vérone...

Petit bémol cependant lors de la conférence de presse de début d'année .
Malencontreusement un journaliste lui a rappellé cette promesse de campagne .
Ce à quoi il lui a été répondu de façon lapidaire, cinglante et méprisante : 
" Les Caisses sont vides, où voulez-vous que je trouve de l'argent ? "

Bien ...
Voilà qui était clair.
Cependant, il semblerait que les élections municipales et cantonales approchant, et que "Sa Majesté" ayant perdu de sa superbe, il faille redonner un peu de lustre à l'audience défaillante et vertigineusement abyssale des inepties présidentielles.

Aux taxis, on promet la non-application des mesures Attali à leur encontre.
Aux petits vieux, une prîme de 200 euros et une augmentation de 5 % par an de leur pension pendant cinq ans pour arriver, tenez-vous bien, à 817 euros en fin de quinquennat.

Peu importe d'ailleurs qu'en décembre, on ait voulu leur sucrer l'exonération de la redevance TV .
Pour ensuite leur redonner, mais attention le temps des élections seulement !
A la fin de cette année, économisez vos deniers sou à sou, Sa Majesté Rapetou, (surnom emprunté à Kamizole) passera par là, mais Chut...Il ne faut pas en parler, trop mauvais effet...(de bulletin ?)

Oyez, oyez donc... Braves Gens, Son Altesse se préoccupe le temps d'un scrutin de votre miséreuse escarcelle, que Chacun l'acclame et le Fête comme il se doit !

Trêve de Plaisanterie, Placide résume en un dessin, ses desseins...( Et ça rime !)

placide_big-copie-1.jpg
 

par Circé publié dans : Lycéens, syndicats, partis de gauche communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Mardi 5 février 2008
Hier se tenait à Versailles un congrès extraordinaire pour modifier notre constitution.
Ceci afin de valider, légitimer, légaliser le Traité de Lisbonne ratifié par Nicolas Sarkozy en décembre dernier.

Pour ma part, et je le dis tout net, cela a été une grande trahison du vote référendaire.
Et de l'expression majoritaire au suffrage universel des citoyens français qui en 2005 avec 55 % des voix avaient dit NON au Traité Européen, tel qu'il était présenté.

Le Traité de Lisbonne n'est qu'une copie à peine épurée du premier texte.
Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il sera possible de modifier, amender quoique ce soit dans ce texte .
Pourquoi ne pas avoir en ce cas fait le nécessaire avant que de l'accepter en l'état ?

Une abstention est un grand manque de courage.
Il y avait là matière à redonner leurs voix aux citoyens, et rappeller à celui qui avait clamé qu'il était le "Président de tous les Français", que ceux-ci s'étaient déjà exprimés !

Pour le moins, un nouveau référendum aurait été un grand signe de Démocratie, quelqu'en soit le résultat .

Ainsi donc ce que disait Bertold Brecht trouve ici un grand écho :

" Quand le peuple vote mal, il faut changer le peuple " ou

"Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple ".

Quelques photos faites hier .
Des élus, des personnalités qui ne se sont pas trahis et de simples citoyens, anonymes .

Pous---Versailles-018.jpgPous---Versailles-019.jpg

 

Pous---Versailles-021.jpg















Dans la foule des anonymes, deux photos prises à des moments différents :

Ce vieux monsieur, qui marchait péniblement avec une canne et à qui je demandais de faire attention à une nouvelle possible bousculade. 
Peu de temps auparavant, une grenade lacrymogène lancée par les CRS jugeant sans doute la foule trop insistante pour demander passage, avait crée un brusque repli vers l’arrière.
Pous---Versailles-036.jpg

Avec un sourire, il m'a répondu qu’il allait avoir 81 ans le 11 février prochain et qu’il pouvait donc bien mourir, tout en me posant cette question :

"- Mais c’est bien un Déni de démocratie n’est-ce pas ce qui se passe à cet instant dans le chateau devant nous ?
- Oui, vous avez raison .
- Alors ce n’est pas à mon âge que je vais me taire " 
Et il m'a dépassé, chancelant tout en criant : " Nous voulons un référendum..."

