Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 Apr

Tentative de viol dans un parking à Orléans, et après ?

Publié par Circé  - Catégories :  #Violences faites aux femmes, #sexisme, #machisme, #Société

600 caractères pour réagir, non pas à l'article suivant de la Rep du centre, mais bien aux réactions qu'il suscite.

 

600 caractères, c'est bien trop court pour moi. Aussi c'est ici que je la publie :

 

Les agressions des femmes, de tous âges, à toutes heures (et oui pas que la nuit) et dans maints quartiers d'Orléans, comme dans d'autres villes, Orléans n'a pas cet apanage, n'est pas du fait que des immigrés, et demandeurs d'asile. C'est un état d'esprit généralisé où bon nombre d'hommes considèrent les femmes comme du gibier disponible à merci.

 

Et pas question pour elles de dire non, ou de répondre.

 

En novembre dernier nous avions organisé (le Collectif Orléanais des Droits des Femmes) une Marche de Nuit pour l'Egalité et contre le harcèlement de rue.

 

Alors que nous scandions " Se mettre en jupe, ce n'est pas faire la culbute", des hommes encore attablés à une terrasse d'un café à proximité duquel nous passions, nous ont répondu " ah si, un peu quand même ", et ils n'étaient ni noirs, ni basanés, et à la terrasse d'un café dit "classe" d'Orléans...

 

Un peu plus loin alors que j'étais interviewée par B. Du Fay de France 3 et que je portais une pancarte " Une Cougar, moi ? Et ta mère ?", un passant a cru malin de dire " Tiens je ne me suis jamais fait de cougar, il va falloir que j'essaie...", et ce ne sont là que quelques anecdotes pour ce soir là...

 

Sinon vous avez aussi alors que vous discutez avec votre fille place du martroi, un groupe de jeunes gens qui vous croise et dont l'un des membres s'écrie en pointant du doigt ma fille : " Toi, demain, ici et sans ta mère, j'te baise !" sous l'oeil rigolard de flics qui étaient en voiture, alors que je venais de lui répondre : " Toi, demain, ici et sans tes copains, j'te les coupe ! ", mais sans plus de réaction de ces messieurs.

 

C'est tous les jours, à tous moments, à tous endroits. Une femme ne peut s'arrêter sur un banc sans être dérangée, elle ne peut pas attendre quelqu'un sans être interpellée... Il lui faut aller d'un point à un autre et surtout, surtout, ne pas "baguenauder" dans la rue, flâner tranquillement.

 

C'est un grave problème de société, où les femmes sont "chosifiées" "pornifiées" dans nombre de magazine, publicités et autres, où l'on fait croire aux garçons qu'ils ont tous les droits sur elles.

 

Alors que je dénonçais l'organisation du concours Miss France, tant pour ce que cela véhicule de l'image des femmes, que pour son coût, nous apprenons que les candidates lorraines ont été victimes de harcèlement sexuel...Difficile d'avoir raison, difficile de ne pas être entendue, ou si peu.

 

Il va falloir vraiment avoir des débats à ce sujet, des débats de fond, sur la place des femmes dans notre société, sur leur droit à se déplacer dans une ville à n'importe quelle heure du jour et de la nuit sans que soit accolé dans l’inconscient ou le conscient de nombre d'hommes, jeunes et moins jeunes, que les femmes ne sont que des objets consommables et jetables comme de simples mouchoirs en papier.

 

Un audit vient de révéler que 100% des femmes se sont faites agressées, à des degrés variables, mais tout de même, dans les transports communs.

 

Alors, on fait quoi ? On se focalise sur la nationalité de l'agresseur, ou sur le fait que dans notre société, c'est encore et toujours la domination patriarcale et qu'il y a une grande régression quant à la liberté des femmes de circuler, où elles veulent, quand elles veulent, sans être interpellées, insultées, agressées verbalement, physiquement ...

 

Mais il y a tout à interroger, même la sphère familiale, alors ? A quand un vrai débat ? A quand de véritables changements de mentalité et de société ? Etes vous prêt-e-s à en débattre sérieusement, démocratiquement, comme des citoyen-ne-s engagé-e-s, prêt-e-s à améliorer la vie et les conditions de vie des membres, tous les membres, de la cité où vous vivez ?

 

N'ayons peur de rien et posément faisons un état des lieux, pour enfin toutes et tous changer de comportement. Faisons "Société", ensemble, sur des règles communes à rappeler sans cesse. Chaque petite lâcheté se paie au prix fort, et quand nous avons une Sophie de Menthon éloignée du quotidien des femmes, qui prétend que c'est agréable de se faire siffler dans la rue, cela signifie, qu'elle ne sait pas, ne connait pas la suite !

 

Et aussi quand un magazine "dit féminin" et local laisse dire dans ses pages par un certain Mr Moix que les femmes rêvent que les hommes deviennent des femmes comme les autres, des traine poussettes, tire-caddies etc..., il n'y a pas besoin d'être sortie de l'ENA pour savoir ce que cet homme pense des femmes, mais aussi combien le ver est déjà dans le fruit, c'est à dire dans la cervelle de certaines femmes pour qu'elles acceptent d'être vues par ce prisme là...
A moins que pire que tout, elles pensent être au-dessus du lot et que trivialement, dans leur esprit, on ne mélange pas les torchons et les serviettes.

 

Malheureusement en cas de conflit, d'agressions, peu importe le statut de la dame, les cuisses sont écartées de force, les sphincters agressés, la bouche profanée, et je ne parle là que du viol simple, pas du viol collectif, et en passant pudiquement sur les actes de barbarie qui peuvent s'y attacher...

 

Terrible constat.

 

Alors toutes et tous prêt-e-s pour le changement réel dans les actes avec la mise en accord de ceux-ci avec les lois à respecter, et les libertés à défendre ?

Tentative de viol dans un parking à Orléans, et après ?
Commenter cet article

Gabillard Catherine 19/05/2015 10:07

Nous ne pouvons et nous ne devons plus accepter de tels comportements quel qu'en soit le degré. C'est insupportable et outrageant . Nos élus .es doivent prendre ce grave problème avec le plus grand sérieux et réagir face à toutes ces agressions insupportables dans notre société.

Archives

À propos

" Pourquoi une Femme entière ne serait-elle qu'une moitié ? "