Politique du chiffre, Notation de "Bouffon", Fraternité laminée..
Et si nous étions tous des émigrés ?
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Au mois de janvier 2008, un projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.
Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales
des personnes. L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les sans-papiers.
Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression.
En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la
généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes.
En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en
délinquants à exclure.
Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la
possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.
Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et
indésirables par la systématisation des camps et de l'éloignement forcé.
Tribune de Laurent Giovannoni - Cimade (Le Monde - 17/11/2007)
Tribune de Cédric Vallet - CIRE (L'Humanité - 24/11/2007)
L'opposition des Eglises (Le Monde - 20/11/2007)
La détention comme mode de gestion des migrations ? (Mouvements - 27/11/2007)
Une logique d'enfermement systématique (L'Humanité - 08/11/2007)
Position des Eglises européennes - Position of the European churches
Why we are against this directive : English - French - Spanish - Italian
10 réponses à 10 idées fausses sur ce projet de directive : French
Report of the Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs : English - French - Spanish - Italian
Proposal of the European Commission : English - French - Spanish - Italian
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European organizations Migreurop AEDH - Association Européenne pour la défense des Droits de l'Homme Belgium CIRE - Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers LDH - Ligue des Droits de l'Homme |
France Anafé - Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers ATMF - Association des Travailleurs Maghrébins de France Cimade - Service oecuménique d'entraide Gisti - Groupe d'information et de soutien des immigrés IPAM - Initiatives Pour un Autre Monde Germany Pro Asyl |
Italy ARCI - Associazione Ricreativa e Culturale Italiana Netherlands Kerk in Actie Spain APDHA - Asociación Pro-Derechos Humanos de Andalucía United Kingdom NCADC - National Coalition of Anti-Deportation Campaigns Statewatch |
|
Association Primo Lévi (France) Association Survie (France) Attac France Caritas international Belgique Emmaüs Europe Emmaüs France Emmaüs International Enfants du Monde - Droits de l'Homme |
Fédération de l'Entraide Protestante (France) Fédération des syndicats SUD Éducation (France) Fédération Protestante de France Fédération Syndicale Unitaire - FSU (France) Fondation de l'Armée du Salut (France) Ligue des Droits de l'Homme (France) Mouvement de la Paix (France) Pastorale des Migrants (France) Secours Catholique / Caritas France |
View signatories - Voir les signataires
Private individuals / Particuliers | Organizations / Organisations | Political representatives / Représentants politiques
Fichier ELOI
Malgré quelques reculs, l’administration de l’expulsion s’industrialise.
Le fichier ELOI vient d’être officialisé par un décret du 26 décembre 2007, après que sa création par arrêté du 30 juillet 2006 avait été annulée par le Conseil d’État à la suite d’un
recours formé par les associations signataires.
Alors que l’annulation était uniquement motivée par des questions de procédure, la nouvelle version du fichier ELOI comprend quelques avancées. Les associations obtiennent ainsi gain de
cause en faisant reculer le gouvernement sur certains points.
Ainsi, les visiteurs en centres de rétention ne sont plus fichés.
De plus, l’identité des hébergeants des étrangers assignés à résidence n’est plus
conservée que pendant trois mois au lieu de trois ans : le progrès est important, bien que cette conservation demeure injustifiée après la fin de l’assignation à résidence.
Mais concernant les étrangers eux-mêmes, le fichier ELOI demeure tout aussi inacceptable. La réduction à trois mois de la durée de conservation de certaines
données n’est qu’un leurre, tant les données concernées sont limitées.
Plus grave, les enfants de ces étrangers demeurent fichés, pendant trois ans.
Non seulement ces données sont non pertinentes pour la mise en oeuvre de la procédure d’éloignement de l’un de leur parent, mais de plus cela aboutit à ficher des enfants qui ne peuvent pas
faire l’objet de mesures d’éloignement forcé.
Ils sont ainsi désignés à l’attention de l’administration et de la police, ce qui peut compromettre leurs chances d’obtenir ultérieurement un titre de séjour, sans compter les liens
possibles avec d’autres fichiers de type base-élève.
De plus, le fichier ELOI comprend toujours des données sur la «nécessité d’une surveillance particulière au regard de l’ordre public», qui témoigne d’une association, consciente ou non,
entre immigration et délinquance dans l’esprit des gouvernants.
Le décret comprend par ailleurs des nouveautés inquiétantes.
D’abord, il ajoute une nouvelle finalité au fichier ELOI, celle de l’établissement de statistiques relatives aux mesures d’éloignement et à leur exécution.
Ces statistiques ne sont nullement encadrées dans le décret, ce qui autorise des requêtes à partir d’éléments directement ou indirectement nominatifs, comme le note d’ailleurs la CNIL dans
son avis du 24 mai 2007 sur le projet de décret.
De plus, l’affichage d’une telle finalité n’est en rien anodine dans le contexte actuel où il s’agit surtout d’atteindre des objectifs chiffrés.
Ensuite, les données relatives à l’étranger sont complétées par une quantité
impressionnante de données administratives et judiciaires, relatives à la procédure d’éloignement, aux procédures juridictionnelles éventuellement mises en oeuvre dans ce cadre, à la
détention de l’étranger, lorsqu’il est éloigné alors qu’il est en prison.
La plupart de ces données seront conservées pendant trois ans, d’autres pendant trois mois.
L’objection qu’il n’y aura pas d’interconnexion avec d’autres fichiers ne tient pas.
Un décret est facilement modifiable, et l’histoire de ces dernières années a montré combien sont systématiques les extensions de finalités.
De plus, la durée de conservation de la plupart des données pendant trois ans est
édifiante à cet égard.
En outre, on sait bien que ces données serviront tôt ou tard à des échanges au niveau européen dans le cadre de l’espace Schengen.
Enfin, l’adjonction du numéro AGDREF (qui est aux étrangers en France ce que le NIR est
aux ressortissants français : un numéro national d’identification, unique et immuable, bien que non signifiant) à la liste des données relatives à l’étranger dans le fichier ELOI vient
confirmer la signification réelle de ce fichier :
l’administration de l’expulsion des étrangers s’organise et se rationalise de manière de plus en plus précise.
En un mot, elle s’industrialise.
Le 3 janvier 2008
Organisations signataires :
- Cimade,
- Gisti,
- Iris (Imaginons un réseau Internet solidaire),
- Ligue des droits de l’homme.
Communiqué RESF.
C'est lapidaire et froid.
C'est la dérive "administrative" des textes pour atteindre un seul but, le sacro-saint chiffre.
A ce propos, un cabinet privé sera chargé de noter nos ministres sur leurs performances.
Brice Hortefeux le sera sur la tenue des "objectifs" fixés par NS, en matière d'expulsions : 26000 pour cette année.
Derrière le quota, les chiffres, il y a la Vie, l'Humain.
Combien de familles, d'enfants vont faire les frais de cette politique du chiffre et être réduits à un nombre statistique sur une liste pré-établie ?