                  Pous---Versailles-060.jpg                                            

Et puis celle-ci prise en toute fin de manifestation .

Un homme arrivait, brandissant un drapeau français en berne .
Comme je lui indiquais que le rassemblement était pratiquement terminé, il m'a répondu :

-" Voyez-vous, je ne participe que rarement à une manifestation.

Je ne suis pas un gauchiste et encore moins un membre d'extrême droite.

Je ne voulais pas venir, et puis décidément non, je ne pouvais pas me taire, alors me voilà . On m’a confisqué ma voix, je suis en deuil de la Démocratie dans mon propre pays . Pous---Versailles-034.jpg

Et pour terminer, celle-ci lourde de symbolique :

Un amoncellement de nuages sombres au dessus du chateau de Versailles .

Avertissement ou rappel historique du lieu ?

Toujours est-il qu'hier, alors qu'à cet endroit est née la République il y a plus de 200 ans, les citoyens que nous sommes ont été censurés et baillonnés !

par Circé publié dans : Référendum, Traité Européen, Politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Samedi 2 février 2008
Parfois, on manque de mots.
Cet après-midi, samedi 02 février à 15h va avoir lieu à Orléans, une manifestation pour la défense des droits des Sans-Papiers.
Le rassemblement est prévu sur le parvis de la cathédrale.

Pour Fata et Safet, pour ses parents, pour tous les autres...
Camila et Amilton qui ont été régularisés...
Pour Mourad expulsé...
Pour tous ceux qui vivent dans la peur de lendemain.

                                       VENEZ NOMBREUX !,
                    peut-être un jour serez-vous, vous aussi un sans papier .

Et n'oubliez pas de signer la pétition en ligne pour Fata et Safet.



                 
Tryo et Idir au Francofolies de La Rochelle
par Circé publié dans : Droits de l'Homme, Sans-Papier et politique communauté : blogsLOIRETcitoyens
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Vendredi 1 février 2008

Avez-vous déjà pensé à ce que pourrait être votre vie, si du jour au lendemain vous vous retrouviez à votre tour, dans la situation de ceux que l'on nomme communément "Sans-Papier" ?

Bien sûr, ce qui vous vient immédiatement à l'esprit c'est :
Il n'y a aucune raison, mon pays n'est pas en guerre, n'est pas classé dans les pays les plus pauvres de la terre, n'est pas dirigé par un tyran, est encore un pays démocratique.

Bien, imaginons donc une situation plus vraisemblable, un changement climatique soudain (là, je crois que je vais un peu vite) ou bien tout simplement une catastrophe nucléaire en chaîne, ce qui pourrait faire une éventualité tout à fait acceptable.
Le fleuve Loire n'est pas avare de sites nucléaires et Orléans se retrouve bien coincée entre deux centrales.
 


Admettons donc qu'un événement "x", (attentat, erreur humaine, tremblement de terre) produise une catastrophe telle que la population qui n'est pas immédiatement anéantie soit obligée de fuir...
Non pas la région, mais le pays, voire une partie de cette Europe que l'on voudrait tant fermer aux migrations aléatoires, et n'ouvrir qu'à "ceux" qui nous seraient utiles.

Drôle d'image qui me vient à l'instant à l'esprit.
Celle d'une boîte de nuit où au faciès, parce que vous êtes trop sombre ou bistre, crépu ou frisé, on détermine si vous êtes acceptable ou non.
Ici ce serait un métier, et encore .
Selon l'endroit d'où vous êtes originaire, un emploi vous sera ou non ouvert.

Mais revenons à cet exode massif, cette fuite en avant pour votre vie, celle de votre famille.
En premier lieu vous n'avez pas la possibilité de prendre quoique ce soit.
Aucun bien, ni vêtement.
Si vous avez la chance d'avoir vos papiers et un peu d'argent vous êtes privilégiés, car la vie du pays est totalement désorganisée et plus rien ne fonctionne.

Course, fuite hasardeuse au long des chemins encore praticables pour franchir une frontière, pas assez loin.
Une autre, puis encore une. 
Epuisé, affamé, apeuré, sans nouvelle de votre famille, ne parlant pas la langue du pays dans lequel vous échouez.
L'afflux sans fin de population de plus en plus nombreuse a effrayé la population locale.
 
Les frontières ont été fermées et vous êtes assignés dans un camp avant qu'une décision de justice ne décide de votre sort.
Vous n'avez pas la couleur locale, vous ne parlez pas le même langage et vous faites peur...

Etes-vous contaminé, allez vous rendre malade ceux que vous cotoyez, est-ce que vous n'êtes pas en train de prendre leur nourriture, est-ce que l'état ne dépense pas trop d'argent pour vous alors que vous n'êtes pas citoyen, que rien ne vous donne droit à vivre là, sinon celui de fuir un pays où les conditions de vie sont bien justement devenues impossibles .

Ceux qui ont réussi à passer au travers des mailles du filet de la rétention, tentent de se terrer, de se fondre si possible dans la population locale.
Et ce n'est pas facile. 

Certains vous accueillent mais vous n'osez pas leur parler de votre vie passée, ni du périple et des péripéties qui vous ont conduit là.
Vous avez appris à vous méfier.
D'autres  vous regardent de travers, vous méprisent, ne comprennent pas :
Leur pays doit-il accueillir toute la misère du monde ?

"Et nous alors ?
C'est notre pays, nous y travaillons, payons nos impôts, contribuons à notre société .
Alors que ces autres ? Ils nous ruinent, profitent de ce que nous avons sans vouloir travailler, nous volent car ce sont des délinquants, des trafiquants en tout genre qui pourrissent notre société à force de mélange...
En 2025, nous serons tous des sangs-mêlés, c'est intolérable, qu'ils retournent chez eux !
Qu'est-ce qu'on y peut à leurs problèmes ? Chacun sa M.... !"

Alors, au sein de leur gouvernement, certains arrivistes vont organiser la délation, naviguant allègrement sur la xénophobie inhérente à l'inculture, à l'individualisme forcené érigé en réussite enviée et admirable.

Cependant, une frontière est-elle définie ?
Est-ce que de tout temps les migrations ne se sont pas faites pour des raisons "économiques ou sociales" ?
Est-ce que la famine n'a pas poussé nos ancêtres vers des terres plus accueillantes ?
Est-ce que les guerres de clan n'ont pas provoqué de grands déplacements ?
Est-ce que les catastrophes "naturelles" n'ont pas obligé des populations entières à abandonner leur territoire de prédilection pour trouver des terres de refuge, d'asile ?

Les frontières, ce sont dans nos têtes et nos coeurs que nous les avons érigées.
Qu'au niveau de la Finance de Haute Voltige, elles n'existent plus depuis longtemps est un fait et un grand paradoxe aussi.
Des bouts de papier, des matériaux en tout genre ont plus de valeurs que des vies.

Pourtant, est-ce qu'une mère africaine aime moins son enfant qu'une mère européenne ?
Est-ce que fuir son pays en guerre ou dans une misère tragique est un crime ?
Est-ce que vouloir faire grandir ses enfants dans le calme et la paix est un délit.
Est-ce que vouloir vivre debout et libre est un forfait ?

Et enfin, est-ce qu'un morceau de papier au fond de votre poche vous rend plus honorable que celui qui ne l'a pas ?

Aujourd'hui un papa est en centre de rétention administrative parce qu'il a fui son pays.
Il est séparé de sa femme qui attend un bébé et de ses deux premiers enfants qui sont eux, privés de leurs camarades de classe, d'école.
Et pour quel crime ?
Ils ne sont pas nés du bon côté de la frontière bien qu'aspirant tous à une vie meilleure . 
arton1453-80fd5.jpg
Mais, ne sommes-nous pas tous des sans-papiers en puissance ?
"Nul ne sait de ce que demain sera fait." nous dit l'adage maintes et maintes fois vérifié.
Pour ma part, je n'ai que peu de culture religieuse, cependant il est une phrase qui résonne toujours en moi : " Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fît "

Aussi, pour Safet et Fata, pour qu'ils grandissent ici, auprès de leurs copains.
Pour leur Maman et leur Papa, ne les laissons pas subir une situation indigne .

Signez et faites signer la pétition en leur faveur en cliquant ICI

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